‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 174 sur 243 · ÀÙTOvc(iitav · texte numérisé non relu

ÀÙTOvc(iitav

2. Jos., Ant, XVII, XI, 1 ; B. /., II, vi, i. Concordances bizarres avec Luc, xix, 12 et suiv.

supplice pour ses sujets. Ruiner son pays pour orner les villes étrangères, voilà quel était son but ; les extorsions qui accompagnaient la perception des impôts avaient réduit tout le monde à la misère. L'orateur déclara vouloir se taire sur le chapitre des mœurs, pour ne pas porter la désolation dans les meilleures familles de Jérusalem. Archélaùs a-t-il fait quelque chose pour faire oublier ces horreurs ? Non ; il a débuté par tuer trois mille de ses sujets dans le temple. Il transforme en crime d'État l'opposition que les députés lui font. Ce qu'ils demandent, eux, c'est que, délivrés d'un tel principat et devenus une annexe de la Syrie, ils dépendent uniquement de l'administration romaine; on verra alors si leur nature est aussi révolutionnaire qu'on le dit, si plutôt ils ne sont pas les plus doux, les plus paisibles des hommes, quand on les gouverne avec modération.

Nicolas de Damas parla ensuite pour Archélaùs. Il défendit chaleureusement Ilérode des crimes qu'on lui prêtait, présenta comme une lâcheté le fait d'accuser un mort. Archélaùs n'a fait que résister.; le mal qui est arrivé, c'est eux qui en sont la cause, eux, les pires des révolutionnaires*, des séditieux, des révoltés, incapables de se figurer

ce que c'est que la loi. Pour qu'ils soient contents, il leur faut tout, et encore alors ne sont-ils pas satisfaits.

Auguste avait un profond mépris pour les Orientaux, les Grœci, comme il disait (les gens parlant grec). Le système des reges sociiluï paraissait bon pour de telles gens; il le maintint, etdécida que le dernier testament d'Hérode serait exécuté. Seulement il ne donna à Archelaûs que le titre d'cthnarque; les villes de Gaza, de Gadare, d'Hippos furent rattachées à la province de Syrie. Salomé eut Jabné, Azote, Phasaélis, le palais d'Ascalon et une somme énorme. Cette horrible femme, cause première de tous les crimes de son frère, vécut encore douze ou quatorze ans. Elle légua son immense fortune à l'impératrice Livie.

Auguste avait promis à Archélaiisde le nommer roi quand il l'aurait mérité. Ce jour n'arriva pas. Archelaûs continua les traditions de son père, dur, fastueux, cruel, bien moins intelligent et moins habile. Il fit des constructions belles et utiles du côlé de Jéricho. Son mariage avec Glaphyra, la veuve de son frère Alexandre, fit le plus mauvais effet. Au bout d'une dizaine d'années, le mécontentement contre lui devint universel. Les Juifs et les Samaritains se trouvèrent d'accord pour de-

mander à Auguste de le déposer. Auguste le fit appeler à Rome, le destitua et lui assigna comme lieu d'exil Vienne en Gaule (an 6 ap. J.-C).

Augusta se décida alors à suivre l'avis qui lui avait été donné par les députés juifs, neuf ou dix ans auparavant. Le domaine d'Archélaiis (Judée, Idumée, Samarie) fut rattaché comme une annexe à la province de Syrie, avec un gouverneur ou procurateur particulier, de l'ordre des chevaliers. Mais les députés s'étaient fait de grandes illusions sur le degré d'autonomie dont on pouvait jouir dans une pareille organisation. Les Hérodes étaient de mauvais Juifs; mais ils avaient le sentiment du judaïsme. Les Romains ne l'avaient en aucune façon. Le sens religieux leur manquait. De profonds malentendus éclatèrent tout d'abord. L'idolâtrie parut aux Juifs la base môme de l'organisation romaine. Les illusions du programme des députés autonomistes de l'an 4 avant Jésus-Christ devinrent une pure utopie. La haine du Juif contre Rome grandit chaque jour; le zélote, armé du poignard pour la défense de la Loi, est à la veille d'apparaître. Dans soixante ans, cette situation arrivera à d'épouvantables déchirements.

Le régime de la Judée, en effet, qui, à partir de Tan 44, fut celui de toute la Palestine, ne fut ni

celui d'une province romaine complète, ni celui d'une partie de province recevant directement ses ordres du légat impérial. Le procurateur de Judée dépendait sûrement du légat d'Antioche; ce n'était cependant pas un simple sous-préfet. Les gouverneurs pouvaient être ou de l'ordre consulaire, ou de Tordre prétorien, ou de Tordre équestre*. Le gouverneur de Judée, résidant à Césarée, non à Jérusalem, était un gouverneur de la classe la plus infime, comme en avaient les provinces les moins considérées. On mit d'abord dans l'exécution du pacte beaucoup de loyauté. Les Juifs offraient consciencieusement leurs sacrifices et leurs prières pour Tempereur^ Rome, de son côté, faisait sur des points importants des concessions extrêmes. Le Juif était exempt du service militaire, tandis que les Césaréens, les Sébastènes y étaient soumis et formaient d'excellents soldats^. Les monnaies de cuivre, en Judée, ne furent pas frappées à l'effigie impériale*. Les aigles et les images de Tem-

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