‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 140 sur 303 · Ps. Lxviii, 8-9. Au verset 18, lisez : ""roD Hl ""J-îX · texte numérisé non relu

Ps. Lxviii, 8-9. Au verset 18, lisez : ""roD Hl ""J-îX

4. Hab., III, 3. Gf. Ps. Lxxvii, 17 et suiv., passage qui paraît imité de Habacuc.

avoir une Thora de lahvé, on la lui fît révéler du Sinaï ou du Horeb. Dès l'époque reculée où nous sommes, c'est-à-dire dès la visite qu'Israël fit à la montagne de Dieu, le peuple crut-il entendre quelque enseignement? Mosé profita-t-il de la circonstance pour inculquer certains préceptes? Le peu de place que tiendraient ces préceptes dans la vie d'Israël, durant les six ou sept cents ans qui suivirent, porte à croire qu'ils n'ont jamais réellement existé. Il paraît probable du moins que le peuple quitta la montagne sainte, plein de terreur et persuadé qu'un dieu très puissant habitait sur ces cimes. Il y eut sans doute des sacrifices et des cippes érigés K II y eut surtout un éclatant souvenir. Le peuple avait réellement vu le dieu de la montagne sainte. Cette vision, comme un éclair, l'avait frappé d'amaurose. Sur le fond de sa rétine enflammée, il y eut comme une aurore boréale, dont la vision l'obséda. Pas un des morceaux de vieille poésie hébraïque qui ne débute par cette impression persistante. L'image maîtresse qui domina la conscience d'Israël fut la vision du Sinaï.

Toujours l'homme primitif a logé les dieux sur

i. Cf. Exode, XVII, 15-16.

les montagnes, dans les neiges éternelles. Ces sommets non foulés laissaient le champ libre au mystère. On pouvait croire que les mœses (sortes de fées) demeuraient sur le Parnasse, que Zeus tenait sa cour sur l'Olympe, quand les sommets de ces montagnes n'avaient pas été explorés ^ Mais, du moment que l'ascension en fut faite, on vit bien que les immortels n'y étaient pas.

lahvé, comme les autres dieux, habita sur la plus haute montagne de la région vouée à son culte. Le Sinaï prêtait merveilleusement à ce rôle de montagne divine, pour des tribus roulant à l'ouest de l'Egypte, dans le nord de l'Arabie et au sud de la Palestine. Dans la Palestine moyenne, on aurait pu songer aux montagnes du Hauran, dont l'aspect volcanique est si frappant. Ce sont, en effet, les montagnes du Hauran que le poète suppose jalouses de la préférence accordée par lahvé à la petite colline de Sion^. Dans le nord de la Palestine, c'est sûrement l'Hermon qui eût été choisi. Ce superbe cône isolé, toujours strié de neige, et le plus élevé de la Syrie, semblait

1. L'antiquité et le moyen âge n'avaient pas le goût des modernes pour les ascensions de montagnes. La première ascension du mont Blanc est de 1788.

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