Jos., AnL, XIV, xiu, 3; B. /., I, xiii
de rétablir Antigone. Pacore marchait par l'intérieur des terres, le satrape Barzapharne suivait la côte; Antigone s'avançait avec eux. Le gros de l'armée s'arrêta à Acre. Un parti juif, favorable à Antigone, se forma autour du Garmel et se porta sur Jérusalem. Le peuple se mit avec eux, et une lutte des plus vives s'engagea dans l'intérieur de la ville. Le peuple prit le temple ; Hérode et Phasaël ne gardèrent que le palais et les murailles. La fête de la Pentecôte, amenant des foules considérables à Jérusalem, compliquait les choses. Le détachement de cavalerie parthe qui soutenait Antigone était à portée. Sous prétexte de maintenir l'ordre, Antigone les fit entrer et entra avec eux. C'était en réalité prendre possession de la ville.
Hérode et Phasaël n'osèrent engager la bataille. Phasaël, ayant avec lui le grand-prêtre Hyrcan, fut pris dans un guet-apens. Hérode s'échappa, réussit h gagner Massada, à l'orient de la mer Morte, y déposa sa famille et ses soldats les plus fidèles, puis, après une tentative infructueuse pour entraîner les Nabatéens de Pétra, gagna l'Egypte, vit CléopAtre, et, après diverses aventures, aborda enfin en Italie.
Pendant ce temps, les Parthes intronisaient
Antigone * et pillaient Jérusalem et les environs, sans doute pour se payer de l'argent qu' Antigone leur avait promis. Quant aux cinq cents femmes, elles étaient parties avec Hérode ; il n'y fallait plus songer*. Antigone s'installa en vrai roi juif sous le nom de Mattathiah. Les Parthes lui livrèrent Phasaël et Hyrcan. Phasaël essaya de se tuer, et Antigone l'y aida, en faisant, dit-on, soigner avec des médicaments empoisonnés les plaies qu'il s'était faites. Voulant cumuler, selon l'ancien type asmonéen,le sacerdoce etlaroyauté, Antigone fit mutiler Hyrcan d'une façon qui l'empêchait de remplir ses fonctions à l'aulel; puis on envoya le malheureux vieillard en Parthie (probablement à Ctésiphon). Antigone-Mattathiah usa de tous les droits de la royauté. Il fit une émission de monnaies bilingues, à la fois sacerdotales el royales, porLani d'un côté BA2IAEÛ2 ANTirONOr, de l'autre l'ancienne formule :
• DmnTi ")3nn "înjn pDn n^nriD^ Mattathiah, le grand-prêtre (et) le Sénat des jdifs.
1. Dion Cassius, XL VIII, 26; Georges le Syncelle, I, p. 576 et suiv.,57i),581 et suiv., renseignements indépendants de Josèphe, venant de Jules Africain et ultérieurement peut-être de Juste de Tibériade.
:2. Jos., Ant., XIV, XIII, 10.