Ch. XV, 8. Cf. Eccl., XII
des anciens prophètes sont un hurlement perpétuel contre l'injustice de lahvé, qui commande la vertu, lui promet toutes les récompenses et ne la récompense pas. Nous avons vu Daniel trouver la solution du problème par la résurrection. L'auteur de la Sagesse la fait résider dans la séparation substantielle de l'âme et du corps. Il n'a, sur ce point, absolument aucun doute.
Pour notre sage, le monde se partage en deux classes d'hommes, lesmatérialistes et lesidéalistes. Le raisonnement des premiers est exposé d'une manière assez spécieuse.
Notre vie est courte et triste*. Il n'y a pas de remède contre la mort, et l'on n'a pas encore connu un homme qui en ait délivré un autre du scheol. Nous naissons par hasard, et après cela nous serons comme si nous n'avions jamais existé; le souffle dans nos narines n'est qu'une vapeur, et la pensée une étincelle produite parle battement du cœur. Quand elle s'éteint, le corps devient poussière, et l'esprit se dégage comme l'air subtil. Même notre nom sera oublié avec le temps, et personne ne se souviendra de nos œuvres. Notre vie passe comme un nuage, elle s'évanouit comme un brouillard chassé par les rayons du soleil et précipité par sa chaleur. Notre vie est la fuite d'une ombre; notre fin, une fois arrivée, ne se répète plus; elle est scellée, nul ne revient. Donc, jouissons des biens réels ; hâtons-nous d'user de la création, tant <{uc nous sommes jeunes; saturons-nous devin et de parfums; cueillons vite la fleur du printemps; couronnonsnous de roses avant qu'elles se fanent; qu'il n'y ait pas de