‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 75 sur 165 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les évêques romains jusqu'à la fin de l'empire.

I. — Suprématie de l'Église de Rome dans les premiers siècles.

194. L'apôtre l'ierre avait établi son Riège épiscopal dans la capitale de l'empire du monde afin de transmettre, selon la volonté du Christ, à ses successeurs sur ce même siège épiscopal les hautes Tonifiions qu'il exerçait '.

La vocation du premier parmi Jes apôtres et les héritiers de son pouvoir, est exprimée dans les paroles brèves et précises du divin fondateur de l'Église : " Fais mes agneaux, pais mes brebis ", Pierre, le pauvre pêcheur, revêtu d'une céleste dignité, marche à la tête de l'Église pour resserrer les liens de son unité. Ceux auxquels passe la garde de son petit troupeau romain, les évéqucs de Rome, si humble que soit leur place dans l'histoire publique, si minime que semble d'abord leur importance, ont cependant à accomplir la même tâche pour la défense de l'unité et pour la garde de l'œuvre entière laissée par le Christ Le plus haut pouvoir spirituel est entre leurs mains. La primatie de l'Eglise universelle est pour toujours unie à l'épiscopat de la ville de Rome. 11 est indispensable à l'existence de l'empire de l'Église visible voulu par le Christ, à l'unité de tous les fidèles dans la foi et dans le culte, qu'il y ait une tête pour empêcher la fondation de s'effondrer dans les tempêtes du temps. C'est aux évêques de Rome aussi bien qu'à Pierre que s'adresse la promesse du Christ, qui s'étend à toutes les époques : " Tu es Pierre, et sur cette pierre Je bfttirai mon Église et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle "; et de même de l'autre parole sur les clefs du céleste empire remises par le Sauveur aux mains de Pierre et sur le pouvoir de lier et de délier; paroles connues et célébrées à travers tous les siècles et répétées par toutes les langues fidèles partout où la connaissance de l'Évangile a pu pénétrer.

Mais la primatie n'atteignit pas du premier coup dans l'histoire de l'Eglise son parfait développement extérieur.

C'est une loi générale que l'Église n'a développé que peu à peu, dans la suite des siècles, les forces et les institutions déposées dans son sein. I^ primatie subit cette loi commune de l'évolution à laquelle se conforme ici-bas tout oi^nisme vivant, soit dans l'ordre naturel, soit dans l'ordre surnaturel ".

Ce n'était qu'en germe que reposait dans la dignité des évêques de Rome, des successeurs de Pierre, le parfait développement qu'atteindra dans la suite des temps leur juridi6lion spirituelle sur toute l'Église. Il n'y avait point de formule pour déterminer dans le détail la plénitude de leur pouvoir. Nul regard humain ne pouvait esquisser à l'avance un prc^ramme à t'infîniment riche faculté de développement de l'Église et de son gouvernement En règle, les

'Cf. C. A. Kntllet, Pe/rus, Bischof von sione primorum roman. ppiitificum {Komat,

nom, au 1. XXVI (1903) de la Ztitschrift \ 1897).

fur katkol. Théologie, pages 33 et suiv., I 'C{.Vio\&a%tx,Kircke und KircluH{}livfi-

125 el suiv.; (Cardinal Segna), De sueces- \ chen, 1861), p. 3' " suiv.

Page 1