Cf. Jos., Ant., XV, I
gèrent grand'chose à ce qui se passait en Judée. Antipater et Hérode, toujours amis du vainqueur, obtinrent des avancements de tous les régimes. Mais le peuple souffraithorriblement.Cassius exigea de la Judée un tribut de guerre de sept cents talents, dont cent devaient être versés par la Galilée. Hérode réussit le premier à réunir la somme à laquelle sa province était taxée. Les autres rentrées se firent mal. On fut réduit à vendre comme esclaves les épimélètes chargés de recueillir la contribution; quatre villes incapables de payer furent condamnées à la servitude; c'étaient Gophna, Emmaus, Lydda et Thamna. Pour calmer le mécontentement de Cassius, Ilyrcan supplia Antipater de payer cent talents qui manquaient, de ses propres deniers. Hérode, en retour, fut nommé préfet de Cœlésyrie. Cassius lui promit de le faire reconnaître roi de Syrie, quand il aurait terminé la guerre contre les triumvirs.
Antipater, sur ces entrefaites, fut empoisonné dans des circonstancesqui ne purent être éclaircies. Dès cette époque, Hérode, déjà marié à Doris, Juive qui lui donna un fils nommé Antipater, était fiancé à Mariamme*, fille d'Alexandre et d'Alexandra fille
1. La forme Mapix{*vy) est une faute. Mixptâ{i.pi.T) est une grécisa- Uon de Mariam ou Marie.
de Hyrcan le grand-prêtre . Cette alliance, qui l'unissait à la famille royale déchue, servait pour le moment singulièrement sa fortune. On verra plus tard qu'elle fut l'origine de tous ses crimes. Antigone, vers ce temps, excita un soulèvement avec l'appui de Ptolémée fils de Mennée, et de Marion, tyran de Tyr. Hérode le défit, et des couronnes furent décernées au vainqueur par Hyrcan et par le peuple de Jérusalem. Hérode ne put empêcher toutefois que Marion ne s'emparât de certaines portions du territoire galiléen*.
La bataille de Philippes (42 av. J.-C.) fournit à Hérode l'occasion de changer de parti encore une fois. l\ aima Octave et Marc-Antoine, autant qu'il avait aimé les Pompéiens et Cassius. Antoine, à partir de la bataille de Philippes, fut en quelque sorte empereur d'Orient. Son système fut de nommer des rois ou tétrarques, dans les différentes provinces, pour la perception des impôts-, la seule chose, à vrai dire, qui lui importât. Dès son passage en Bithynie, une ambassade juive vint lui porter une accusation formelle contre Phasael
i. Jos., Ant., XIV, XII, 3,5.
2. 'EttI (po'pct; âpa Tera^ftivciî. Appieu, C/f., V, 75; Dion Cassius, XLIX, 32 ; Plutarque, Antoine, 36. Le titre (rèiîi{AE"Ar,TVî (Jos., Ant., XIV, VIII, 1, 3), ménager, fermier, intendant; le pays est une ferme dont les revenus seuls importent.
et Hérode. Mais déjà ropinion d'Antoine était faite ; il avait reçu d'Hérode de somptueux cadeaux. A Éphèse, démarche de Hyrcan qui lui demande la liberté des Juifs qui avaient été vendus par Cassius et la restitution des territoires pris par Marion. Antoine y consentit, en faisant remarquer la différence de ses procédés avec ceux de Cassius\ A Daphné, près d'Antioche, nouvelle ambassade des Juifs, à laquelle Antoine répond ironiquement en conférant le titre de tétrarque à Phasaël et à Hérode, et en les chargeant par un décret en forme de Tadministration de la Judée. A Tyr, encore une ambassade juive, qui finit par un massacre. Tout ce que le parti juif faisait pour arrêter Hérode ne servait qu'à avancer sa fortune. n était l'homme nécessaire d'Antoine; il sera roi. La « vie inimitable » ' coûtait très cher aux provinces% et les pourvoyeurs en étaient très bien payés.
Après une année donnée en Egypte à sa « vie inimitable », Antoine revint en Italie, où il se partagea le monde avec Octave, et créa de nombreux