Juges, XVIII
buer. Elle donnait de la notoriété au lieu où elle était; mais elle n'éteignait pas les concurrences que d'autres localités lui faisaient au nom de leurs intérêts particuliers. Nous verronsManassé, Galaad, Dan, se créer des lieux où l'on pouvait consulter lahvé, dans les formes établies pour cela. Des éphods individuels s'établissaient et obtenaient le plus grand succès. Pour un œil sagace, cependant, l'arche était bien le centre de la nation et le point générateur du monothéisme. L'arche israélite était une chose unique par essence. Il ne vint jamais à la pensée de personne qu'on pût créer une seconde arche. Même quand Jérusalem eut accaparé l'arche, le royaume d'Israël se fit d'autres sanctuaires, mais non une arche particulière. Le talisman qu'on appelait nehustan était unique et le plus sûr héritage de Mosé; l'arche, évidemment, était considérée aussi comme remontant à Mosé. A ce titre, elle ne pouvait avoir de double, privilège que n'avait pas l'éphod.
Le personnel de l'arche devait se borner à quelques lévis, habiles à manier l'éphod. Les sacrifices continuaient à être faits par les chefs de famille, sur des autels de pierre et de gazon improvisés*.
\. Juges, II, 5; xxi, 2 et suiv. ; Livre de l'alliance, Exode, xx, 24, 26.
On faisait ces sacrifices à peu près partout, selon les circonstances. Les hauts -lieux des anciens habitants étaient de préférence ceux où les Israélites offraient leurs sacrifices \ La contagion des sanctuaires chananéens surtout était extrêmement forte. On adorait les Baal et les Aséra des diverses localités ^ Le mauvais culte moabite de Baal- Phégor, sorte de priapisme, séduisait les moins purs^ Le Baal-Berith de Sichem était presque aussi respecté des Israélites que leur propre Iahvé\ Le nom de Baal qu'affectionnaient les peuples chananéens pour désigner leur Dieu n'inspirait à cette époque aucune répulsion. Dans une même famille, on trouvait Baal et lahvé employés aussi souvent l'un que l'autre, comme composants des noms propres \
Les nabis en Israël, à cette époque reculée, avaient peu d'importance. Vurim et le tummim leur créaient une trop forte rivalité. Le désarroi religieux était, on peut le dire, aussi complet que possible. Quelques individualités prophétiques