‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 31 sur 165 · V. LES FANTÔMES D'EMPEREURS · texte numérisé non relu

V. LES FANTÔMES D'EMPEREURS

69. En souvenir de ces deux malheureuses semaines de pillage et parce qu'on avait été préservé de l'incendie et du meurtre, l'Église de Rome célébra dans les années suivantes une fête de réparation et d'aélions de grâces, pendant l'oflave de la Saint Pierre. Mais la masse du peuple oublia vite cette terrible époque. Il est carafléristique pour la fugacité des impressions humaines et pour la mentalité des Romains de l'époque, que le pape Léon, dans le sermon cî-dessus cité sente le besoin de se plaindre de l'oubli où est tombé le jour de fête dont nous avons parlé. " Combien peu parmi vous ", dît-il, " sont venus ces jours-ci à la solennité qui, dans un autre temps, a réuni tout le peuple fidèle de Rome! Cette constatation me remplit de tristesse et de crainte! Cet oubli n'est-il pas une preuve que la verge de Dieu ne nous a pas été salutaire.' Ou ne vous faut-il pas rendre grâces que la sévérité du châtiment ait été adoucie pour vous? Je rougis de le dire ; et cependant je ne puis le taire : l'esprit du monde et le démon sont servis avec plus de zèle que les saints apôtres ; les spe£iacles frivoles attirent à eux plus de peuple que les sanctuaires des martyrs. Sont-ce donc les jeux du cirque qui vous ont préservés de la mort par l'épée, n'est-ce pas plutôt l'intercession des saints? N'avions-nous pas mérité toute la colère de Dieu; et cependant n'avons-nous pas été épargnés, mais seulement pour nous faire rentrer en nous-mêmes et demander pardon " • >

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