‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 17 sur 243 · JEAN HYRCAN · texte numérisé non relu

JEAN HYRCAN

A partir de la mort d'Antiochus Sidétès, la situation de Jean Hyrcan fut totalement changée. Cette mort l'émancipait en quelque sorte, et, quoiqu'il n'eût point encore le titre de roi, lui laissait un degré de liberté qu'aucun ethnarque juif n'avait eu avant lui. La Judée, h compter de ce moment, a vraiment un souverain, travaillant uniquement en vue des intérêts juifs. Aucune armée syrienne ne viendra plus désormais rappeler durement à Jérusalem son état de vassalité. Cette vassalité restera un fait. La suzeraineté syrienne durera jusqu'il ce que commence la suzeraineté romaine. La Judée était trop petite matériellement pour échapper aux grandes hégémonies qui se disputaient le monde. Mais la folle pensée d'Épiphane ne sera reprise par personne.

Les Macchabées, malgré toutes leurs défaites, ont vaincu. L'existence indépendante du judaïsme est assurée.

Toute la Syrie, du reste, inaugurait une période d'émancipation municipale et provinciale. Les ères des villes de Phénicie et de Cœlésyrie commencent en ce temps *. Le pouvoir central des Séleucides, en s'affaiblissant, laissait aux individualités locales le moyen de s'affirmer^; de toutes parts se créaient des monnayages. Les tyrans, les dynasties'' se multiplient. C'est au travers des fissures du pouvoir grec s'écroulant que passa la liberté d'Israël. Ainsi se réalisa le phénomène qu'on n'aurait pas cru possible, d'une autonomie Israélite. Ce ne fut pas long; cela dura soixante ans, le temps qui s'écoule entre la domination grecque et la domination romaine, et l'expérience ne fut pas heureuse. La TJiora n'était pas faite pour régir un État; ce qui en devait sortir, c'était une Église, non une patrie.

1. Tyrde 120 av. J.-C; Sidon de IH; Ascalon de 104. Voir Norris, Eckhel. Jérusalem a ici une priorité : Primi omnium ex orientalibus. Voir ci-dessus, p. 5.

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