‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 58 sur 165 · VI. — Les "merveilles" de Rome · texte numérisé non relu

VI. — Les "merveilles" de Rome

124. A la fin de l'époque classique, on comptait sept merveilles de Rome. Le premier qui en fasse mention est Polemîus Sîlvius au V« siècle.

Il met au premier rang le Janicule avec ses jardins et sa vue étendue et superbe. A la fin de l'opuscule que nous avons cité ci-dessus il dit ; " Dans tout cela sept choses sont particulièrement admirables : le Janicule, les canaux souterrains, les aqueducs, le Forum de Trajan, l'Amphithéâtre (le Colisée), l'Odéoii et les thermes d'Antonîn (Caracalla)»".

' Epigr., I. IV, n. 64. I pue, id est îaiikolum, etc. (éd. Momnisen,

' Inler quae omnia Vil sunt mira pnuci- \ p. 545)-

Il suffira pour notre objet d'arrêter un instant notre regard sur quelquesunes de ces merveilles; nous choisirons le Janîcule, les aqueducs et les thermes d'Antonin.

Les jardins du Janicule, dont les anciens auteurs s'accordent à célébrer la grandeur et la beauté étaient : les jardins de César, du sud i la voie et à la porte nurélicnnes; plus au nord les jardins de Geta, enfin, dans le quartier du Vatican, les jardins d'Agrîppine. Dans ces derniers Néron établit le cirque devenu si fameux dans l'histoire des premiers martyrs chrétiens. Dans tous ces jardins la nature et l'art prodiguaient leurs charmes à l'envi. Les forêts d'arbres cultivées avec goût étaient peuplées d'autres forêts de statues. Des réservoirs hauts comme des maisons et semblables à celui que des fouilles récentes ont mis au jour près de la porte aurélienne, alimentaient les fontaines et les nymphées dont les eaux vives animaient les terrasses fleuries et les pentes verdoyantes. Au milieu des jardins débouchait l'aqueduc de Trajan, qui y amenait les eaux du lac Sabatin (!ago di Bracciano). Ses flots venaient grossir le Tibre par une chute pittoresque qui mettait en mouvement le long de ses bords nombre de moulins aftifs; Procope en parle encore, l'itinéraire d'Einsîedeln nous donne comme le nom ancien de ce coin ad violinas et aujourd'hui même il s'y trouve quelques moulins à blé ou à papier. Uacgua Paola qui les met en aflion est une rénovation de l'aqueduc de Trajan, dont elle emprunte en partie les arches. Son magnifique château d'eau, œuvre de Paul V, répond excellemment aux souvenirs de l'antique merveille.

Le lefteur, qui a peut-être éprouvé quelque fatigue en parcourant avec nous les rues des quatorze régions, relève avec plaisir la têle sur cette hauteur .sereine, pour suivre l'invitation de Martial et pour jouir en repos d'une vue étendue sur les environs de la reine des villes.

125, A droite îl aperçoit les collines leplnes et voisques qui vont se perdre dans la plaine en bordure de la mer; il plonge son regard dans la vallée du Trerus ou Sacco que traverse la Via lalina; îl cherche au nord, à l'entrée de cette vallée, sous les monts prénestins, le point lumineux de Prénestc (Palcstrina), où le temple de la Fortune trône sur de hautes terrasses au sommet de la colline. Derrière les monts de Prénestc se dressent ceux de Subiaco (Suà/it- ^»fAw), dits Simbruiniens, qui ramènent le pèlerin chrétien au VI*' et au VI I'^ siècle en lui parlant de la vie et des aftions du père du monachîsme occidental, de S. Benoit, dont le souvenir vit encore dans ce monastère. Plus loin sur la gauche l'œil atteint sur une colline ensoleillée le bourg de Tibur ou Tivoli avec son fameux temple d'Hercule sur la hauteur et ses terrasses qui s'étagent majestueusement tout le long de la colline. Dans le fond vers la Sabine apparaît le sévère Mous Lucretilis (jHonle Gennaro) avec sa ceinture de rochers abrupts; c'est le point le plus élevé de l'horizon. Plus bas devant lui sont les Montes Corniculani, où Corniculum {Moniicelli ou Monte Celio) a planté son temple sur une cîme aérienne. Encore plus à gauche le panorama changeant laisse apercevoir les méandres du Tibre et au delà dans la direflion de Monte Mario, le Soraéle qui dresse, sentinelle solitaire, son haut sommet, couronné du temple d'Apollon. Virgile proclame cet Apollon " le plus haut des Dieux", le " protcfieur de la montagne sainte " ' ; tandis que les chrétiens, en contemplant

' Énéiiic, I. XI, V. 785.

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