I Sam., XVIII
!2. Juges, XI, 24, légère confusion.
3. Cantique deDéhora, morceau essentiellement iahvéiste (Juges, v). Voir ci-après, p. 309 et suiv.
nomade, un dieu sans terre, ne disposant en propre d'aucun canton. Maintenant il a conquis une terre ; cette terre, il Ta donnée à ses serviteurs. Il s'agit bien de savoir s'il est juste ou non; il favorise Israël, cela suffît. Israël est déjà presque une nation; il en a les défauts. L'essence d'une nation est de croire que le monde entier existe pour elle, que Dieu n'est occupé que d'elle. Tant que dura l'esprit du vieil élohisme, ce dangereux nom de lahvé n'eut pas de conséquence. El et lahvé furent deux espèces de synonymes, qu'on employait indifféremment \ Mais tout fut changé, quand lahvé devint un dieu local, patriote, national. Dès lors il fut féroce. Ce nouveau lahvé n'est plus l'antique source de la force et de la vie dans le monde. C'est un poHtique massacreur, un dieu qui favorise une petite tribu per fas et nefas. Tous les crimes vont être commandés au nom de lahvé.
Une telle évolution est bien dans la nature des choses, et nous l'avons vue se passer de nos jours. L'Allemagne, par la haute philosophie sortie de ses entrailles, par la voix de ses hommes de génie, avait proclamé mieux qu'aucune autre race le caractère absolu, impersonnel, suprême, de la Divinité. Or,