Ch. Il, i et suiv
pré où ne passe notre luxure *; que personne ne reste en dehors de la fête; laissons partout des marques de notre plaisir; car c'est là notre part et notre lot, Opprimons lejustequi est pauvre; n'épargnons pas la veuve, ne respectons pas les cheveux hlancs des vieillards. Que notre force soit la règle du droit ; ce qui est faible est argué d'inutilité. Dressons des embûches au juste; car il nous est incommode; il est contraire à notre manière d'agir, il nous reproche nos transgressions delà Loi ; il épilogue sur nos moindres peccadilles. Il prétend avoir la connaissance de Dieu, et se nomme l'enfant du Seigneur. 11 devient pour nous et nos desseins un reproche permanent; il nous est à charge par sa seule présence; car sa vie ne ressemble pas à celle des autres; ses voies sont à part. Nous sommes estimés par lui comme de la fausse monnaie, il se tient à distance de notre chemin, comme s'il y avait là de l'ordure, c Heureuse, dit-il, la fin des justes ! > II se vante que Dieu est son père. Voyons si ses discours sont vrais; examinons bien comment il finira. Car, si le juste est fils de Dieu, Dieu sans doute prendra sa défense et le délivrera des mains de ses adversaires. Éprouvons-le par l'outrage et les tourments, afin de savoir jusqu'où va sa douceur et de mettre sa patience à l'épreuve. Condamnons-le à une mort ignominieuse; car si ce qu'il dit est vrai, il y aura bien quelqu'un pour s'occuper de lui.
Ces aveugles ne voient pas une vérité capitale ; c'est que l'homme est naturellement immortel. La mort est entrée dans le monde par la jalousie du diable; mais Dieu sauve delà mort.
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ^, aucun tourment ne les atteint. Aux yeux des insensés, ils paraissent être