Abraham, Gédéon
n'a presque rien d'un dieu moral. Il choisit certain peuple; il aime certains hommes; ses préférences ne s'expliquent pas. Il est fort inférieur aux antiques élohim. Si l'on compare l'état religieux des Jacobélites ou Isaacites nomades à celui des tribus israélites vers le temps où nous sommes, l'abaissement est extrême. Il faudra des siècles de progrès pour que lahvé aime le bien, haïsse le mal, devienne le Dieu universel. Fions-nous au génie d'Israël, aux souvenirs persistants de l'âge patriarcal, et à l'action latente des pieux exemples de Pater-Or charnus. Fions-nous surtout à l'humanité, qui atteint toujours son but, transforme puissamment ce qu'elle aime, et finit, à force de frapper dans le vide, par tirer, de ll'aveugle urim et tummim, quelque parcelle de justice et de vérité.