IX. ÉGLISES EXTRA- MUROS
les relations qui ont persisté entre les bibliothèques ecclésiastiques et le culte de l'archidiacre, trésorier et bibliothécaire Laurent '.
Quant à Damase, il résida pendant son pontificat au palais du Latran, comme ses cinq derniers prédécesseurs; c'est dans l'église du Latran qu'il fut consacré". Mais nous ne sommes malheureusement pas renseignés sur le lieu où étaient conservées à l'époque les archives de l'église romaine.
147. Le Latran parait dans l'histoire comme résidence des papes en 311, au début même de la paix religieuse. Ce fut Constantin qui fit à l'Église don de ce grand et antique palais. Dès 313 il s'y tint un concile sous la présidence de l'évêque de Rome Miltiade, pour juger les Donatistes. Sous le pape Silvestre, Constantin y érigea sous le vocable du Sauveur la Basilica LateranenHs , qu'on nomma également dans le début Censtantiniana, Ce fut la plus grande œuvre monumentale exécutée à Rome par l'Empereur au bénéfice de l'Église. Le Liber pontificalis a conservé l'inventaire authentique des richesses en revenus et domaines, en orfèvrerie d'or et d'ai^ent dont le prince avantagea cette église. La splendeur de sa décoration de marbre, de métaux précieux, de mosaïques multicolores fit donner plus tard à l'église, dans le langage populaire, le nom de Basilica aurea. Basilique et palais ont immortalisé le nom de la famille romaine des Lateranii.
Les Laterani avaient été jadis possesseurs de ce palais, Au temps de Constantin, ils avaient cessé de l'être et le palais avait passé à la famille impériale; la domus lateranensis était aux mains de Fausta, filSe du terrible persécuteur de l'Église, Maximien; à la suite de la donation impériale, Fausta abandonna le palais à l'Église ; sous les murs actuels de la basilique et de ses dépendances des fouilles récentes ont fait retrouver les restes des vastes appartements dont se composait !e palais romain. Une partie importante des constructions antiques semble s'être conservée près des remparts d'Aurélien, sinon incorporée avec eux. On a également retrouvé, sur l'emplacement du palais, des tuyaux de plomb au nom des Laterani et tout récemment un autre au nom de Julie Mammée*.
' Hincpater exceplor, Ufîor, ievila, sacerlios I Crèverai, kitu meriiis guoiiiam miUoribus aûii; \ Hinc mihi proveHo Chrislus, cui summa polestas, \ Sedi's apostoUcae voluit concedert honorent. | Ârchièis, Jateor, voliii nova condire Ulia, \ Addere praeUrea dexlra laevaque columnai, \ Quae Damait tentant propriuta per saecula nomen. Inscription copiée près de S. Laurent " in introitu tcclisiae ipsiiis. " De Rossi, Inscr. christ., t. Il, part. I, p. 13;, i^i, et dans La biblioleca délia side apost. {Studi e documenti di storia t diritio, t. V, 1884), p. 340. Cfr, Duchesne, lÀber pontif., t. I, p. zia, n. 7 et Notes sur la topographie de Rome, p. i et suiv. ; Bresslau, Handbuck der Urkundenlekrt, t. I (1889), p. 121. Cf. Grisar. Zum dltesten Ciiltus des Martyrers Laurentius, dans la Zeitschrift fiir kalh. Théologie, XXVII (1903), p. 133 et siiiv.
'Ubellus preeum (Migne, P. L., t. XIII, coL 8i).
^ Optât, De schistnate Donatislarum, 1. I, c. 23 (Migne, P. /,., t. XI, col. 331) : Conveneriint in domum Faustae, in Laterano.
Le Liber pontif., Silvesler, § 36, l'appelle Basi Hca Cons/antiniana, comme le concile roma' de 487. A lui seul ce nom, constamment er ployé, usuel encore sous Grégoire f", excli tout doute a» sujet de la fondation par Constantin. C'est à ce fait historique que se n chent les fausses légendes sur S. Silvestre et la fausse et fameuse donation de Constantin, Le nom de Basilica Lateranensis t%K employé par S. Jérôme (Ep. 67, § 4), par Prudence [Ct tra Synimachum, 1. i, v. 586) et dans les re lions officielles du schisme d'Ëulalius en 419 (Baronius, Ann., sous les anne'es 418 et 419). Cf. Duchesne, Liber pontif., \. I,p. içi.n.zS.
♦ Stevenson, Scoperte di iiniicki eiiifïzi al Laterano, dans les Annali dell Lnstituto, [877, p. 332 et suiv. Cf. Rohault de Fleury, Le Latran au moyen âge, 1877, avec de bons
' X. — Du Latran au Vatican. Promenade dans Rome à l'époque de sa transformation.
A. — Du Latran au Forum Romain.
148. Une promenade dans Rome du mémorable palais du Latran jusqu'à la basilique de l'apôtre S. Pierre complétera l'image de Rome esquissée dans les lignes précédentes. La route mène, si l'on peut dire, de l'un des foyers à l'autre de la Rome ecclésiastique ; du siège de la hiérarchie à son glorieux symbole, au sanctuaire universellement vénéré du tombeau de S. Pierre. Elle a le grand avantage de nous familiariser avec les traits caractéristiques de la Rome d'alors. Elle traverse la ville dans toute sa longueur du Sud-Est au Nord-Ouest, passe par ce qu'offre de plus brillant son antique magnificence et nous dévoile par de nouveaux côtés le jeune élément chrétien qui s'est conquis une place entre les murs de la cité.
Les rues à parcourir, que l'on trouvera marquées sur notre plan de Rome, sont signalées par l'itinéraire d'Einsiedeln, dont l'auteur, comme on sait, à l'époque tardive où il écrivait, s'en tenait aux anciennes voies classiques de Rome. Il nomme à droite et à gauche les monuments, dont plusieurs ne se sont pas offerts à nous précédemment.
La route qui relie le Latran à Saint-Pierre a été au moyen âge si traditionnelle, si fréquentée par les processions solennelles des papes et par les pèlerinages des fidèles que dans la première moitié du XI1= siècle elle était encore la même que jadis, — le cérémonial de Benoît le chanoine en est un garant, — dans sa première moitié du moins; car dans la seconde les ruines accumulées l'obligèrent, à l'époque de cet écrivain, à dévier un peu de son itinéraire séculaire, il se fit une via papalis qui a subsisté jusqu'à présent; elle était chronolc^iquement la continuation de l'antique voie de communication entre les deux principaux sanftuaires de Rome : la basilique du Latran et la basilique vaticane '.
Les deux moitiés de la route dont nous venons de parler vont la première du Vatican par le Colisée et le Forum jusque par derrière le Capitole; l'autre de ce dernier point par le Champ de Mars à la basilique de Saint- Pierre en traversant le pont Élien ; le point de jonction en est au centre de la ville ; il suffît pour le déterminer de dire que c'est le point où, à l'aboutissement méridional de la voie flaminiennc sous le Capitole, se trouvait jadis la Porta ralumena et où se dressa plus tard l'arc de Domitien, appelé au moyen âge" arcus manus cameae; ce point d'une grande importance topographîque formait le lieu de croisement de quatre routes antiques.
La première partie se subdivise naturellement en deux sections : l'une du Latran à l'arc de Titus près du Forum romain, l'autre traversant tout le Forum jusqu'au Capitole.
plans. J'ai quand les Iravau l'ont mis au jour.
' Lanciani, L'ftinem l'ordine di Binedtllo
493 et s., 534 et s. ; Adinol6, La Via taerao del papa, Ronu, 1865 ; le même, Lateram t via Maggiort, Roma, 1857.
' Ce nom se trouve par exemple dans V Ordo BtnediUi canomcHf^\-àxs&M'&fi.\3iài^%\-
149. Joignons-nous donc à un groupe de pèlerins étrangers, qui, après avoir rendu leurs hommages à l'évêque de Rome dans son palais du Latran, vpnt honorer l'apôtre Pierre dans son église. Il y avait souvent dans les grandes villes du moyen âge des " périégétes ", — c'était leur nom par exemple à Alexandrie, — hommes instruits, " grammairiens " ou tudimagistri, qui expliquaient aux étrangers les monuments, et, le cas échéant, avaient en mains le texte des inscriptions publiques pour satisfaire la curiosité des pèlerins. On peut se figurer les pèlerins cultivés de Rome accompagnés de tels guides, Rome avait assez de grammairiens de ce genre; les recueils d'inscriptions romaines que nous possédons, les guides de la ville et des catacombes ont tout l'air d'avoir été faits pour des cicérones de cette espèce '.
Leà pèlerins du VI* siècle que nous nous représentons offrent un coup d'œii pittoresque avec leurs costumes variés, aux vives couleurs ; peut-être y a-t-il parmi eux des Africains, compatriotes de Fulgence que naguère nous avons remarqué sur le Forum avec ses confrères de l'ordre monastique; peut-être aussi des Orientaux aux vêtements étranges, mais bien familiers à Rome, des Gaulois robustes, des pèlerins venus des lointaines régions du Nord, comme Rome en voyait si souvent alors attirés par les sanctuaires, pleins de pieuses pensées et du désir de s'instruire =.
ijo. Les pèlerins traversent d'abord la grande place du Latran, campus lateranemis, limitée par le palais des papes {episcopium, cuis patriarchium lateranensé), par le long mur latéral de la basilique avec sa majestueuse file de fenêtres en plein cintre, par le baptistère du Latran {baptisferium ou fons lateranensis) avec ses annexes, parmi lesquels nous citerons l'oratoire de la croix et le portique du pape Hilaire; la limite septentrionale était l'Aqua Claudia; et les arches encore subsistantes de cet aqueduc avec ses hautes murailles de briques d'une belle régularité réveillent l'idée du pittoresque coup d'œil que devait présenter cette clôture.
La vaste place ainsi enfermée répondait sans doute au Campus martialis sur le Cœlius, dont parle Ovide. Remarquons que l'Itinéraire d'EinsiedcIn note en cet endroit une église de S. Gregorius in Martio; et ce mot Martius pourrait n'être que l'écho de l'ancienne appellation de Champ de Mars. L'église était au commencement de l'ancienne Via Merulana, qui quittait la place du Latran au Nord sous l'une des arcades de VAçua Claudia, et ne coïncidait pas avec la rue moderne à laquelle on a donné le même nom a.
Parmi les monuments de la place du Latran aucun ne sollicite l'attention des pèlerins plus que la statue en bronze dite de Constantin le Grand à cheval. En réalité ce n'est pas Constantin, mais Marc Aurèle qu'elle représente; Marc
■ De Rossi, Inscr. christ., t. II, part, i, p. 47 et suiv.; Roma sotlerr., t. I, p. isr et suîv.; Grisar, Analeila remana, l. I, p. 129 et suiv. , 3" disserL : Iscrigiom di Roma, % y.
' Prudence nous montre les pèlerins se pressant aux tombeaux des martyrs {Peristephanen, 1. .XI, v. 205 et suiv, éd. Dressel, p.H^o):E.xultanifremi/us,variaru»tkincinde viaruin \ Indigetta et Pictns ptibs et Etrusca venit... I Vix capiunt patiili pûpulerum gau-
Jiacampi, | Haint it in magnis dénia cohors spaiiii. Grégoire de Tours parle souvent des pèlerins francs à Rome, par ex. Hist. Franc, 1. II, c. 5; 1. VI, c (}; De virtutibus sancii Martini, 1. II. c. 25; /« gloria cônfeisorttin, C. 87; Vitae patrum'i:. 6. Cf. Grisar, Analeûa remana, i. I, p. 357 ei suiv., dissertation 8 : Roma e la china dei Franchi, % 3,
^ Ovide, Fasti, 1. III, v. 519; Lanciani, L'itinerario, p. 536.
I/o LIVRE I. CH. V. TRANSFORMATION EXTÉRIEURE DE ROME. [N° 151.
Aurèle, à qui l'on avait élevé une statue en cet endroit parce qu'il y était né. L'emplacement en était à peu près au lieu où est actuellement la Scala santa. Elle y demeura pendant tout le moyen âge comme un des plus beaux ornements de la place du Latran; c'est la statue qui aujourd'hui se dresse au haut du Capitule, où elle a été transportée en 1583. Considérée généralement dès le haut moyen âge comme un monument de l'insigne bienfaiteur de l'église et du fondateur de ia basilique latérane, elle y gagna d'être plus respectée que d'autres œuvres d'art '.
En quittant le Campus lateranensis, les pèlerins passent sous XAqtia Claudia pour prendre l'antique rue qui mène au CoUsée. Ce n'est point la rue actuelle de S. Giovanni in Laterano, mais une autre rue qui s'en détache à gauche et au sud sur le penchant du Cœlius; cette rue, qui jadis avait relié le centre de Rome à la porta Cœlimontana de Servius, correspond dans sa plus grande partie à la Via dé santi Quattro Coronati. \JAqua Claudia, qui jetait au dessus l'une de ses arcades, lui faisait sur la place du Latran une entrée solennelle; on donna plus tard à cette arche le nom ^Arco di Basile. L'importance traditionnelle de cette voie qui conduisait au Colisée est exprimée au XII'' siècle par les noms de Via maior et de Via sancta, ce dernier s'appliquant du moins à la partie inférieure de la rue, située près du Colisée. On emploie ces expressions dans les descriptions du cortège des papes de la résidence du Latran à !a basilique de Saint- Pierre '.
Les plus anciens sanctuaires chrétiens sur cette route sont la basilique des Quatre- Couronnés, celle de Saint-Ciément et l'oratoire de Sainte-Félicité. Leur origine se rattache avec plus ou moins de sûreté à certaines circonstances locales de l'histoire de ces saints personnages. Il en est ainsi à Rome de beaucoup de sanctuaires primitifs qui doivent leur naissance aux relations intimes du lieu avec l'histoire du saint qu'on y vénère. Si les légendes postérieures enveloppent souvent cette relation jusqu'à la rendre méconnaissable, parfois aussi la critique peut la dégager nettement ; mais le plus souvent celui qui cherche la vérité doit se contenter de ta pénombre 3.
151. Le premier des sanctuaires ci-dessus nommés s'élève à gauche de notre route; c'est celui des quatre saints couronnés dont les bâtiments, qui datent du moyen âge, font une si puissante impression sur le visiteur actuel. Rome n'a guère conservé de monuments aussi expressifs de la piété et de la puissance de nos aïeux. Les fortifications du cloître, la fierté du donjon, la dignité de l'église, tout cet ensemble respire aujourd'hui encore l'esprit des siècles écoulés. Il semble bien qu'au temps des pèlerins que nous accompagnons, il n'y ait eu là qu'une humble et modeste basilique. Honorîus I" au VII^ siècle y construisit une église de proportions extraordinaires dont on peut reconnaître dans le cloître actuel les nefs latérales et les chapelles. L'église actuelle, réduction de celle d'Honorius, date de Pascal II et par conséquent des débuts du XII* siècle; ce pape se contenta dans sa restauration d'utiliser la nef centrale pour en faire la basilique nouvelle 4.
■ l^nciani, ibid., p. 535 ; Stevenson, Scoperte di anticki edifizii ai Laferam {Annali deir Insliiiiio, 1877), p. 373.
' Benoît le chanoiae, g 50 : {Doininus poKiifex) intrat per campum itixta S. Gregorium in Martio, descendit in vi
arcu formai, etc..
3 Cf. de Rossi, Bullett. di arcAeol. crist., 1879, page So; 1876, page 102; i867> page 58.
' Marocchi, Basiliques et églises de Kùmt, p. 333 et suiv.
No 151.]
Les quatre saints couronnés avaient, dès le IV* siècle, au témoignage du martyrologe hiéronymien, un Heu de culte à cet endroit {ad Cdio monte). Leur sépulture se trouvait hors de Rome sur la voie labicane. Ce sont quatre martyrs dont on n'avait point conservé les noms et que la plus ancienne tradition désigne pour cela sous le simple nom de Corouati, qui ont reçu la couronne du martyre; c'étaient sans doute des soldats, et le terme de comicularii qu'on leur applique détermine leur situation. Ils avaient été immolés, suivant la tradition, victimes de leur foi, près d'un temple d'Esculape, dans le voisinage de l'église, vis-à-vis des thermes de Trajan. En 1872 sous l'abside actuelle on trouva dans le sol les fragments d'une inscription de S. Damase, destinée, autant qu'on peut s'en rendre compte, à exalter le martyre de plusieurs témoins de la foi, sans doute des quatre couronnés '.
En tout cas l'existence en cet endroit d'un des « titres » insignes est une preuve qu'il s'y rattachait des souvenirs historiques des premiers siècles du christianisme ; et il est à remarquer que de bonne heure le titre porte le nom des quatre saints et non celui du fondateur. Si les saints ont réellement souffert le martyre dans les environs de l'église, on s'explique facilement qu'on y ait construit un monument pour perpétuer ce souvenir. Peut-être aussi, après les avoir tués, avait-on exposé leurs corps en cet endroit de la rue, comme on le faisait souvent pour effrayer les fidèles. Peut-être enfin avaient-ils été retenus en prison dans les anciens bâtiments dont on aperçoit encore les restes près de l'église.
Ce n'est pas seulement sur ce point, mais sur bien d'autre.s, que l'histoire de ces martyrs off're des problèmes insolubles. Aux quatre couronnés étaient unis dans le culte, comme on le voit par les plus anciens documents écrits, cinq autres martyrs, dont l'histoire se mêlant peu à peu à celle des premiers produisit un étrange imbroglio dans les traditions historiques. Ces cinq martyrs, qui ne sont pas romains, mais pannoniens, furent transportés à Rome et ensevelis hors de la ville au lieu même où reposaient déjà les couronnés; de là les confusions de la tradition.
Les Pannoniens sont mieux connus dans l'histoire que les quatre couronnés; leur passion est du 8 novembre 305 ; ils s'appelaient Claudius, Nicostratus, Symphorianus, Castorius et Simplicius. Leurs actes, dont la critique tant catholique que acatholique s'est occupée dans ces derniers temps, sont contemporains et dignes de créance. Les saints qui étaient maçons refusèrent de favoriser par leur travail le culte païen ; ce fut la cause de leur condamnation. Plus tard, quand se formèrent les légendes, on appliqua ce récit aux quatre couronnés : les maçons de Rome les choisirent pour patrons ; leur corporation eut dans l'église une chapelle, ornée d'antiques peintures, dédiée aux quatre couronnés comme compagnons de leur métier'.
■ De Rossi, Bullett. di arch. crist., 1879, p. 81.
' L'erreur est manifeste dans l'itinéraire du VI r siècle connu sous le nom de De iocis tandis tnarlyruiH, où l'pn lit : luxia viant lavieanam ùti dormiunt : ... Quattuor Corv naii, id est Claudius, Nicostratus^Simpronianus, Castorius, Simplicius, ce sont les cinq pannoniens (De Rossi, Rotna sollerr., t. I,
p. 142, 178), Par une autre confusion postérieure, les martyrologes attribuent aux quatre couronnés, dont les noms étaient inconnus, ceux de quatre autres soldats martyrs. Severus, Severinus, Carpophorus et Vidorinus, ensevelis à Albano. C'est ainsi que l'histoire des quatre couronnés devint un imbroglio inextricable. Après la publication par Walienbach (UulerswAungen sur rÔmhchen Kaiser-
152. Allons maintenant au deuxième grand monument de l'hagic^rapliic locale qui se rencontre sur notre route. Presque en face de l'église des quatre saints couronnés, à droite du chemin, dans l'enfoncement de la vallée est k titre de Saint-Clément, qui fait encore partie de la deuxième région d'Auguste, le Cœlius,
Les témoignf^es écrits s'accordent avec ceux de la pierre pour donner du crédit à l'opinion qu'en cet endroit un temple fut fondé par le successeur
Fig. 43. Saint- Clémeat, à Rome.
Coupe longitudinale des bâtiments superposés àe trois croquis.
de S. Pierre, l'évéque-martyr Clément ou du moins lui fut de bonne heure consacré. Les légendes parlaient d'une transformation en église de la maison du saint. Ce qui est historique, c'est que dès 392 S.Jérôme dit que < la mémoire
geschichie, t. III, 323 e( suiv.) en 1870 de la Passio Ss. Quattuor Coronatorum, de Rossi a essayé de porter la lumière au milieu de ces équivoques. Nous .ivons utilisa ci-dessus sa dissertation {BiiUttl. archiol. cisl., 1879, p. 45 et suLv.], dont tes conclusions oui été généralem-:nl acceptées, bien que non sans conteste. On ne pourra guère arriver là-Ucssus
à la pleine clarté. Cf. Wattcnbaeh, A'W Archiv, t. V {1880), p. Î37 et suiv.; t. SI (1886), p. îoi; t. XII <I887), p. 426, et sur tout Sitsungsberickie der kgl. Akademù il" Wiss. EU Berlin, 1896, n. 47, p. iï8i et suiv. (les actes d'après le Ms de Paris laL 10S61): Analeûa BollatuUana,\%i)T, p. 337; Dufouics.
p. 153 et suiv.