Gen., xxxiv, 24 et suiv
3. n est remarquable qu'on n*a jamais désigné en hébreu l'incirconcisparla négation delà circoncision, blDJ'Nb, par exemple.
4. wh^y figure déjà comme nom outrageux des Philistins, dans un chant authentique du temps de David (II Sam., i, 20).
pas de lames de métal. On crut longtemps que le couteau de silex était de rigueur dans l'opération, et Ton continua de s'en servir, même après la diffusion des métaux . On oublia surtout la raison originelle de l'opération. Des races qui n'en avaient physiologiquement nul besoin s'y assujettirent, et y virent une initiation religieuse, une purification. La circoncision, en un mot, de précaution utile en certains cas, devint une pratique censée bonne pour tous, puis une pratique obligatoire pour tous. Rien de plus ordinaire dans l'histoire des religions. Une prescription qui a eu sa cause locale et individuelle devient, dès qu'elle est sacrée, une prescription universelle; on la conserve dans des climats et chez des peuples qui n'en ont nul besoin.
L'islamisme aggrava l'erreur du judaïsme. Une coutume, indiquée pour quelques races de l'Orient autrement conformées que nous, se répandit chez des races pour lesquelles elle avait plus d'inconvénients que d'avantages. L'idée que les peuples non soumis à cette opération offraient un caractère d'impureté et qu'il fallait éviter tout commerce avec eux fut surtout fâcheuse ; elle porta les juifs à des actes d'intolérance tout h fait cho-
i. Exode, IV, 25; Josué, v, 2 et suiv. ; Hérodote, II, 86. En Abyssinie, cet usage dure encore. Ludolf, Hist. œth., I, 21.
quanls*, dont on se vengea par des plaisanteries. Ils avaient fait une injure de lougus^; on leur rendit en injure Fépithète de curtm.
L'adoption de cet usage par les Israélites peut donc être considérée comme une très grande faute historique. La circoncision fut, dans la vie religieuse d'Israël, un acte contradictoire à sa vocation et qui faillit lui faire manquer sa fonction providentielle. Les rigoristes l'exploitèrent dans le sens de la séquestration absolue. Quand le génie de la propagande et le rêve d'une religion universelle pour le genre humain devinrent l'idée dominante d'Israël, la circoncision fut l'obstacle capital. Elle fut sur le point de tout faire échouer. Si saint Paul ne l'eût point emporté dans sa lutte contre Jacques, le christianisme, c'est-à-dire le judaïsme universaliste, n'aurait eu aucun avenir.
Comme tous les peuples primitifs presque sans exception^ les Hébreux croyaient à une sorte de dédoublement delà personne, aune ombre, figure pâle et vide, qui, après la mort, descendait sous
1 . Circoncisions forcées du temps des Asmonéens ; idée que les alliés d'Israël doivent être circoncis. Cf. Sanchouiathon <Orelli), p. 36.