LIVRE I. CH. IV. ROME ET LES DÉBUTS DU MOYEN AGE. [N
des Burgondes avec Euric. Les Burgondes possédaient de puissants moyens de défense et de grandes villes, telles que : Lugdunum, Vîenna, Augustodunum (Lyon, Vienne, Autun). Néanmoins, ils s'inclinaient devant le conquérant wisigoth et reconnaissaient sa suprématie.
78. Cependant ce n'est pas la redoutable puissance des Wisigoths mais celle des Francs qui va déterminer l'avenir de la Gaule et de la Germanie. Du point où sont établis les Francs dans le nord de la Gaule, sur le bas et le moyen Rhin, Chlodovech ou Clovis, roi depuis 481, fonde son grand royaume. Auparavant, vers le milieu du siècle, les Francs sont encore des peuples confédérés (foederatt), dépendants de l'empîre. D'ailleurs tous les fondateurs de royaumes germaniques commencèrent par être des généraux romains et introduisirent leurs peuples dans l'empire à titre d'alliés. Peu à peu l'empire se désagrège pour former des États indépendants, mais l'organisation romaine continue longtemps de durer. En 486, Clovis bat le Romain Syagrius qui maintenait les derniers restes de l'empire dans le territoire situé entre les villes d'Aurelianum, de Parisii et de Suessiones {Orléans, Paris, Soissons). Le roi Franc renverse ensuite le royaume alaman et enfin l'empire wisigoth dans les Gaules. Par sa mémorable conversion à la religion catholique et par l'empressement de son peuple paTen à recevoir le baptême, Clovis prépare les voies à la civilisation franque. Le respefl et la faveur qu'il marque à ce qui est romain sont une nouvelle garantie de durée pour sa fondation. Et cette double cause, plus encore que les exploits de son épée invincible, fut le fondement de la puissance franque. Dans !a ruine de la plupart des empires germaniques, seuls les Francs sont appelés à se perpétuer comme nation à travers le moyen %e. C'est dans cette puissance que plus tard, à l'heure vfenue, se renouvellera l'empire en la personne de Charlemagne. Et la destinée de cet empire chrétien sera de s'unir à la papauté comme une autre colonne de l'ordre social en Occident.
Si l'on voulait chercher dans le cours des révolutions du cinquième siècle un grand fait historique qui pût déterminer le commencement du moyen âge, certes l'élévation et le baptême de Clovis offriraient, dans un certain sens au moins, autrement d'importance que les événements de l'année 476. Ce qui se passa chez les Francs eut sur le développement de l'humanité un retentissement autrement profond que la disparition de l'empire. De tels phénomènes font époque aussi bien sous le rapport matériel à cause des changements politiques qui les accompagnèrent ou les suivirent, que sous le rapport moral à cause de leur énorme importance pour la civilisation.
Tandis que les Francs entrèrent dans l'Eglise sans passer par l'arianisme, tous les autres peuples germains furent ariens dès qu'ils eurent cessé d'être païens.
79. L'arianisme se montra comme un malheureux obstacle à la prospérité politique et morale des Etats nouvellement formés.
La seéle arienne était faible et impuissante; ses évêques et ses prêtres n'exerçaient aucune aftion doftrinale ni éducatrice sur le peuple. Au fond les pensées religieuses des ariens se distinguaient peu du polythéisme païen. Ils reconnaissaient et honoraient de nom seulement le Fils et le Saînt-Esprit comme Dieu, les plaçant l'un et l'autre au-dessous du Père, comme différents de lui en rang et en dignité; et parla même ils ne s'éloignaient pas essentiellement du