Juges, VIII, 3i
et la légitimité dynastique en Israël; d'une autre part, la fusion des Chananéens et des Israélites en une seule race. Mais le culte de lahvé, à aucune époque, n'inclina vers la royauté ^ Le système des sofetim, sortant de la foule par une désignation populaire équivalant à un choix de lahvé, était bien plus conforme à l'esprit de ce culte. A toutes les sollicitations que l'on fit auprès de Gédéon pour obtenir de lui qu'il acceptât le titre de roi héréditaire d'Israël, il paraît qu'il répondit inflexiblement : « C'est lahvé qui règne sur vous. )) Peut-être aperçut-il à temps les difficultés qui se révélèrent trop tard au malheureux Saûl. Il semble que, sur ce point, le texte du livre des Juges n'ait pas voulu que nous y vissions bien clair. L'idée de théocrate exalté qu'il prête à Gédéon répond mal à la grossièreté extrême que celui-ci porta dans son nouveau culte. Le iahvéisme de Gédéon semble, en effet, avoir surtout consisté dans les pratiques superstitieuses de l'éphod; or ces pratiques n'avaient pas grand chose à faire avec les principes sévères de puritains et de théocrates qui auraient dès lors juré haine à la royauté.
Gédéon n'était ni au-dessus ni au-dessous des