‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 33 sur 165 · N° 73.] V. LES FANTÔMES D'EMPEREURS (4SS-476)- 8S · texte numérisé non relu

N° 73.] V. LES FANTÔMES D'EMPEREURS (4SS-476)- 8S

Wisigoth Euric qu'il appelle à son secours et dont S. Epiphane, évêque de Pavîe, est le génie tutélaîre. Epiphane est encore un exemple de la suprématie que le pouvoir spirituel est en train de prendre sur le pouvoir temporel.

Romulus Augustule avec sa vie aventureuse, termine enfin la liste des empereurs. Ce jeune fils d'Oreste, général romain des troupes germaniques en Gaule, portait deux grands noms : l'un, celui du fondateur de la puissance romaine, Romulus ; l'autre, celui du brillant rénovateur de l'État romain, Auguste. Il n'y a guère dans l'histoire, on l'a déjà remarqué, d'exemple d'une plus criante ironie. L'empereur enfant n'avait de ces deux grands personnages absolument rien que les noms qui se dressent sur le tombeau de l'empire comme un triste mythe. Le véritable régent fut son père, Oreste. Lorsqu'il eut été décapité par Odoacre, général devenu tout- puissant, et que Romulus Augustule, après son abdication, se fut retiré dans la villa LucuUienne près de Naples (476), les destins de l'empire d'Occident furent accomplis. La croix gravée sur la monnaie de Romulus (fig. 17)' est comme la croix Fig. 17. Monnaie funéraire de l'empire. Désormais nul prince jusqu'à Charlemagne ne prendra plus le titre d'empereur d'Occident.

de Romulns Augustule.

73. A la place du nom d'empereur, apparaît désormais en Italie celui de roi. C'est un barbare, le hardi et puissant Odoacre, fils d'un Scirc, jadis au service d'Attila, qui reçoit de ses troupes le pouvoir avec le titre de roi Le Sénat romain terriiîé ne trouve rien de mieux à faire que de se rallier à la voix de l'armée

Le nouveau roi obtint aussitôt pour ses Hérules, ses Rugiens, ses Turcilinges et ses Scïres la cession d'un tiers de toutes les terres de l'Italie. Il voulait assurer à lui et aux siens une situation matérielle. Mais cette domination soldatesque ne put prendre pied dans un pays civilisé, précisément à cause de ce caraélère. Et treize années d'un gouvernement qui ne manquait ni de modération ni de sagesse furent incapables de créer un État à Odoacre. Ses peuples qui n'étaient que des guerriers montrèrent leur impuissance à fonder un gouvernement

L'Italie avait et conserva en droit .son empereur en Orient C'est dans la nouvelle Rome qu'elle eut son centre politique. Odoacre reconnut lui-même la suprématie de l'empereur de Byzance, tout en n'ayant en somme avec lui que des rapports de pure forme.

Mais on ne saurait méconnaître — et c'est un fait d'une importance historique considérable — que même à cette époque de profond abaissement pour l'Italie et pour Rome, l'idée de l'unité de l'empire romain demeura vivace. C'est en ce sens que les sénateurs romains écrivaient au temps d'Odoacre à l'empereur d'Orient : que l'Italie n'avait plus besoin d'un empereur particulier, qu'il suffisait de celui de Byzance, souverain aussi de l'Occident, De même que le Sénat subsista sous Odoacre, de même aussi se conservèrent inta£i:es les autres formes extérieures de l'État romain. Le roi Odoacre, du consentement de l'empereur, nommait les consuls d'Occident ; il instituait les fon6lionnaires

'D'après Kraus, ReaUncyklopadie lies cAristUcken Alttriuirts, t. 11, p. 445.

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