IX. — Condition domestique de la papauté
226. Il suffit d'un regard jeté sur le siècle d'histoire de la papauté de Jules I" à Sixte 1 1 1, que nous venons d'esquisser brièvement, pour constater que presque tous les papes appartiennent à Rome ou à son territoire.
C'est que l'éleftion pontificale était avant tout l'afle par lequel l'église de Rome choisissait son évéque; il était naturel que les Romains désignassent régulièrement un membre de leur clergé; et c'était surtout de Rome qu'étaient originaires la plupart des clercs de la ville et des environs. Après Damase, auquel on attribue une origine espagnole, le Liber pontificalis nomme comme Romains Sîrice et Anastase I" aussi bien que les prédécesseurs de Damase, Silvestre, Marc, Jules et Libère. Innocent I<^, nalione albanensis, était natif d'Albanum Caesaris, c'est-à-dire d'Albano dans la campagne romaine, ville qui se trouvait en plein développement Soii successeur Zosime est un précurseur isolé des Grecs qui plus tard s'assiéront beaucoup plus souvent sur le trône pontifical. Boniface I" et Sixte III sont Romains, Céleslin I" est désigné comme Campanus^
Si on poursuit cette enquête on trouve au V"^ siècle : Léon le Grand, /«itwj; Hilaire, sardus; Stmplicius, tiburtinus; Félix III, romanus; GéiAse,a/er; Anastase 1\, romartus et Symmaque, sardus. Quand ce dernier vint de Sardaigne, longtemps centre de paganisme, à Rome, il n'était pas baptisé et ce fut dans la ville qu'il reçut le sacrement 3.
On ne voit pas que les éleélions pontificales aient été troublées par des rivalités nationales ou par des jalousies provinciales; mais souvent d'autres mobiles, l'ambition et la soif du pouvoir, firent surgir des prétendants qui à la tête de faélions suscitaient de redoutables déchirements.
C'est ainsi que Damase vit son pontificat troublé, et non pas seulement dans ses débuts, par les revendications de l'évêque Ursin et de son parti appartenant
■ et le texte de la poésie au t. 1 de mes AttaUna^ p. 77. Les ligures des martyrs, dont la présence est aitesi^e par ces vers, se trouvaient vraisemblablement sur la paroi intérieure, à côt^ de Marie, et non pas, sui' vant l'hypothèse de Mgr Ducfaesne, sur les murs latéraux entre les fenétr
valent guère former de longues files. Je suppose qu'ils étaient au nombre de cinq ayant chacun à ses pieds le symbole de son %w* de mort : ferrtim, fiantma, ftrat, fiuvius saevufnque ■vemnum. Le sixième et dentier personnage aurait été Sixte 111, le coDsëcmteur de l'Église.
!. Ils présentaient leurs couronnes à i 'Cf. A. Harnack, Ueber die Herkunft dtr
Marie {HH praemia portant}; s'ils s'étaient ; 48 (47) irsUn Papiie (Berlin, 1904. E»"
trouvés sur deux rangées dans la nef cen- i trait des Siliungibrrichte de l'Académie de
traie, ils seraient partis du maître-autel, ce Berlin).
qui est inadmissible. En outre ils ne pou- \ ' Duchesne, Liàer icnlif., I. I, p. 263, «. i-