‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 92 sur 165 · VIII. LES pape:s et le nestorianismel · texte numérisé non relu

VIII. LES pape:s et le nestorianismel

Le principal objet de cette première session fut la reconnaissance dogmatique de la dignité de Marie comme vraie mère de Dieu. Nestorius et sa sefte furent condamnés conformément au jugement du pape. " Pressés par les canons, disent les Pères du concile, et suivant la lettre de notre très saint père et collègue Célestin, nous avons procédé au jugement de Nestorius " '.

Quand peu après arrivèrent à Éphèse les légats du pape, on renouvela le jugement sur leur demande, en relisant et confirmant les débats et la condam* nation antérieurs, sous leur présidence et celle de Cyrille. Les trois légats agirent ici, suivant ta formule répétée dans les aiEles, comme " exécuteurs de la décision pontificale". C'était aussi le titre qu'ils portaient dans leurs pouvoirs".

Dans la même session les légats portèrent à la connaissance du concile une lettre du pape pleine de dignité. Il recommandait au concile de défendre la paix de l'Eglise, sur le fondement de la vraie foi. La levure s'en fit en latin, puis dans une traduction grecque. A la fin de la lettre, il était dit en termes explicites que la cause de l'hérésie avait été déjà tranchée et que les légats devaient simplement constater l'adhésion des Pères à la sentence portée 3.

L'assemblée solennelle du concile accueillit avec des exclamations de joie la leélure de la lettre pontificale : " Voilà le juste jugement! Grâces à Célestin, le nouveau Paul ; grâces à Cyrille, le nouveau Paul ; grâces au vigilant gardien de la foi, Célestin ! 4 "

Plus tard l'archevêque de Césarée en Cappadoce Firmus fit entre autres cette déclaration : " Le saint siège apostolique de l'évêque Célestin nous a transmis par ses lettres sa décision et ses prescriptions dans le cas aftuel. Nous nous y sommes conformés et les avons exécutées s."

Puis le prêtre romain Philippe se leva; c'était, semble-t-il, le plus habile des trois légats, et peut-être avait-il reçu des instructions spéciales. Ce simple prêtre tint aux vénérables évéques un discours qui était comme l'exorde de sa souscription et de celle de ses colégats aux décisions du concile. Ce qu'il dit du primat, qu'il représentait, donne à l'orateur une grandeur particulière, bien que par la consécration il ne fût que le moindre membre de l'assemblée. C'est un fait d'une véritable importance historique que de voir au sein d'un concile œcuménique exposer avec cette simplicité et cette confiance par la bouche du prêtre latin l'ofHce de l'évêque de Rome comme suprême gardien de la foi et pierre angulaire de l'unité ecclésiastique.

" Personne ne doute, dit Philippe au début de son discours, c'est une vérité connue de toutes les époques, que les clefs du royaume du ciel et le pouvoir de lier et de délier ont été confiés par Notre-Seigneur et Rédempteur au bienheureux Pierre, prince et chef des apôtres, colonne de la foi, fondement de l'Église catholique. Pierre n'a cessé et ne cessera de vivre en ses successeurs et il exerce par eux sa juridiftion. Notre Saint Père Célestin, qui tient actuellement sa place nous a envoyés à cette assemblée ecclésiastique pour le remplacer " *.

xal rjUiiTaupToQ KEXt«-:ivou (Mansi, t. IV, p. laii).

' Cf. par ex. le discours d'Arcadius (Mansi, t IV, p. 1Î98) ; Auius lugotii executores,

3Mansi, t. IV, p. 1*83; JafTé-Kaltenbrunner, n. 379.

*Mansi, i. IV,p. 1287; Hefele, t. Il, p. 199

Or. fr.,t. II, p. 378)-

' Mansi, t. IV, p. 1288 ; ... i)iûçi>v (lie pour

'Mansi, t. IV, pag. 1295 ; Bealiitimut Feirus, apostolorum pHnceps et caput ...

in suis sueeessoriâus vivi/ tt iudicium

308 LIVRE J.CH. VI. ÉVÊQUES KOMAINS JUSQU'A LA FIN DE L'EMPIKE. [N" 224

Après l'exposition et la reconnaissance de la procédure canonique, Philippe déclare avec le concile Nestorius déposé ; déclaration que font aussi les deux évêques, ses colégats. Dans les souscriptions des a6tes de cette seconde session les trois occidentaux Philippe, Arcadius et Projet ont encore la préséance avec Cyrille d'Alexandrie.

Ce ne fut qu'en mars 432, après de longues luttes et soufTranccs que firent subir à l'Église les partisans et amis de Nestorius comme Jean d'Antioche et l'inexplicable attitude de la cour impériale, que Célcstin eut enfin la satisfaction de voir et de féliciter sur le siège de Constant inople, à la place de Nestorius, un archevêque catholique Maximien',

224. Son successeur. Sixte III, fit les derniers pas dans l'œuvre de la pacification. En même tenrtps que, dans ses encycliques comme dans ses lettres particulières, il manifestait sa ferme résolution d'exécuter les décisions de Célestin et des pères d'Ephèse, il se montrait plein de bienveillance à offrir au patriarche d'Antioche, Jean, aux évêques de son parti et au clergé de l'école d'Antioche le retour sans difficultés ultérieures à la communion de l'Église, à la seule condition d'adhérer loyalement et sans réserve au jugement intervenu. Conformément au.K traditions de son siège, il alla fort loin dans les manifestations d'une véritable douceur et d'une paternelle bienveillance, si loin qu'on lui a reproché de n'avoir pas donné son plein consentement à la déposition de Nestorius. Il est vrai que ses lettres et celles de Cyrille démentent cette accusation ". Mais son inclination à la grande douceur vis-à-vis des pélagîens laisse croire que dans cette affaire aussi, il accusa fortement un désir de la paix qui déplut aux amis du pape précédent : il en arrive d'ailleurs bien souvent ainsi aux changements de pontificat

Grâce à l'inlassable aftivité de Cyrille, on finit par réussir auprès des doéteurs d'Antioche. Sixte avait convoqué dans la basilique de Satnt-Pierre au Vatican une assemblée d'évêqucs pour le premier anniversaire de son exaltation au trône pontifical ; il eut la joie de communiquer aux assistants la nouvelle de la paix qu'il venait de recevoir de Cyrille d' A lexandrie. " Ce succès, écrivait plus tard Sixte dans sa lettre de remerciement au patriarche, a été un cadeau que nous a fait S. Pierre, pendant que nous étions assemblés près de son tombeau. Cet apôtre a chez nous la présidence. Il a souffert avec nous des attaques dirigées par l'erreur contre la profession de foi qui lui avait été confiée. C'est lui qui nous a conduits à la vifloire " 3. Et au patriarche réconcilié d'Antioche, à l'ancien ami de Nestorius, il écrivait : " Le prince des apôtres conserve fidèlement par ses successeurs le dépôt qu'il a reçu du Christ. Puissent tous lui rester fidèlement unis, garder sa foi simple et sûre! C'est une foi qui ne souffre aucune contradiction, aucune hésitation, aucun doute, dans laquelle nous devons nous abimer d'esprit et de cœur pour l'embrasser toujours mieux "*.

Jean d'Antioche et son parti déclaraient accepter de nouveau comme jadis pour Marie le qualificatif de mère de Dieu ; ce nom avait vaincu l'hérésie et préparé à l'Église un triomphe définitif

'A Maximien, Mansi, t. V, p. 169; JafFe- 1 >Mansi, t. V, p. 371; Jaffé-Kalienbninner,

fCaltenbrunner, n. 387 ;cf, 385, 386,388; He- ! n. 391.

fele, t. Il, p. 249 'ir. fr. t. Il, p. 429). | ^ tieatus Pelrus in sucetssoriius sutsguoJ

'Lettre du pape à Cyrille 5iir Jean ; Mansi, itccepil hoc Iraitidit. Mansi, t. V, p. 379; t. V, p. 37s; Jaffé-Kallenbrimner, o. 38^. JalK-Kallenbninner, n. 392.

No 225.]

vin. LES PAPES ET LE NESTORIANISME.

225. Comme l'expression catholique "d'essence égale" avait soulevé la controverse arienne sur les rapports du divin fils au Père, ce fut le nom de Marie comme mère de Dieu (Theotokos) qui fut le centre des débats nestoriens. Conserver cette expression était la seule garantie que l'on acceptât dans le sens de l'Église l'union dans la personne du Christ de la nature humaine et de la nature divine. La vifloire remportée sur le nestorianisme eut pour effet de donner un puissant développement au respefl et à la vénération que l'Église témoignait à la Sainte Vierge Marie. L'Orient et l'Occident rivalisèrent de zèle dans l'exaltation de l'élue du genre humain qui avait pu nommer le Sauveur son fils.

La conviftion commune de la chrétienté, ses nobles sentiments de reconnaissance et de louange pour Marte, sont admirablement exprimés dans un discours tenu par Cyrille à l'époque même du concile d'Éphèse. C'est comme un commentaire donné par l'Orient au monument de Rome. Le premier champion de la doélrîne de l'Eglise s'écrie avec enthousia'^me ; " Salut, Marie, mère de Dieu, trésor du monde digne de tout honneur, lumière inextinguible, couronne brillante de la virginité, temple indestru6lible, mère et vierge tout ensemble : de toi est né celui dont l'Évangile a dit: Béni celui qui vient au nom du Seigneur! Salut donc à toi qui dans ton sein de Vierge as porté l'Infîni, à toi par qui honneur et adoration sont rendus à la très sainte Trinîtél... Qui pourra jamais te louer dignement'?"

Le siège apostolique ne resta pas en arrière dans les honneurs à rendre à la Sainte Mère de Dieu. C'est à Rome notamment que fut construite par le pape Silvestre, dans le voisinage du temple de Vesta sur le Forum, la plus ancienne église de la Vierge que l'on connaisse. C'est S. Maria antlqua, aujourd'hui Sainte-Marie Libératrice, dont il a été question plus haut".

Mais après la victoire dogmatique du concile d'Éphèse, il ne tarda pas à s'élever à Rome un autre glorieux monument d'honneur à Marie, qui s'est aussi conservé jusqu'à nos jours.

Quand, peu après le concile œcuménique, Sixte III reconstruisit presque de fond en comble la basilique élevée sur l'Esquilin par Libère, il la dédia à la Mère de Dieu et la décora de mosaïi|ues magnifiques tirées de l'histoire de Marie et de l'enfance de Jésus. C'est Sainte-Maric-Majeure, la plus insigne église de Marie qui soit au monde. Les mosaïques de l'arc triomphal qui y termine la majestueuse forêt des colonnes en marbre de Paros de la nef est un souvenir du triomphe de la foi sur l'erreur nestorienne, et de l'accroissement d'honneur qu'en reçut Marie. Le monument est ainsi en quelque sorte le pendant, mais avec des proportions bien plus considérables, de l'inscription dogmatique de Sixte III au baptistère du Latran, dans laquelle nous avons reconnu un souvenir de la défaite du pélaglanisme 3.

Nous avons là en même temps la plus importante manifestation à Rome

' Hom 4 inier riiversas (Migne, /'. Gr., t. LXXVII, col. 1029). L'homélie a été dile i Éplièse, rfuranl le concile. C'est le plus célèbre sermon mariai <le l'aniiquitL'. (B»rdenhewer, Palrologie, p. 339; tr. fr., t. 11, 1899, p. 226).

' De Roisi {Bull. arch. ciist., 1891. p. 54) tenait encore Sainte-Marie Majeure pour la plus ancienne église de Notre-Dame, à date , après celle d'Éphèse. Cependant,

après ce que nous avons dit p. toi et s., il faut convenir de l'antiquité plus grande de Sainte- Marie Libératrice.

^ La dédicace eut lieu le 5 août, date à laquelle on a depuis toujours fêté la liedicatio S. Maricu, qu'ime légende accréditée pîus tard fait appeler Dedicatio S. Mariai ad nives. Cf. ci-dessus p. 160, n. i le Jugement de la congrégation instituée par Benoît XIV,

No 2250 VIII. LES PAPES ET LE NESTORIANISME. 311

de l'art de la mosaïque au V* siècle. Les figures ont encore tout le caraftère traditionnel de l'art romain. Elles accusent par leurs formes vigoureuses et puissantes le même degré d'art que les sculptures à peu près contemporaines des grandioses portes de Sainte-Sabine sur l'Aventîn '.

L'arc triomphal de l'église de Sainte-Marie de l'Esquilîn porte à son sommet en lettres d'or : " l'évêque Sixte au peuple de Dieu " '. Au-dessus parait le trône de Dieu entouré des figures symboliques des évangélistes et des apôtres Pierre et Paul.

Les mosaïques historiques commencent sur la surface gauche. Le premier tableau, reproduit ici en photf^raphie (fig. 82)3, nous montre la Sainte Viei^e, richement vêtue et assise sur un trône avec un haut marchepied, tandis que l'ange, planant comme une victoire classique, lui apporte d'en haut le message de l'incarnation du Fils de Dieu. L'Esprit Saint en forme de colombe descend sur Marie. Deux anges, ailés suivant l'usage, lui font en quelque sorte cortège et se tiennent respeflueusement derrière elle. En même temps deux autres anges viennent annoncer à S. Joseph que "celui qui est né d'elle est du Saint-Esprit ". L'autre ange qui semble parler à Marie, ou bien n'est là que pour relier les deux scènes, ou bien figure l'ange de l'annonciation que l'on voit plus haut planant et qui est arrivé. Cette compénétration de scènes n'était pas étrangère à l'art romain de l'époque. Nous en avons ici un autre exemple dans toute la partie de droite qui se relie à la scène de S. Joseph. La maison derrière le saint, avec son architeélure monumentale, a l'apparence d'un oratoire. Les tentures de l'entrée sont relevées et laissent apercevoir à l'intérieur une lampe. A ce bâtiment, suivant les lois de l'harmonie fort en vogue alors, en correspond un autre de l'autre côté, tout ouvert, décoré d'un écusson classique, pour remplir l'espace vide sous le fronton triangulaire.

La mosaïque de droite nous montre l'histoire de la présentation de l'enfant divin au Temple.On en trouvera ici pour la première fois une reproduiElion photographique donnant les personnages dans une grandeur convenable (fig. 83)4. Marie, accomp^née de deux anges, entre dans un temple figuré par des colonnes et des arcs. Elle est richement habillée comme dans le tableau précédent Une croix d'or sur le nimbe de l'enfant indique sa plus éminente dignité. Au moment oîi parait la mère de Dieu, Siméon se détache du groupe des prêtres et des autres assistants et s'empresse à sa rencontre d'un pas juvénile. Il veut recevoir l'enfant sur ses mains qu'il avance, recouvertes du pallium en signe de respeét, et il se prépare à prédire que le fils de Marie sera le divin Sauveur de toutes les nations. Visiblement ce sujet a été choisi parce qu'il a trait à l'éminente dignité de, Marie comme mère du divin Sauveur. L'espace entre Siméon

' Figures d.ins de Rossi, Musaiei sec. V; 1 à sa gauche une matrone plus simplement Garrucci, ArU crist., pi. 211 et sui». Cf. Du- | vêiue; derrière les mages la ville de Beth-

cii.t.%nt, lÀber poniif., t. 1, p. 235. Sur le style des portes de Sainie-Sabine compare à celui des mosaïques de Sainte-Marie Majeure, cf.

mes Analfila romana, I. I, p. 4^0, 454.

•XYSTVS EPISCOPVS PLEBI DEI.

* Photographie du Comm. Carlo Tenerani. Sous l'anuon dation, l'adoration par les mages de l'enfant divin assis sur un grand Irdne : à sa droite Marie en habit de gala.

< Photographie du Comm. Carlo Tenerani.

Qu'on considère iciet sur la mosaïque précédente l'excellente fadlure des vêtements antiques, et notamment les deux prêtres juifs dans une sorte de iacerjta, attachée sur la poitrine par une grande fîbula. Les autres mosaïques de la basilique représentent de la même façon les prêtres juifs.

No 225-] VIII. LES PAPES ET LE NESTORIANISME. 3T3

et Marie est rempli par des figures intermédiaires : Anne la prophétesse, le bras levé pour proclamer la divinité du Christ, et S, Joseph, accompagné d'un ange à l'arrière plan et apparaissant ici comme révélateur du mystère '.

En suivant à droite on trouve une scène de la fuite en Egypte empruntée non aux Évangiles, mais aux apocryphes, et dans laquelle la divinité de l'enfant est magnifiée en présence de la mère par deux païens ; un prince et un philosophe. Au-dessous est l'audience donnée par Hérode aux trois mages d'Orient. En dépit du rôle qu'il joue, le perfide roi a la tétc entourée d'un nimbe qui, suivant la mode antique, est le signe de sa dignité terrestre. Marie au contraire dans toutes ces scènes n'a point le nimbe qui dislingue les anges et le divin enfant.

La suite des tableaux se retrouve à gauche de l'arc C'est la représentation originale et grandiose de l'adoration du Christ par les mages, qui se trouve sur notre fig. 82 au-dessous de la première scène. Le Sauveur enfant est surun trône ample et majestueux tout orné de pierres précieuses qui signifie sa dignité divine. A droite sur un trône moins élevé sa mère tout heureuse nous apparaît sous un aspeft princier. Derrière son fils quatre anges qui le servent et au milieu d'eux l'étoile. Deux des mages, en costumes orientaux et chaînés de leurs offrandes, viennent de la droite où est figurée Bethléem. Le troisième mage se trouvait primitivement à gauche; la partie de la mosaïque où il était a disparu. A gauche du Christ, sur un trône, se trouve une figure qui sert soit à boucher un vide soit à relier les personnages. Elle était réclamée par les lois de l'harmonie dans l'art de l'époque pour faire pendant à la Vierge et rappelle les suivantes des princesses ou une personne attachée à l'enfant. S. Joseph n'est point figuré ici ; peut-être se trouvait-il à côté du mage disparu.

La dernière scène de ce côté : le massacre des innocents de Bethléem et l'assemblée des mères exprimant leur douleur avec la dignité classique, ne manque pis d'un certain rapport à la divinité du Christ; puisque c'est sa qualité divine qui rend impuissante contre lui la méchanceté terrestre, et que c'est à titre de mère de Dieu que Marie ne peut partager le sort des mères de Bethléem.

Au fond de l'arc on aperçoit des deux côtés les représentations ordinaires de Jérusalem et de Bethléem avec les brebis. Sous l'archivolte richement ornée .se trouve le monc^ramme du Christ avec l'A et l'ii, qui présente une autre forme que celui du pape Sirice sur la colonne de la basilique de Saint-Paul ^

L'absence sur ces mosaïques historiques de la nativité du Christ doit être due à un motif particulier. La basilique, scion toute vraisemblance, possédait dès l'époque de Sixte IIl cette imitation de la crtxhe de Bethléem qui lui fit donner au siècle suivant, d'après une inscription encore conservée, le nom de S. Marie ad praesepe. Cette chapelle de la crèche à proximité du maltre-autel rendait inutile et hors de propos une représentation analogue sur la mosaïques.

' Sur notre reprodu^ion il manque une partie de la scène à droite et à gauche. On peut y suppléer par la fig, a de la pi. 2iï de Garrucci. A gauche se trouve un des deux anges qui accompagnent Marie, et il droite une iigure en pied et quatre lêies du groupe qui est derrière Siméon. Plus loin à droite un temple devant lequel un ange est tout ce qui reste d'une scène aujourd'hui effa-

ce ; peut être l'ange invitait-il Joseph à fuir en Egypte.

'On ne saurait adopter les résultats chronologiques aui^quels sont arrivés MM. Taylor et Richter dans leur nouvel ouvrage sur les mosaïques de .S** Marie Majeure.

' Grisar, Antickilà e signi/icalo délia denominazione S. Maria ad Profsefe, dans la Civiltà eattolica, 1895, t. IV, p. 470 et suiv.

314 LIVRE I. CH. Vi. ÉVÈQUES ROMAINS JUSQU'A LA FIN DE L'EMPIRE. [N" 22&

Au contraire Sixte fit décorer la face intérieure du mur d'entrée de sa basilique d'une peinture en n)o;>alque avec une grande figure de Marie entourée de martyrs, et en dessous il plaça l'inscription métrique de dédicace de toute l'œuvre. Cette poésie, en forme de discours à la Mère de Dteu, proclamait que Sixte avait voulu consacrer i la Sainte Vierge un nouveau monument qui fût digne d'elle : " O Mère, qui n'as pas connu l'homme, tes entrailles fécondes sans atteinte de ta virginité nous ont enfanté le salut. Voici que les martyrs, témoins du fruit de tes entrailles, te portent leurs couronnes, et chacun foule aux pieds les instruments de son supplice, fer, feu, bêtes féroces, eau ou poison cruel : mille genres de mort qu'une seule couronne récompense "■.

Page 1