V. LES FANTÔMES D'EMPEREURS (4S
comme avant Tannée 476, dans tout l'Occident, non seulement chez les peuples latins, mais jusqu'à un certain point chez les peuples germaniques. " Aussitôt que rillyrium tout entier fut échu à l'Orient, et que la Bretagne, l'Espagne, l'Afrique, la plus grande partie des Gaules et les pays situés entre le Danube et les Alpes, furent tombés aux mains d'un pouvoir étranger, les yeux des contemporains durent se tourner vers l'Orient et chercher le véritable empire romain là-bas dans les pays dont le centre était la nouvelle Rome. Dès lors l'Italie ne fut plus qu'une dépendance, une province de l'empire concentré à Constantinople"' '.
75. Les monnaies de cette époque symbolisent l'état politique et l'unité préexistante. Celles de l'empire de Constantinople que nous avons, sur notre
Fif. I
Moniuuea.
fîg. 18 3, placées vis-à-vis de quelques monnaies de l'antique Rome, ont un caraflère chrétien très marqué. On voit, sur certains types, les figures féminines de la nouvelle et de l'ancienne Rome assises sur un trône, à côté l'une de l'autre. Ces personnifications sont, pour l'ordinaire, couronnées du monogramme du
•DôïVitigtr, Dos /Taiserifium/^ar/tdei Grossit und sciner Nackfolger,As.n% le Munckner Aislorisches/akrèuc/i,iS6^{p.2<)^\iS), p. 309. Ci.Gaaà.Ni'it, Suirapporli fra PlialiaePImpero (fOritnle 476-554 (Bologna, 1888).
' Monnaies de U Rome païenne : a) d'après
Baumeister, Denkinaler des klassischen Alterthuins, t. I, p. 461, n. ço;; b) d'après le même auteur, p. 580, n. (Î23. — Monnaies de Itmpirc chrftien : c) d'aprÈs Garrucci, Arte criit., pi. 483, fig. 3; d) ibid., pl. 48r, iig. 28; e) ibid., lig. 42; f) ibid., fjg. 38.
88 LIVRE I. CH. IV. ROME ET LES DÉBOTS DU MOYEN AGE. [No ;&
Christ; ou bien elles tiennent ensemble un écusson sur lequel se voit cette carafléristique de l'empire devenu chrétien; car la religion chrétienne avait donné à l'empire une nouvelle unité intime. La figure de la ville maîtresse du monde, Constantinople, porte sur la tête une couronne murale ou un casque orné du même insigne, la longue tunique ou le manteau, puis des joyaux et autres ornements, comme l'ancienne Rome. Elle a aussi comme marque distinftive de sa position maritime et de sa domination sur les eaux qui unissent l'Orient et l'Occident, une proue de navire à ses pieds ',