‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 37 sur 165 · N° 77.] I. LES PEUPLES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

N° 77.] I. LES PEUPLES NOUVEAUX

La province timitrophe de Pannonîe était encore la proie des Rugîens en même temps que des Hérules et des Ostrogoths.

Le vaillant peuple des Ostrogoths avait alors son siège en Mœsîe d'où il s'échappa bientôt sous Théodoric pour commencer sa glorieuse mais malheureuse carrière et se rendre maître de l'Italie.

Tout au nord, entre les cours supérieurs de l'Oder et de la Vistule, habitaient les Lombards, eux aussi futurs hôtes et conquérants de l'Italie; seulement leur prise de possession de ce pays sera plus durable et incomparablement plus féconde en conséquences que celle des Ostrogoths.

Dans le sud et sur son flanc occidental, l'empire d'Odoacre avait un ennemi redoutable dans l'État des Vandales. A ceux-ci obéissaient, outre le nord de l'Afrique, la Corse et la Sardaigne et, un temps durant, l'extrémité occidentale de la Sicile, jusqu'à ce qu'Odoacre réussît à les chasser de l'île. Pour l'oi^anisation extérieure, les Vandales (si peu conforme que la chose soit avec leur réputation traditionnelle) étaient peut-être, parmi les nouveaux peuples, les plus semblables aux Romains policés. Toute la hiérarchie des fonétîonnaires du monde romain fut maintenue par eux dans l'Afrique conquise. C'est ainsi que dans leur capitale un Romain, un " vir speâlabilis ", remplit les fonflions de proconsul de la ville et du territoire de Carthage; c'est ainsi encore qu'on trouve le référendaire dans le palais royal ».

77. L'Espagne appartenait aux Wisîgoths, sauf une partie du littoral méridional et le territoire qui s'étend de la côte septentrionale au cours inférieur du Tagus (Tage). Les Suèves avaient établi leur royauté dans ce dernier domaine. L'empire wisigoth, le plus remarquable et le mieux organisé parmi les peuples nouveaux, s'étendait en deçà des Pyrénées sur la Provincia (Provence), sur la Narbonaise et sur la Novempopulanie. Il embrassait les deux Aquitaines jusqu'à la contrée du Liger (Loire), Parmi leurs villes on remarquait surtout Biturigae, Piftavium, Burdigala et Arvemae (Bourges, Poitiers, Bordeaux, Clermont). Mais leur centre le plus important était Tolosa (Toulouse), où leur roi Euric tenait sa cour.

Le contemporain Sidoine Apollinaire nous fait la description poétique du rassemblement, dans cette capitale du puissant prince Euric, des représentants des autres nations germaniques : " Voilà, dit-il, le Saxon aux yeux bleus, lequel, habitué à la mer que sillonnent ses navires dans le nord, redoute la terre ferme. Voilà le Sicambre (Franc) à la longue chevelure retombant par derrière. Voilà l'HéruIe dont le teint fait souvenir des eaux de sa patrie. Voilà le Burgonde, haut de sept pieds, demandant la paix à genoux, et le fier Ostrogoth implorant proteflion contre les Huns. Et toi, ô Romain, tu viens aussi et tu implores secours contre les invasions des peuples de la Scythïe; sans doute la puissance de la Garonne protégera la faiblesse du Tibre"».

Dans cette poésie il y a un fond historique. Outre les traits sensibles sous lesquels les races sont décrites, on doit noter l'allusion aux relations de l'empire

, Versus domni Pelri referendarii enVhonneur de la virginité de Marie, inscription de X^baiilha palatii sanélae Mariae à Carthage, dans de Rossi, Inscript, christ., t. II, i" p., p. 141, n. 6, Cf. mes Anaie^a romana, i. I, p. 109.

' Sidoine, Ep. VIII, 9, vers 21 et suiv., éd. Lueijohann (Mon. Germ. hist., AuÛ. antiq., t. VllI), p. 136 : Istic Saxona coerulum videinus I AssuetuiH ante solo, solum timtre... \ Hinc, Romane, tibi pelîs salutem \ Et contra SeytMicae plagae catervas . . .

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