‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 226 sur 243 · VoirCrcdner, Gesch. des Canons, p. IKl-liC · texte numérisé non relu

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appeler ce cercle religieux le cercle essénien. La brillante angélologie, le goût des livres secrets qu'on y remarque comme dans Hénoch sont bien des traits esséniens ; mais les traits spéciaux de l'essénisme manquent. On exagère en supposant dans la société juive contemporaine de Jésus des partis rigoureusement étiquetés, où tout doit rentrer. Il y avait des tendances très opposées, des groupes, des coteries, rien de plus; des partis, des écoles, il n'y en avait pas, dans un sens rigoureusement déterminé.

A côté des pharisiens, des sadducéens, des esséniens, des zélotes, il y eut ce qu'on peut appeler les apocalyptistes, les apocryphistes, l'école quiproduisit les livres d'IIénoch, l'Assomption de Moïse, le Psautier de Salomon, la Petite Genèse, l'Apocalypse d'Élie, tous les prophètes pseudépi graphes, animés d'un même esprit, qui est à beaucoup d'égards celui de Jésus. Ces apocalyptistes, ces apocryphistes étaient en même temps les messianistes, le parti de la fraude pieuse, du mensonge voulu et cru en même temps. A force de parler du Messie, ils le créèrent. Voilà les origines prochaines du christianisme; nous sommes ici sur le terreau où poussa Jésus. Aussi ce sont les chrétiens qui gardent cette littérature ; les Juifs orthodoxes, les pha-

risiens en laissent périr les originaux hébreux*; on ne les possède que dans les traductions. Les chrétiens mettent ces écrits dans leur canon^; ils les continuent, et, pendant deux siècles, produisent une série d'ouvrages du même genres Ceux qui les composent, ce sont justement les judéo-chrétiens, si bien que le discernement des pseudépigraphes juifs et chrétiens est souvent très difficile à faire. Les chrétiens hellénistes, comme Origène*, les ont en aversion, les laissent périr, ou même les détruisent exprès. Dans l'Église orthodoxe, ces livres, autrefois si révérés, deviennent de mauvais livres, poursuivis comme dangereux^ C'est ainsi qu'il se fait que ces écrits sont si souvent perdus en grec, qu'on ne les a qu'en latin, en syriaque, en

i. La langue des écrits palestiniens de ce temps était l'hébreu de l'Ecclésiaste, du Pirké nboth, de la Mischna. La langue parlée était l'araméen des Targums. La plupart des écrits, dès leur apparition, étaient traduits en araméen et en grec. Que la langue vulgaire fût l'araméen, c'est ce que prouvent toutes les gloses du temps (noms propres d'hommes, noms propres de lieux, mots cités, etc.).

2. Credner, Schûrer, surtout Slichométrie et Monlfaucon- Pitra, Gélase.

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