VIII. — Les papes et le nestorianisme
221. Les controverses pélagiennes agitaient encore l'Occident que l'Orient enfantait une nouvelle hérésie à combattre, celle des nestoriens. Nouvelle et lourde tAche pour le primat de Rome ; car ces luttes furent l'occasion de discussions presque infinies sur la christologie, de relations tendues entre les deux églises grecque et latine, de mesures rigoureuses du siège de Pierre contre le patriarche d'Orient.
Ces dangers perpétuels auxquels le dogme était expo.sé ont pour nous quelque chose d'étrange. Ce fut une suite de la manière arbitraire et quelque peu déréglée dont on traitait le contenu de la foi, en Orient surtout où on se livrait à ces études avec une dialectique et une philosophie trop étroites. Quand les temps des grandes persécutions furent passés, la curiosité se porta vers l'examen du trésor de la doctrine traditionnelle. Alors commencèrent ce développement et cette exposition des dogmes, féconds sous bien des rapports. La vocation de l'Église exigeait qu'il en fût ainsi, pour répondre dans la suite des temps aux légitimes questions de la raison naturelle et croyante. Mais ce grand travail fut entravé par des systèmes d'erreurs qui se succédaient avec ténacité et qui, sous l'impulsion des passions humaines, engendraient des luttes douloureuses. Simples controverses d'école, ces discussions n'auraient point prêté matière à des craintes sérieuses; mais en s'attaquant à un point du dc^me, les systèmes s'attaquaient à tout l'édifice doélrinal du christianisme. Les écoles se transformaient en des seftes furieuses. La défaite des hérésies se présentait chaque fois comme une question de vie ou de mort pour l'Église et pour l'unité dont la tête est à Rome.
On ne saurait croire l'intérêt que prenaient à toutes ces doftrines qui se succédaient toutes les couches de la société chrétienne en Orient, depuis la cour, l'évêché et le clergé jusqu'aux plus basses classes du peuple. Dans cette passion pour les questions dogmatiques, les controverses sur l'unité de peisonne et la dualité de nature dans le Christ entraînaient tout comme dans an tourbillon. On aurait dît que les puissances ennemies de l'enfer ne pouvaient souffrir de voir le monde malheureux arraché aux folies du paganisme. Le peuple chrétien courait risque, par la déformation, la volatilisation presque du dc^^c chrétien, de retomber dans le vide spirituel du planisme et dans l'abaissement moral d'antan.
Cependant cette période de troubles et de tentations passe aussi. Des évéques éclairés, à la suite du prince des apôtres, se confient en Dieu pour faire traverser aux peuples le danger. Ils les conduisent au seuil des temps où les nations nouvelles Jouissent des bienfaits de la religion et croissent joyeusement sur le terrain de l'Église sans discuter sur les dermes et sans mettre en danger l'unité de l'Église par l'attachement obstiné à des do<5lrines particulières.
A cette époque le développement do6lrinal était en grande partie accompli, grâce aux travaux passés; les combats contre l'hérésie y avaient largement contribué. Les nombreux conciles, la brillante série des Pères de l'Église envoyés par la Providence, la vigilance et l'énergie des pasteurs suprêmes à
P' .13> Vi se n]]\e à la reconstitution de Ro- [ tra» au moyen dge, p. 33, 416 et >uiv., pL 3J hault de Fleury; Rohault de Fleury, Zf Zji~ \ k 35.