‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 187 sur 243 · Tr.y Twv a»T)v 6f6<tiù'* Trâpi^pov ïcçîxv. IX · texte numérisé non relu

Tr.y Twv a»T)v 6f6<tiù'* Trâpi^pov ïcçîxv. IX

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tant Dieu dans ses œuvres difficiles, gouvernant le monde avec lui*. On créa ainsi un intermédiaire dans l'abîme que le monothéisme creusait entre Dieu et le monde. « Le Fils » et « l'Esprit » seront pour le christianisme, à partir d'une certaine époque, des hypostases autrement fécondes. Une seule fois, l'auteur de la Sagesse se sert du mot Logos^\erhe, Raison, dont Philon fera un usage bien plus étendu, et qui deviendra, pour certaines branches du christianisme, la base de la théologie. La Sophia est pour notre auteur ce que le Logos sera pour Philon et la théologie chrétienne. Dépourvu, faute de mythologie, de personnalités divines distinctes les unes des autres, le monothéisme n'avait, pour développer sa sécheresse, que ces métaphores personnifiées. Ce fut un des procédés les plus anciens de la théologie sémitique^ Seul, parmi les religions sémitiques, l'islam a poussé le puritanisme jusqu'à le blâmer en face et faire son schisme sur cette base.

1. Idiotismes hébreux : Dieu a créé le inonde nCDns, c avec sagesse >, c en sagesse », < par sagesse ».

2. ô ivxvTc^iiva|io; acw Àd-yo;. xviii, 15-lG. La personnification en cet endroit n'est pas très accusée.

3. mn2?y— l"??;, '7^3— ]'7D,i-nn"'— in"?, etc. Voir mon Mém. sur Sanchoniaton, dans les Mém. de VAcad. des Inscr. et B.-L., t. X.XI11,2* partie. La Sagesse est souvent, dans l'exégèse de notre

Une pensée profonde et vraie domine tout cela : c'est rimpersonnalité de la raison. La Sagesse est une chose extérieure, qu'on reçoit; on ne la crée pas ; elle est la même pour tous les hommes *. Elle émane de Dieu, qui la donne à qui il lui plaît'; on l'a ou on ne l'a pas, sans que l'on y soit pour rien. Et, en réalité, on ne fait pas la vérité ; on la voit. Ce sage esprit a trop de bon sens pour ne pas convenir, d'un autre coté, que si la vérité se donne, on contribue aussi beaucoup à l'obtenir, par l'effort ^

Quoique les Juifs lettrés d'Alexandrie eussent tous quelque notion de philosophie grecque, nous n'avons trouvé jusqu'ici, dans leurs écrits, rien qui signalât l'entréede cette philosophie dans le champ de l'esprit hébreu. Cette entrée est maintenant claire, évidente, triomphante. Outre le mot logoSy l'auteur de la Sagesse emploie les mots pronœa (Providence)*, les noms des vertus cardinales à la façon stoïcienne ^ tous les mots par lesquels le

auteur, l'équivalent exact de l'Ange de lahvé dans une exégèse plus ancienne (x, 17, etc.), un intermédiaire entre Dieu et le monde. Voir plus bas Philon, p. 315 et suiv. \. Ch. I.

2. C'est bien rinlelicct actif des pbilosophes arabes, opposé à la réceptivité de chaque sujet.

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