‹ Historie des CroisadesChapitre 4 sur 9 · QUATRIÈME CROISADE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME CROISADE

Saladin n'avait pas divisé en mourant ses vastes États entre ses douze fils. (1) Cette puissance qui, réunie en faisceau dans sa main, avait anéanti les armées de l'Occident, se trouva en proie au désordre et à la* confusion, lorsque tous ces peuples qui obéissaient à un maître despotique, se sentirent libres du joug. Les fils du sultan, qui, suivant la politique arabe, avaient vécu éloignés du gouvernement, des affaires et du théâtre de la guerre, se trouvèrent sans partisans et sans autorité. L'un d'eux se fit proclamer sultan de l'Égypte, tandis que les autres se partageaient la Mésopotamie. Malek-Adel, frère de Saladin, s'empara de la Perse. Les émirs profitant du désordre, devinrent les souverains des villes confiées à leur garde ; mais il n'y avait plus entre ces divers maîtres l'unité qui fait les grandes choses et les grands empi-

(1) L bistorien arabe Albouseda prétend que Saladin laissa dix-sept fils et une fille.

res. Tout ce vaste royaume, fondé par le puissant Saladin, penchait à sa ruine. Un seul de ses enfants, proclamé sultan de Damas, Afhdal, semblait avoir conservé quelque chose de la puissance de son père, mais bientôt il abandonna les rênes de son empire à un visir qui en devint le tyran, (1) tandis que le jeune prince se livrait à la débauche dans ses palais. Les émirs se révoltèrent, demandant le renvoi du ministre, mais Afhdal licencia l'armée et chassa les émirs mécontents. La discorde, la confusion régnaient donc à Damas, lorsque la présence d'Asiz sultan du Caire vint l'augmenter encore : ce prince avait résolu de s'emparer de la capitale de son frère, du fils ainé de Saladin, mais la victoire se déclara pour Afhdal. Les émirs insurgés rentrèrent dans l'obéissance et tournèrent leurs armes contre le sultan de l'Egypte qui fut poursuivi jusque dans sa capitale,

Malek-Adel sut profiter de ces guerres intestines pour augmenter sa puissance, et bientôt il se vit le maître de Damas et de toute la Syrie, au nom de son neveu, qui de nouveau avait porté ses armes contre le sultan Afhdal. La victoire couronna son usurpation.

Les chrétiens auraient pu profiter du trouble causé par la mort de Saladin et des révolutions qui en furent la suite, pour agrandir leurs États et faire d'utiles conquêtes, mais Henri de Champagne, abandonné de ses alliés, n'avait pas de forces suffisantes pour reprendre son royaume et arracher la ville sainte aux infidèles. La discorde avait répandu son venin dans cette pauvre armée : les chevaliers du Temple et de l'Hôpi-

(1) Ce visir se nommait Nars-AUah surnommé Dbia-Eddin, il était frire de l'historien arabe lbn-Alatir.

tel, divisés par la jalousie et par des rivalités de prérogatives et de possessions, se faisaient entre eux une guerre acharnée que le roi et les barons ne pouvaient apaiser ; (1) le pape seul eut assez d'empire pour amener la paix.

Affaiblis par le départ de leurs alliés de France et d'Angleterre, les chrétiens d'Orient n'osaient plus solliciter les secours des princes de l'Europe, de peur de s'exposer à la vengeance des musulmans, en rompant la trêve conclue avec Saladin. L'Europe oubliait la Terre-Sainte qui avait englouti ses meilleurs soldats. Les malheurs des chrétiens de Palestine n'excitaient ni intérêt ni pitié, et l'Occident n'était plus enthousiaste de ces guerres lointaines, où s'anéantissaient ses armées pour la défense d'un royaume rempli de divisions.

Le pape Célestin III tenta vainement d'enflammer le zélé des chrétiens en préchant une nouvelle croisade, qui annonçait la mort de Saladin comme un grand événement pour la chétienté. Mais les princes et les peuples restèrent sourds à la voix du souverain pontife. Richard et Philippe se redoutaient mutuellement. Richard craignant sans cesse la guerre civile de la part de ces Saxons opprimés par la noblesse féodale ; de la part aussi de ces seigneurs qui, fortifiés dans leurs châteaux, où ils jouaient le rôle de souverain, n'attendaient qu'un signal pour lever l'étendard de la révolte, Richard, dis-je, refusa d'entreprendre un nouveau pèlerinage. Philippe de France, de son

(1) Mathieu Pari» dit que les ordres religieux du temple et de saint Jean possédaient des richesses immenses, des filles et même des provinces, c'était là la cause de leurs discordes.

côté, prétexta les devoirs de la royauté et la nécessité de sa présence dans un grand royaume comme celui que Dieu lui avait confié.

L'Allemagne seule avait à venger les désastres et la ruine des armées de Frédéric Barberousse. Célestinlll conçut l'espoir de ranimer l'enthousiasme et de déterminer l'empereur Henri VI à une nouvelle guerre sainte, et bien que ce prince fût encore excommunié, le saintpère lui envoya une ambassade que l'empereur reçut avec de grands honneurs.

Ce prince pensait qu'une nouvelle croisade favoriserait ses projets ambitieux sur la Sicile où une guerre de succession venait d'éclater , il rêvait l'asservissement de toutes les républiques d'Italie. Et sur leurs ruines il voulait élever un empire florissant.

Henri convoqua donc la diète générale à Worms (1). Là il prêcha lui-même la croisade. Son éloquence et surtout la vue d'un empereur excitant son peuple à la guerre sainte, réveillèrent l'enthousiasme des Allemands; l'empereur prit la croix le premier, et un grand nombre de seigneurs suivirent son exemple; tout ce que l'Allemagne renfermait de princes et de guerriers, s'arma pour aller conquérir Jérusalem. Henri VI devait conduire son armée en Orient; mais cédant aux sollicitations de ses courtisans qui lui rappelaient ses projets ambitieux, il résolut de rester en Europe où le retenaient de plus graves intérêts. Alors, à la tète de quarante mille hommes, ce prince se dirigea sur la Sicile : deux autres corps d'armée commandés, l'un par le duc de Saxe et le duc de Brabant, l'autre par

(1) Elle eut lieu le jour de «aint André 4495.

l'archevêque de Mayence et Walwred de Limbourg, marchèrent sur la Palestine. Le duc de Saxe s'embarqua dans un des ports de la Flandre ; l'archevêque de Mayence prit la route de terre pour gagner la Syrie* en traversant le Bosphore à Constantinople. Le duc Henri de Saxe qui arriva le premier en Syrie songea d'abord à rompre la trêve faite avec les Sarrasins- Mais les chrétiens d'Orient qui avaient tout à craindre, et de la vengeance de leurs ennemis et de la légèreté de leurs alliés qui, pleins de zèle les premiers jours, abandonnaient leur sainte cause au moindre revers, s'opposèrent à cette rupture. Les Allemands les accusèrent d'oublier dans de honteux loisirs les intérêts si sacrés de laPalestine,et refusèrent de se livrer au plaisir, lorsqu'ils étaient venus pour combattre. Les princes du royaume d'Orient souffraient avec peine les injures, et regrettaient le concours de guerriers dont ils n'avaient pas sollicité l'intervention ; ils ajoutaient qu'ayant fait dans la guerre précédente leurs preuves de courage, les soupçons de timidité ne pouvaient atteindre leur sage politique. La discorde éclata de nouveau entre les chrétiens ( 1 ).

Les Allemands repoussèrent ces sages avis et ravagèrent le territoire musulman. Alors tous ces peuples désunis par la guerre intestine des émirs et des fils de Saladin, formèrent une ligue terrible contre les chrétiens. Malek-Adel s'avança à la tête d'une armée formidable, et porta le siège devant Jaffa. Les croisés de Ptolémaïs se préparaient à voler au secours de leurs frères, lorsque la mort de Henri de Champagne

(4) Voir pour ces dissensions Bernard le trésorier, et Jacques de Vitry.

qui tomba d'une fenêtre de son palais, vint retarder leur départ. On apprit peu de temps après que Jaffa avait été prise d'assaut, et que vingt mille chrétiens avaient péri par le glaive, après une défense héroïque. La seconde armée allemande arriva environ un mois après ce désastre. La confiance dans la valeur des chrétiens fut si grande, que Ton résolut d'eiîacer par une victoire, la défaite de Jaffa; chefs et soldats brûlaient d'une même soif de vengeance. L'armée marcha sur Beyrouth où étaient renfermés les prisonniers chrétiens et les dépouilles des villes conquises. La flotte génoise força l'entrée du port et s'empara des galères sarrasines. Bientôt après, les croisés envahirent la ville qu'ils trouvèrent regorgeant de provisions de toutes sortes, et des dépouilles des vaincus. Dix mille hommes furent rendus à la liberté et demandèrent des armes pour venger les malheurs de leur captivité (I).

Malek-Adel de retour à Jaffa, rencontra les croisés entre Tyr et Tripoli; le signal du combat est donné aussitôt par les trompettes des deux camps. La cavalerie musulmane se précipite rapide comme le vent sur l'infanterie chrétienne , sans pouvoir pénétrer dans ses ran^s, tandis que les archers syriens font pleuvoir sur les chrétiens une grêle de traits. Cependant les chevaliers allemands se précipitent dans la mêlée, et les Sarrasins sentent s'appesantir sur eux les coups redoublés de leurs longues épées et de leurs haches d'armes. L'acharnement était tel, que les blessés des deux armées se battaient à terre, les uns armés de tronçons d'épées,. les autres de poignards :

(1) Cornerins Hermtfn donne de curieoi détails sur la prise de Byroutb*

longtemps la victoire resta incertaine; mais les Sarrasins qui avaient perdu le plus grand nombre de leurs émirs et les meilleures troupes de l'armée, écrasées sous les pieds de la pesante cavalerie tlamande, se mirent en déroute; Malek-Adel, blessé par un guerrier franc, ne dut son salut qu'à la vi tesse de son cheval.

Toutes les villes de la côte de Syrie, Tyr, Sidon, Sarepta, les châteaux de Gibel et de Lièche, tombèrent au pouvoir des vainqueurs. La joie, l'espérance revinrent dans tous les cœurs abattus par de continuelles défaites.

Cependant Henri VI, vainqueur des Siciliens, songeait à envoyer une troisième armée au secours des chrétiens de la Palestine ; dans une lettre aux grands de son royaume, il promettait de payer pendant une année, la solde de cinquante mille hommes, et de donner trente onces d'or à tous ceux qui resteraient en Orient pendant tout le temps de la croisade (1). Ces promesses eurent pour résultât d'attirer sous ses drapeaux un grand nombre de chevaliers et de soldats. L'évèque de Hildesheim fut le chef de cette expédition. Avec un si puissant renfort de troupes fraîches et valeureuses que ne] pouvaient tenter les croisés? Il fut question d'aller assiéger Jérusalem, mais les approches de l'hiver, la crainte de compromettre l'armée dans ce pays éloigné de toute commu- . nication, le souvenir des misères qu'avaient souvent endurées les chrétiens, lorsqu'ils s'aventuraient dans l'intérieur du pays, firent remettre ce projet à l'année suivante.

(1) Godefroy le moine, dans «es annales, donne le teite de la lettre de Henri a ses barons.

Cependant on résolut de pousser le siège de Thoron, forteresse bâtie sur les sommets inaccessibles du Liban par un des compagnons de Baudouin, le second roi de Jérusalem. Les musulmans l'occupaient, et Jours fréquentes incursions dans le pays reconquis par les croisés interceptaient les communications des villes. L'entreprise était difficile, car le château bâti sur un rocher était imprenable. Cependant l'ardeur des croisés ne fut pas ralentie par les difficultés que présentait l'opération, et après six mois de siège et de blocus, on amena les assiégés à demander une capitulation. Les chrétiens avaient creusé dans le roc un souterrain qui conduisait jusqu'au pied de la forteresse. Des plénipotentiaires musulmans vinrent au camp ennemi, offrir de rendre la place et tontes les richesses qu'elle contenait. De grands débats s'élevèrent à ce sujet; les uns acceptaient le traité de paix, les autres ne voulaient devoir qu'à leurs armes cette difficile conquête (1). Cependant la majorité des seigneurs fut de l'avis de la capitulation, et les députés de Thoron se retiraient accompagnés de chevaliers chrétiens, lorsque ceux-ci leur firent concevoir des doutes sur la sincérité des croisés et les effrayèrent en leur disant : « Si vous rendez la forteresse les chrétiens vous feront prisonniers ou vous tueront. Sauvez donc votre' vie. » Alors au lieu de se confier à la générosité de leurs ennemis, les assiégés résolurent de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. On apprit bientôt que Malek-Adel et le sultan du Caire accouraient à leur secours ; les chrétiens, frappés d'une

0) Voir Arnold Lubeck pour les détail*

terreur panique, abandonnèrent le siège d'une forterésse à demi vaincue, et se retirèrent en désordre jusque dans Tyr. Les chefs avaient quitté le camp pendant la nuit ; les soldats effrayés de cet abandon, jetèrent leurs armes, et prirent la fuite devant un ennemi imaginaire. Les blessés, les bagages devinrent la proie de ceux-là qui, quelques jours auparavant, demandaient merci. Cette honteuse retraite raviva les haines ; les soldats refusaient d'obéir à leurs chefs qui les avaient abandonnés au moment du péril; d'autres les accusaient de s'être laissé séduire par les promesses de Malek-Adel. Ce fut surtout les Templiers qu'atteignirent ces accusations, et Othon de Saint-Biaise, le chroniqueur, ajoute que Malek-Adel paya la somme promise en or faux (t), dont ces traîtres à la sainte cause ne purent profiter.

L'armée de Malek-Adel s'avançait cependant, espérant profiter de ce désordre pour vaincre les croisés. Une grande bataille fut livrée aux environs de Jaffa ;

(1) Nec tamen de pretio taliler acquisito aliquod émolument uni consecuti sunt, sicut nec Judas ex triginla argenteis, si quidem pretio corrupti, corruptum à paganis aurum métallo sopkistico, auro in superficie colorato receperunu

{Chronique d'Othon de Saint-Biaise.

les ducs de Souabe et de Saxe furent tués au plus fort de la mêlée ; les Allemands perdirent l'élite de leurs troupes, mais la victoire leur resta. Ce succès ne parvint pas à apaiser les discordes qui existaient entre les chrétiens d'Orient et d'Occident (1).

Cependant le royaume de Jérusalem gouverné par une femme, était toujours un vain nom; Isabelle, épouse de Henri de Champagne, qui avait déjà, par sa naissance, donné trois rois à la ville sainte, épousa en quatrième noces Amaury, successeur de Guy de Lusignan dans le royaume de Chypre. Ce prince vint à Ptolémaïs où fut célébré son mariage. Pendant les fêtes qui le suivirent, arriva en Orient la nouvelle de la mort de Henri VI ; les seigneurs teutons retournèrent en Occident où les rappelaient le trépas de Vempereur et les événements. Ils abandonnèrent la croisade aux forces des chrétiens de l'Orient et de quelques chevaliers français venus à la suite du comte de Montfort au secours de l'Église de Jérusalem. La reine de Hongrie qui avait pris la croix avec ses soldats, resta aussi pour accomplir le vœu qu'elle avait fait de mourir pour la cause de Jésus- Christ. Le comte de Montfort supplia en vain les princes teutons de rester avec eux en Orient, en vain il leur montra les lettres du pape qui les exhortait à terminer l'œuvre entreprise. Les Allemands n'écoutèrent rien et retournèrent dans leur patrie, laissant toutefois une nombreuse garnison dans Jaffa qui leur appartenait. Mais le 11 novembre 1198, jour de la Saint-Martin, tandis que les soldats teutons célébraient, par des li-

(1) OUion de Saiot-Blaise cité plus haut parait croire que le* Templier* avaient reçu de l'argent des musulmans pour dire échouer les chrétiens.

bâtions, la fête du patron de l'Allemagne, Malek-Adel pénétra dans la ville et vingt mille chrétiens furent passés au fil de l'épée.

La guerre désormais était impossible : les villes conquises restaient bien au pouvoir des chrétiens; mais, abandonnées à la merci des musulmans par le départ de ceux qui devaient les défendre, le peu d'habitants qu'elles conservaient, fuyaient bientôt la cité déserte pour se réunir aux chrétiens de Ptolémaîs. De leur côté les princes musulmans désiraient la paix pour étouffer les factions sans cesse renaissantes : le comte de Montfort proposa une trêve de trois ans qui fut acceptée avec empressement par les Sarrasins.

Ainsi se termina cette quatrième croisade. Les chrétiens, partis pour délivrer Jérusalem, remportèrent de grandes victoires, mais sans arriver au but rêvé, et dont, une fois arrivés en Palestine, les croisés euxmêmes semblaient ne plus se souvenir. Singulier spectacle, que celui d'un empereur frappé de l'anathème, qui, cependant, du sein de ses États, conserve le titre de chef de la croisade et la dirige ! Henri VI l'avait entreprise, il faut le dire, plus dans son intérêt que dans celui de la religion. En effet, il employa une partie des troupes levées au nom de Dieu, pour le triomphe de la religion et la délivrance de la Terre-Sainte, à désoler et asservir un pays sur lequel il n'avait d'autres droits que ceux que lui donna la victoire (1). Les résultats de cette croisade furent sans fruit pour le royaume de Palestine, car si les croisés reprirent aux musul-

(I) N cétas dans son histoire raconte les cruautés inventées par Henri. Le fils de Tancrèdc privé delà vue et enchaîné : les filles du roi de Sicile prisonnières. Sa mort fut considérée comme un bienfait.

mans les villes du littoral et les forteresses de la Syrie, ils les laissèrent, à peine conquises, sans défenseurs, et ouvertes à leurs premiers possesseurs. Cet abandon inattendu des Teutons jeta les chrétiens d'Orient dans de grandes alarmes, et leur ôta tout courage et tout espoir. Ils n'avaient, contre les Sarrasins, d'autre protection que la foi jurée, et le serment fait sur le Coran, de maintenir la trêve conclue; mais les musulmans n'avaient-ils pas intérêt à rompre ce traité, barrière opposée à leurs envahissements et à leur gloire ? Une telle pensée glaçait d'effroi cette poignée de croisés voués à la mort. Ils résolurent donc de solliciter, une fois encore, l'appui des chrétiens de l'Occident. Mais les vaisseaux qu'ils envoyèrent en Europe firent naufrage, et, avec eux, la dernière espérance des soldats de la Croix. Car, ni leurs prières, ni le récit de leurs misères ne parvinrent aux pieds du souverain pontife, père de tous les chrétiens. Les pèlerins, échappés aux tempêtes, racontaient bien les malheurs de l'armée chrétienne, mais sans soulever ces transports de fureur, sans exciter cet enthousiasme qui, pendant les premières croisades , avaient jeté sur l'Orient cette effrayante multitude de soldats. Tous ces nobles sentiments étaient éteints, et le nom de Jérusalem, la ville sainte, la ville où Dieu fait homme avait racheté les péchés des autres hommes, ne réveillait plus les transports des temps passés.

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