IV. — Les murailles d'Aurélien
1 1 5. Les sièges répétés de Rome, que nous avons décrits plus haut, nous ont appris à connaître l'importance du mur d'Aurélien pour l'existence de la cité.
La muraille, que l'on voit et admire encore, n'occupe pas seulement une place durable et décisive dans l'histoire de Rome; elle est en soi, sous le rapport monumental et topographique, un des souvenirs tes plus considérables et les plus captivants do la ville éternelle.
La plus ancienne muraille de la ville, celle de Servius, œuvre puissante de la royauté, formait une enceinte plus petite que le mur d'Aurélien; elle se tenait presque partout sur la hauteur des sept collines. L'expansion de Rome dans
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la suite des temps hors de cette ceinture, obligea les empereurs Aurdlien (270- 275) et l'robus (276-282} à entourer la ville d'un cercle de murailles beaucoup plus vaste pour la d*5fendre contre les menaces d'invasion des Barbares, alors établis au Métaure. Le mur commence près de la porte flaminîenne, au point où le Tibre, venant du nord, atteint Rome. Il borde la rive gauche du fleuve, le long du Champ de Mars, arrive au pont Saint-Ange, puis au pont d'Aurélien ou de Valentinien (ponte Sislo), il y traverse le fleuve, grimpe sur le Janicule, où l'on en voit encore des restes importants, et atteint r^rjrrVi«/V///«M«, le château-fort qui trônait jadis sur la hauteur : il descend au sud-est vers la Porta portuensis, près de laquelle le Tibre sort de la ville. La muraille n'entourait ainsi que la partie méridionale de la région transtibérine, et non pas la partie septentrionale où se trouve la basilique Saint-Pierre. Le quartier du Vatican demeura longtemps encore sans murailles de proteflion et dut faire la triste expérience de sa faiblesse. Nous voyons le mur d'Aurélien se poursuivre sur la rive gauchs, où il subsiste presque partout, avec quelques remaniements et restaurations des
époques postérieures.
Il commence par suivre le fleuve au sud, remonte à l'est en entourant le Mons Testixceus, s'ouvre à la pittoresque porte dite de Saint-Paul (fig. 31'), pour livrer passage à la route d'Ostie, comme t'i);- y>- Le mnr d'Anréliea, Côté extcrieur, leconstruiftion. plus loin à la voie
appienne et à la voie latine, et atteint à l'est son point extrême, au delà du Latran et du Sessorium, à la sortie des voies labicane et prénestîne.
Il rejoint ensuite au nord-est la Porta flaminia, en laissant passer les routes tiburtine, nomentane et salarienne, et après avoir entouré le camp prctorien et le coUis liorttiloruvi du Pincio, auquel il forme comme un mur d'appui. Telle est la fameuse ceinture de pierre de Rome; elle porte encore le nom d'Honorius, à cause des réparations considérables que ce prince y a faites en 403, au moment où le danger redoublait pour la ville.
1 16. Au temps d'Honorius, voici l'ordre dans lequel se suivaient les portes de la cité ; la première était la flaminienne au nord; puis celle du pont d'Aelîus, puis sur la rive droite du fleuve, dans la plaine, la porte scptimienne qui donnait accès au Vatican. Sur le Janicule se trouvait Xa porta niirelia; toujours sur la rive droite et près du fleuve, \a. porta portuensis; puis sur la rive gauche les portes ostiensis, ardeatina, appia, latina, metrovi, et asinaria, à proximité du Latran et par conséquent d'une importance particulière pour la demeure des pontifes romains. En revenant au nord on trouvait la double porte labicane et
' Nouvelle épreuve photograph. du comm, ment par Nicol.is \' .\ l'occasion du jubile. La
Carlo Tenerani. Entre la porte d'Ostie el lapy- , pyramide s'enfonce entre les murs d'enceinte.
ramide, on aperçoit la porte secondaire cens- ,Sa façade, avec une entrée ornte de deu.^
truite à In fin du moyen .Ige vraisemblable- colonnes est de l'autre côté, prts de l'arbre.