‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 60 sur 165 · VI. LES MERVEILLES DE ROME · texte numérisé non relu

VI. LES MERVEILLES DE ROME

courait en grande partie sous terre. Restaurée dans un but pratique, VAcqua Vergine est encore à Rome la dispensatrice de la boisson la plus saine. Elle vient du hameau a6:uel de Salone, à l'est de Rome, au huitième mille sur la Via Collatiiia, oii Agrippa, créateur de cet aqueduc, réunit le premier les sources sur les terres de Lucullus '.

Tandis que la Virgo était réservée au Champ de Mars, l'Anio Vêtus était destiné à l'Esquilin. Construit dès 273 avant Jésus-Christ, ce grandiose aqueduc puisait son eau à la rive gauche de TAnio, à dix milles environ au delà de Tibur, dans les hauteurs qui dominent aujourd'hui le village de Cosimato".

A ces sept aqueducs vinrent s'ajouter, selon Frontîn, sous les empereurs Caligula et Claude, les deux plus importants que reçut la ville, l'Anio Novus et VAqua Claudia, tous deux venus des monts de Subiaco. Deux autres, VAqua Trajana et VAlexandrina, furent établis plus tard : nous avons déjà rencontré le premier sur le Janicule; le second fut créé par Alexandre Sévère pour alimenter ses thermes sur le Champ de Mars. Bien que les énumérations anciennes comptent un plus grand nombre d'aqueducs que ces onze, c'étaient cependant les seuls qui fussent indépendants, nous voulons dire qui puisassent leurs eaux chacun à une source différente.

Jusqu'à une époque récente on s'est laissé induire en erreur par le nombre de 14 aqueducs que cite Procope et par celui de 19 que l'on rencontre dans le catalc^ue de Constantin. Ces divergences numériques ne s'appliquent qu'à des canaux secondaires dérivés des grands aqueducs. C'est le cas de VAqua Severiana ou Septimiana, établie pour ses thermes par Septime Sévère, et de VAqua Antoniniatta, qui apportait l'eau aux fameux thermes de Caracalla sur la voie appienne. La richesse en eau des grands aqueducs était suffisante pour permettre de multiplier sur une grande échelle ces dérivations. On aurait trouvé aussi bien dans Rome même que hors de la ville ces canaux dont Procope dit sérieusement que leur hauteur intérieure était telle qu'un cavalier y aurait pu entrer à cheval. Il suffit de contempler dans la campagne ou dans la ville les bouches béantes de ces gigantesques aqueducs pour se rendre compte qu'un homme à tout le moins pourrait marcher dans nombre d'entre eux; le cheval seul est de trop, c'est une hyperbole de l'imagination grecque; seuls quelques endroits, pour des raisons particulières, sont exceptionnellement plus élevés.

t'it!' 37- Aquednc

anz eKuz Marcia, Tepuia et Jnlia, Coupe.

I Frontin, De aquaeduflibus urbis Romae, 1. I, c. 10 : (Agrippa) in agro lucullano coliellam Romain perduxil . . , ConcipHur Virgo via collatina ad miliarium odavUM- Cf. Fabretti, De agiiis et aquaeilufïilius veteris Roinae, a° éd., pi. I, III

et page 160; et surtout Lanciani : / coinmentari di FroHtino interna le acque, etc.

' Frontin, /ï/rf., 1. 1, c. 4 et %\x\M.:concipilur supra Tibur vicesimo iniliario extra portant. Cf. I. II, C.66, 80, 90, etc.

128. Le long aqueduc d'Antonin, qui se rendait aux thermes de Caracalla iur la voie appienne, reçut plus tard le nom A'Aqua Jûvta, parce que Dloclétien,

Kig. 38. \j». poite Tibnrtine ou S.-Lanrent avec les trois aquednca. Côié de la ville.

qui avait emprunte à Jupiter son nom, le restaura. Les thermes de Caracalla exigeaient une masse énorme d'eau; les vastes profondeurs que l'on voit encore

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