‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 30 sur 165 · IV. LA TERREUR DANS ROME AU TEMPS D'ATTILA · texte numérisé non relu

IV. LA TERREUR DANS ROME AU TEMPS D'ATTILA

pape Léon I, mettant sa confiance dans le secours de Dieu, se chai^ea de la difficile mission. Il emmenait avec lui le consulaire Gennadius Avienus, l'ex-prëfet du prétoire Trigetius et d'autres encore. Ils possédaient sans doute de pleins pouvoirs pour les négociations ; car on ne pouvait compter sur l'efficacité de simples supplications. Léon I fut le chef et l'orateur de la délégation ; fonftion pour laquelle sa grande personnalité eût suffi pour le désigner; il avait été éprouvé dans les affaires les plus difficiles. D'ailleurs la situation d'évêque de Rome donnait à celui qui en exerçait les fondions une haute importance politique. Lorsque l'empereur Marcien, qui succéda sur le trône d'Occident à Théodose II, avait invité le pape Léon à venir en Orient pour présider le concile général tenu contre les monophysites, Léon s'était défendu d'abandonner la ville de Rome qui, suivant ses expressions, mettait déjà en lui toute sa confiance dans le danger imminent de guerre dont la menaçait la marche d'Attila sur les Gaules '. Aujourd'hui il quittait Rome pour aller en personne à la rencontre d'Attila.

L'ambassade rencontra le Hun, qui était la terreur du monde, dans son camp, non loin de Mantoue, au confluent du Mincio et du Pô. Il arriva, dît Prosper, " ce qu'avait attendu Léon dans sa confiance au ciel qui n'abandonne jamais les hommes pieux au milieu de leurs entreprises ". Les paroles du pape disposèrent favorablement le terrible ennemi. Il se réjouit publiquement de ce que le plus haut représentant du sacerdoce était venu à lui. Prêtant l'oreille aux propositions de l'ambassade, il ordonna de faire cesser les hostilités et promit d'entrer en paix avec l'empire: Il retira ses troupes jusqu'au delà du Danube. Un passage du Thrace Priscus, cité par Jordanîs ', établît formellement que l'expédition contre P.ome fut aussi contrariée par une crainte sourde dans l'entourée d'Attila; la fin soudaine d'Alaric faisait redouter à plusieurs pour Attila un châtiment du Très-Haut, s'il osait s'attaquer à la ville vénérable. D'après Idace, les Huns auraient été déjà punis de Dieu en Italie par la famine, la maladie et des calamités célestes 3,

Léon le Grand aurait-il fait valoir de semblables considérations aux yeux du prince barbare, ce qui est possible, et aurait-il commandé au prince eflVayé, avec hauteur et dignité, d'épai^ner les murs sacrés de Kome, en lui faisant redouter la puissance des princes des apôtres qui reposaient dans l'enceinte de de la ville, cela eût été également conforme à son caractère patriotique et chrétien, autant qu'approprié aux circonstances et à la nécessité du moment. En tout cas, il put, avec le joyeux message d'un brillant succès, revenir chez ses Romains.

Il s'agit ensuite de consolider la paix promise i.

'DeinaadederEmpereur:É)[i'ciiifTaTà(i,ipi) 1 ments pour établir qu'Attila dut lui-même

TripaY£VErtaixalTiivoûvoaovèTr'.TsX^9ai,dansIes 1 coDsidérer son entreprise comme douteuse et

lettres de Léon, éd. Ballerinï, Ep. yb, p. 1026; la continuation de la guerre comme témé-

Miyne, P. L., t. LIV, col. 904. La réponse de faire. Mais son éditeur Dahn observe avec

Léon se trouve dans les lettres 83 et suiv. raison en note que ce sont "de pures hypo-

"Getica, c. 42, éd. Mommsen, p. 114. thèses sans fondement".

^ Chrotticon, éd. Mommsen {Mon. Germ. ' Kenia.rquez ces paroles de Prosper : lia

hist., Au£î. antiquiss., L XI), p. î6 : Huni... suinmi sacerdotis praeseniia rex gavisus est

liivinitus partim faine partim morbo quo- j ut et bello aislin£ri prcuciperet et ultra Da-

dam piagis caelestiiHS /eriu$ttur.Vi\eXtnh&\ta 1 nuèiunt promissa pace discedercl. Il y avait

(t. 1 1, p. 264 et suiv.) accumule les raisonne- { donc encore une paix formelle à conclure.

78 LIVRE I. CH. m. HUMILIATION DE ROME ET CHUTE DE L'EMPIRE. [N" 65.

Deux autres personnalités nommées dans le recueil des lettres de Cassiodore paraissent avoir eu la part principale aux négociations : le père de Cassiodore lui-même et le fils d'Aétius, Carpilio. Le détail des événements est embrouillé dans nos sources. Idace parle d'hostilités entreprises par l'empereur d'Occident Marcien contre les troupes d'Attila avant et après la retraite effeflîve de celui-ci. Mais de telles affirmations semblent contraires à celles de Priscus et de Jordanis '.

Ce qui est certain, c'est que, dès l'année 453, quand à peine la retraite était effeéluée, le monde apprit avec une surprise mêlée de joie la fin soudaine d'Attila. Tant qu'il vivait on était en butte à sa formidable puissance et nullement assuré contre un renouvellement de ses plans à l'adresse du monde romain. Mais à présent on pouvait jouir du fruît de la vîéloire des champs catalauniques et des résultats de l'heureuse entrevue de l'évêque romain avec Attila.

Ces trois événements : la bataille, l'ambassade pacifique de Léon I et la mort de l'ennemi, concoururent à sauver la civilisation européenne menacée par les Huns. Si Attila eût subjugué l'Occident, la barbarie hunnique s'étendait sur tous les peuples. On pense avec efïroi au sort qui eût attendu le monde chrétien sous de tels vainqueurs. L'Italie et Rome surtout pouvaient faire retentir de ferventes hymnes d'aflions de grâces pour le salut obtenu.

65. Si la mort de Galla Placidia, survenue le 27 novembre 4^0, laissa le champ libre aux armements d'Attila contre l'empire d'Occident, la mort de son fils Valentinien III mûrit les plans de Gcnséric contre Rome. Valentinien mourut le 16 mars 455, assassiné à Rome, dans sa trente-cinquième année, pendant qu'il assistait aux courses de char dans la via labicana, proche du mausolée d'Hélène ".

Pétrone Maxime, auparavant deux fois consul, sut attirer à lui, par son influence et son argent, la couronne impériale. II força Eudoxie, la malheureuse veuve de Valentinien, à l'épouser en plein deuil. Mais le pouvoir de l'ambitieux n'avait aucun fondement solide. A peine apprit-il que Genséric, avec une immense flotte, et fortifié encore par l'alliance des habitants des steppes africaines, était débarqué à Porto et se disposait à marcher contre Rome, qu'il chercha dans la fuite son unique moyen de salut. Il se mêla aux milliers de fugitifs, riches ou pauvres, puissants ou misérables, qui s'échappaient de la ville; mais il fut tué et mis en pièces par ses propres serviteurs. Lorsque son cadavre précipité dans le Tibre rencontra les navires des Vandales qui remontaient le cours du fleuve, les ennemis purent se réjouir à la pensée qu'aucun obstacle ne les empêcherait plus de s'emparer de la ville abandonnée.

■ Cassiodore, Variarum 1, 4 (Mignc, P. L., principtm tt ludo gestaiionis intentitm ino-

t. LXIX, col. 510); Idace, loc. cil.; Priscus, 1 pinatisiflibusconfoderunt.—AdditamtHlaad

Fritgnunla, n. g, éd, Niebuhr {Corpus script, j ProsperumHavmeHtia,(A.^iimakW.Ti,^.Tfil-

hisi. lisant.), p. 153; Jordanis, c. 43, p. 1 15. . in campo rnartio pro tribanali in sexto irf

Cfr. Wietersheim-Dahn, l. Il, p, 265. duas tauros rtsidenlem. Au lieu dit adduas

' Prosper d'Aquitaine, Chronicon, éd. /oKfvïfa'élevait sur une villa impériale le tom-

Mommsen, p, 484 : Egrussum extra urbcm \ beau d'Hélène, aujourd'hui Torre Pignaltara.

Nos 66, 67/] LA TERREUR DANS ROME AU TEMPS DE GENSÉRIC. 79

66. Rome en effet se trouvait exposée aux Vandales sans la moindre défense. Seul son évêque Léon se souvînt de son devoir et en même temps de la puissance morale qu'il possédait. Ce qui lui avait réussi auprès d'Attila, Léon voulut le tenter aussi auprès de Genséric,

Accompagné de son clergé, il n'hésita pas à se rendre à la rencontre du roi devant la porte Portuensis. Par ses représentations, il s'efforça d'obtenir que le vainqueur épargnât du moins les derniers excès à la ville tombée comme une proie entre ses mains. Arrêter la course triomphante de l'insolent vainqueur, dans le moment où il saisissait la proie, le pape ne pouvait l'espérer. Mais il obtint par ses prières et par la solennelle gravité de son langage, la promesse que le sang ne coulerait pas, que la ville ne serait pas détruite par le feu et que l'on n'emploierait pas la torture pour contraindre les habitants à découvrir ou à donner leur argent ou leurs joyaux '.

67. Le pillage dura quinze jours et fut d'autant plus terrible que ce long espace de temps permit d'y apporter plus de méthode et de sagacité barbare ".

Tout ce que les palais, les maisons privées, les églises et les temples abandonnés contenaient de richesses, dut être livré sans résistance aux pillards. La résidence du Palatin fut dépouillée même de sa vaisselle de cuivre. Les statues de métal précieux sur les places et dans les monuments publics que les Goths, dans leur hâte, avaient laissées debout ou qui avaient été élevées depuis, tombèrent aux mains des Vandales. Le regard du roi Genséric se portait avec d'autant plus d'envie sur les œuvres d'art, qu'il songeait à fonder un État civilisé dans son empire africain; il voulait orner Carthage des chefs-d'œuvre du génie étranger. Ses guerriers, unis aux populations mauresques, transportaient le butin sur les nombreux navires qui couvraient le Tibre, et qui plus tard descendirent le fleuve jusqu'à Porto et de là gagnèrent l'Afrique par la voie de mer.

On monta jusque sur le toit du temple de Jupiter Capitolin, encore dans tout l'éclat de sa magnificence, afin d'en enlever la moitié des tuiles de bronze doré; elles devaient trouver leur emploi dans la capitale des Vandales pour les magnifiques constru6lions qui s'y élèveraient; peut-être même ornèrent-elles le palais royal que Genséric se fit ériger là-bas 3,

Un grand nombre des vases d'or ornés de pierres précieuses provenant du temple de Jérusalem étaient encore à Rome depuis l'époque de Titus, L'arc de triomphe de cet empereur rappelle encore aujourd'hui, par son célèbre bas-relief, le cort^e du vainqueur montant au Capitole avec ses riches dépouilles (fig. i6)-i.

Peut-être ces vases se trouvaient-ils dans le temple de la Paix où ils avaient été déposés auparavant. Toujours est-il qu'ils durent aller grossir le butin des Vandales 5.

' Prosper, ChrotUcon, éd. Mommsen, quo supra : ut ab igni tamtn et catde atqut suppiiciii abslineretur; cf. Viflor Tonnenensis, éA. Mommsen, p. 186.

' Secura et libéra sçrutaliont, dit Prosper; sine ferro et igné, dit la Ckronica gatlica (ibid., p. 484).

" Procope, toc. cit. I, c. 5, éd. Dindorf {Corpus icripl. hùt. bya.), p. 332.

' Photographie d'Anderson à Rome. En

outre du chandelier à sept branches, od reconnaît la table des pains de proposition et les trompettes sacrées. Cf. ci-dessous, 1. I, ch. V, ,^ 158. Le bas-relief est à, gauche quand on va du Colisée au Forum.

'Procope, loc. cit., I. II, c. 9, p. 446 sur les vases sacrés de la Judée: Tî 'louSaiuiv KEifiiiXia, i'ffEp Oùï»Tca«iavoû Tito; us-ci xiiv

Tiffiï ^vB^Kî. Cf. Théophane, Chronographia,

N^â/.] IV. LA TERREUR DANS ROME AU TEMPS DE GENSÉRIC Si

Ainsi s'en allèrent ensemble, partageant le même sort humiliant, ces tuiles dorées et ces vases, restes des deux plus grands monuments du paganisme romain et de la religion judaïque. Le Jupiter romain avait jadis célébré son triomphe sur le fameux sanctuaire de la Judée, et l'arc de Titus élevé au haut de la Via sacra au Forum, avec ses figures du chandelier à sept branches et des vases du sacrifice judaïque, est le monument saisissant de la n^lne de Jérusalem. Maïs le temps était aussi venu pour le temple le plus important du paganisme romain, Vaedes Jovis CapiColini. Aujourd'hui rien dans la ville éternelle ne rappelle plus son ancienne magnificence, si ce n'est quelques pièces de marbres restées du monument et les ruines enfouies des fondations souterraines. Dès que le temple de Jupiter eut perdu sa toiture, sa destruflion commença sans ressource. Il disparut de l'histoire sans même être jugé digne d'un mot par les anciens écrivains. Mais l'immatériel antagoniste qui renversa le paganisme et son Jupiter n'a pas disparu et ne disparaîtra jamais. C'est à la divine religion du Christ qu'il est réservé de se perpétuer triomphante dans Rome en dépit des dévastations successives et des révolutions politiques.

Les églises de la ville souffrirent cruellement du pillage des Vandales. En générai on ne les respefta guère plus qu'au temps d'Alaric. Seules les deux basiliques consacrées aux princes des apôtres restèrent épargnées comme à l'époque des Goths.

ad a. 447, éd. Bckkcr (Co/^uj script, hist.

byzanl.) p. 37-40. Vespasien avait déposé 1»

templum Pacis (qui fut achevé à Rome en l'année 75) les objets d'or enlevés au temple judaïque et spécialement le chandelier à sept branches, tandis que les draperies du temple et des livres sacrés furent alors cachés sur le mont Palatin. (Flav. Josèphe, De èello iud., 1. Vil, c. s, S 7)- A Rome, au sixième siècle, on considérait encore d'autres objets comme faisant partie du trésor de Jérusalem. En elTet, c'est de cette époque que date l'histoire attribuée à l'évéque Zacharie de Milylènc de Lesbos; on y rencontre, traduit en syriaque, un remaniement développé du Brraiarivtn (description de Rome), où on lit que dans Rome se trouvent " vingt-cinq statues d'airain de )a famille d'Abraham, de Sara et d'Agar, qu'après la destruélion de Jérusalem, Vespasien transporta dans )a ville étemelle, ainsi que les portes de Jérusalem ei d'autres objets de bronze ". Voyez la traduélion italienne de ce bréviaire syriaque d'après le Cod. Vat. syr. u. 145 par Ign. Guidi dans le Bullelt. archeol. corn., t. XI (i88s), p. 218 et suiv. et la trad. franc, de Chabot dans la Chronique de M ichel le Syrien (Paris, 1899 et suiv.). Le temple de la Paix ci-dessus nommé qui contenait les principales dépouilles de Jérusalem, était une sorte de musée. Cf. Nibby, Routa aniica, t. II, p. 689 et s. Après l'incendie de l'année 191, ce temple fut restauré par Septime Sévère. Mais, à l'époque de Procope, il était Hiit. de Rome. — 6

très endommagé depuis des années, car, touché par la foudre, il demeura délaissé sans réparation. Depuis qu'Alaric, puis Genséric se furent emparés des riches dépouilles judaïques et sans doute aussi des autres objets précieux que contenait le musée, il dut être abandonné au délabrement. Le sort des objets du temple de Jérusalem et spécialement du chandelier à sept branches, est devenu très obscur depuis leur transport en Afrique. D'après Procope {De bello vandal., I. 11, c. 9), lors de la conquête de Carthage, Bélisaire aurait envoyé à Constanllnople tout ce qu'il aurait trouvé du butin de Jérusalem; mais l'empereur Justinien, sur le conseil des Juifs, aurait tout donné à l'une des églises chrétiennes de Jérusalem. Lorsque les Arabes soumirent cette dernière ville, il est bien passible que les objets en question soient devenus leur proie. Au moyen âge, la basilique de Latran prétendit posséder le chandelier à sept branches, l'arche d'alliance et d'autres reliques judaïques d'une importance capitale, soi-disant envoyées par Constantin le Grand. Cela est rapporté par le yl/ira^i/id (édition Parthey, 1869), p. 31 et par Jean Diacre, lie lateran. èasil., c. 2 et suiv. (Mabillon, Muséum Uai., II), p. 563 et suiv.

Il est à peine besoin de remarquer que la liste authentique des dons de Constantin à la basilique de Lalran, liste contenue dans le lÀber pontijkaiis, t. I, p. 173 et suiv., ne relate tien de semblable.

82 LIVRE I. CH. m. HUMILIATION DE ROME ET CHUTE DE L'EMPIRE. [No 68,

Cependant la basilique de Latran, la métropole de l'évêque romain, fut peut-être également préservée du, pillage. Après ces jours de terreur ces trois églises possédaient encore un grand nombre de beaux vases d'un métal précieux. Lorsque la tempête fut passée, Léon I put prendre dans les basiliques de S. Pierre, de S. Paul et de Latran les vases d'argent destinés au vin du sacrifice, qui étaient alors d'une grande capacité, pour les faire fondre et transformer en vases plus petits afin de les partager entre les autres églises de Rome pour les indemniser de la perte des leurs. Il y avait six meiretae ou kydrioi provenant du Latran et deux des deux autres basiliques. Nous remarquerons à ce propos que ces vases faisaient partie de la donation de Constantin et que ceux des deux basiliques apostoliques pesaient cent livres d'ai^ent chacun '.

Dans la basilique de S. Pierre survécut aussi au pillage une grande pièce d'orfèvrerie en or que Valentînien III avait fait placer sur la confession de l'apôtre; c'était une représentation du Christ et des douze apôtres dans une série d'arcades enrichie de pierres précieuses ».

68. Le mal prît fin dans Rome, vraisemblablement, à la fête de l'apôtre S. Pierre, le 29 juin; car les calculs les plus sûrs placent au 12 juin 455 le meurtre de Maxime et ce fut le troisième jour après qu'eut lieu l'entrée de Genséric et que commença le pillage; si donc il dura quinze jours, il dut cesser le 29 juin. Peut-être est-ce en considération de la fête de S. Pierre, que Léon le Grand obtint qu'il fût limité à cette date. Le pape disait plus tard dans un sermon prêché au peuple : " C'est l'intercession des apôtres Pierre et Paul qui a sauvé notre ville " de la captivité où elle était tombée 3. Le mot " captivité " ou, comme il est exprimé avec l'addition de Prosper : " la captivité digne de beaucoup de larmes " se rapporte à ce fait que " plusieurs milliers d'habitants " furent, au départ des Barbares, emmenés à leur suite comme prisonniers. Les plus considérables parmi ces viftimes furent l'impératrice Eudoxie et ses filles Eudocie et Placidie, arrêtées dans le palais du Palatin *.

Chargés de toute la troupe des prisonniers et de tous les trésors du butin, les navires vandales voguèrent sous les yeux des Romains terrifiés, A Carthage, Eudocie fut forcée de prendre pour époux le fiLs de Genséric, le cruel Hunneric; et ce n'est que plus tard que les trois derniers descendants du grand Théodose virent se lever le jour de la délivrance. Les trésors enlevés à Rome devinrent U propriété de la capitale des Vandales. Ils restèrent à Carthage jusqu'à ce qu'ils tombassent aux mains des Byzantins qui les envoyèrent en grande partie en Orient, où ils se perdirent avec le temps. Déjà, un des navires de la flotte vandale qui transporta le butîn en Afrique, fit naufrage dans la Méditerranée avec son chargement

' lÂber pont., E. I, p. 239, Léo /, g 66 ; quas I apprend la destni^îon par les flammes d'un

Constantinus A ugiislus obtulit, qui fins. sing. lib. centtnas. Cf. Uuchesne, note S-

' Ibid., t. I, p. 235, Xyttm III, g 64; Uuchesnc, note 3. Le pape Adrien I 1 E joyau comme encore existant, dans 1

église qui s'élevait en cet endroit, celle du saint martyr Hippolyte. Vandalica rabia hanc ussit martyris aulam \ Quant Pttrvs anfisies cuUu metiore novatata, Ct Cantaïlli, l?i un frainmentOy etc. dans le BulleH-

lettre à Charlemagne (Mansi, t. XIII, p. Soi). 1 arch. comm., 1896, n. 67-76.

Tandis que nous n'avons point mention d'au > Sermon 84, n. i, éd. Ballerini, p, 335;

très incendies à Rome, un fragment d'ins- Migne, P. L., t. LIV, col. 433.

cription, qui provient du delta du Tibre, nous | ' Prosper, loc. cit.

Nos 6ç^ 70.]

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