‹ Historie du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 190 sur 303 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DEVELOPPEMENT DU lAHVEISME MATERIALISTE.

Ce qui changea le plus profondément par la conquête Israélite de la Palestine, ce fut la situation du dieu lahvé. L'adoption de ce dieu par les Beni-Israël datait, nous l'avons vu, des plus anciens enseignements qu'Israël avait reçus à Our- Gasdim, ou plutôt dans le Paddan-Aram. Mais, dans l'ancien élohisme patriarcal, un tel nom ne pouvait arriver à une grande fortune. L'auteur du Livre de Job, qui veut rendre l'idéal théologique de cet âge primitif, évite d'employer le nom de lahvé. Un des anciens récits bibliques se l'interdit jusqu'à Moïse.

Nous avons vu la conscience particulière d'Israël commencer à la sortie d'Egypte. L'individualisme national veut un dieu particulier. A partir de ce mo-

menl, lahvé est le dieu protecteur d'Israël, engagé à lui donner raison, même quand il a tort. Une victoire d'Israël est une victoire de lahvé ; les guerres d'Israël sont des guerres de lahvé \ Les faveurs grâce auxquelles on s'imaginait qu'Israël avait traversé le désert furent des faveurs de lahvé. lahvé, en un mot, est exactement en Israël ce que Camos est en Moab. Jephté admet parfaitement que Camos a donné Moab aux Moabites, comme lahvé a donné Chanaan aux Israélites ^ C'est un dieu national, identifié avec la nation, victorieux avec elle, vaincu avec elle^ C'est en quelque sorte le double, le génie personnifié de la nation, IV5prit de la nation, dans le sens que les sauvages donnent au mot esprit. Il est facile de voir à quel point une pareille idée est l'antipode du point de départ d'Israël et de son point d'arrivée : à l'origine, les élohim sans individualisation, se fondant plus ou moins en un Élohim, maître unique de l'univers ; au terme, le Dieu unique des chrétiens, créateur et juge de l'univers.

Dans le désert, lahvé n'est encore qu'un dieu de

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