Fait de Mésa, II Rois, m, 27. Comp. Diod. Sic, XX, xiv
de telles monstruosités étaient condamnées, et, chez les nomades, elles durent être extrêmement rares. Parmi les pratiques païennes que Job réprouve, les sacrifices humains ne figurent pas, sans doute parce que, dans son monde, ce mal n'existait guère. En tout cas, l'effort civilisateur des prophètes Israélites réussit, dès une époque fort ancienne, à faire substituer au rite sanglant l'inoffensive offrande des premiers-nés du troupeau. Un rachat, mal expliqué, représenta la primitive immolation de (( ce qui ouvre la matrice y>\ Le Dieu d'Abraham eut toujours pour caractère d'avoir une forte aversion pour les sacrifices humains. Les horribles sacrifices d'enfants, qui furent la honte du vir siècle avant J. -G., demeurèrent inconnus, ce semble, à la tente patriarcale.
Les civilisateurs cherchaient déjà, par des pratiques bien entendues, à étendre la culture, à restreindre la barbarie. Il s'agissait de faire l'éducation du corps en même temps que celle de l'âme. Une des causes de saleté physique et morale était
1. Livre de l'alliance, Exode, xxii, 28. Comp. le passage élohiste Exode, xiii,l-2, 10 et suiv. L'expression nn3:.*n (verset 1-2) est l'expression qu'on emploie partout ailleurs pour exprimer l'acte de faire passer par le feu les enfants en l'honneur de Moloch. Voy. II Rois, xii, 3; Gesen., Thcs., p. 985.
l'habitude de manger des charognes, des bêtes malsaines. La distinction des animaux purs et impurs est très ancienne, bien que la liste des animaux défendus n'ait été dressée que bien plus tard et ait varié*. Le porc, très sujet en Orient à la trichinose, figura tout d'abord parmi les viandes les plus mal notées. Une prescription que suivaient tous les gens qui avaient la crainte du mal était de ne pas boire de sang et d'éviter de manger de la viande non saignée ^ Le sang était considéré comme l'élément constitutif de la personne. C'était un principe que (( l'âme est dans le sang y> ; si bien que, s'assimiler le sang d'un être, c'était l'absorber, le manger lui-même.
Parmi les observances qui, sous le couvert des religions sémitiques, ont fait le tour du monde, et qui paraissent remonter à la période térachite, il faut placer, à ce qu'il semble, la circoncision. Le système constant du narrateur élohiste est de faire remonter la circoncision aux temps anté-mosaïques^et sa raison pour cela a été probablement l'observation juste que la plupart des peuples