‹ Historie de Rome et des papes au moyen ageChapitre 99 sur 165 · X LE PAPE LÉON I LE GRAND · texte numérisé non relu

X LE PAPE LÉON I LE GRAND

reposent, dit-il, "sur les canons établis par les saints Pères eux-mêmes " '. La primauté a sa source dans " l'institution divine " '. C'est en vertu de cette puissance suprême, dit-il finalement au métropolitain de Thessalonique, que nous t'avons " appelé à partager notre sollicitude et non à exercer la plénitude de notre autorité", faisant allusion aux pouvoirs particuliers qu'il lui a confiés en l'instituant vicaire apostolique pour l'Illyricum orientais.

234. De l'Illyricum oriental passons au patriarcat de Constantînople. Nous le trouvons aux temps de Léon le Grand, au moins depuis 449, dans une extrême fermentation. La tempête qui agite Byzance va battre de ses flots les autres patriarcats et fait sentir son contrecoup jusque dans l'Occident.

Ce n'est pas le lieu d'exposer l'origine et les progrès de l'hérésie monophysite d'Eutychès. De ce même siège de Constantinople auquel les erreurs de Nestorîus l'avaient obligé de renoncer, les monophysites poursuivaient la lutte contre la christoiogîe catholique, mais en sens inverse. L'archimandrite Eutychès ne disait point comme Nestorîus qu'il faut séparer dans le Christ l'élément divin et l'élément humain. Il disait au contraire, ce qui était une égale négation du dogme fondamental du christianisme : Le divin et l'humain sont tellement liés, tellement mêlés dans le Christ, que nous sommes en présence d'une seule nature, une nature mixte, dans laquelle l'élément humain s'est absorbé dans le divin 4.

Quand l'archevêque de Constantinople, Flavien, mit au ban de l'Église l'auteur de cette fausse doArine, à cause de son obstination, celui-ci se plaignit au pape Léon. 11 demanda également au fameux Pierre Chrysologue de Ravenne d'interposer sa médiation; Pierre Chr^'sologue exhorta Eutychès à écouter la voix du pape, lui promettant une solution sdre et tranquillisante : car, dit-il, "S. Pierre qui sur sa chaire enseigne et gouverne communique la vérité à qui la cherche " s.

La vérité, Léon la proclama en effet, après un long examen, dans sa magnifique " épître dogmatique à Flavien " *,

Il y expose, à grands traits, avec cette richesse et ce bonheur d'expressions qui lui sont propres, sur le double fondement de la Sainte Écriture et de la tradition, le dc^me de l'incarnation et de la personne du Christ. La nouvelle doflrine de la nature mixte, déjà largement répandue, était frappée à la tête et avec elle les autres déformations postérieures de la christolc^îe. Par avance, la déclaration pontificale atteignait la doftrine des futurs monothélitcs sur l'unique aélivité théandrique, l'unique volonté dans le Christ.

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