N" 8]. II. DESTINÉE DES CULTES PAÏENS A ROME. II
demandait la restitution à la célèbre déesse de la Viftoire et en même temps à toute la famille des dieux des privilèges et du concours pécuniaire jadis fournis par l'État. Ni Gratien ni son successeur Valentinien n'accédèrent à ces demandes formulées par des ambassades répétées; la Victoire demeura exclue du lieu des séances de la plus haute assemblée de l'État; et la renonciation des Empereurs chrétiens au titre de Pontifex maxîmus, dont Gratien prit l'initiative vers 375, est assez significative '. C'est ainsi que dès avant Théodose et sa viftoire sur l'anti-césar Eugène, la défaveur et l'hostilité du gouvernement vis-à-vis de l'ancien culte préparèrent les voies au triomphe de l'Église sur l'idolâtrie. Il resta cependant à l'Église, comme à la seule puissance destinée à ce rôle, la plus lourde tâche, celle d'anéantir dans le cœur de la société les idées païennes par l'opération secrète de la prédication évangélique, par l'infusion de la grâce, par les exemples de vie chrétienne que donnaient les confesseurs de la foi, par la science consommée dont faisaient preuve ses porte-parole.