‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 25 sur 243 · Jos., Vita, I ; Ant., XX, ix, 1; Act., V · texte numérisé non relu

Jos., Vita, I ; Ant., XX, ix, 1; Act., V

en secret la vanité du culte dont il est le ministre et dont il touche de gros bénéfices. Tel était ce type éternel, que le judaïsme asmonéenfrappaavec une finesse inouïe, sous le nom de ce sadducéen ».

En un sens, les sadducéens représentaient les anciens hellénistes du temps des Antiochus. C'étaient des hommes éclairés, médiocrement patriotes, nullement fanatiques et n'aimant pas les fanatiques. Le grand-prêtre Alcimus avait été, ce semble, un personnage de ce genre.

La poussée de l'hellénisme, sous Antiochus Epiphane, avait été l'œuvre du haut clergé de Jérusalem. Un grand nombre de prêtres auraient consenti à sacrifier à Jupiter Olympien au lieu de lahvé. Plus habiles que les hellénistes, les sadducéens ne voulaient pas que Ton touchât au culte établi. Rarement, le prêtre apostat reçoit le prix de son apostasie. Il vaut mieux ne servir qu'un seul dieu. C'est par leurs habitudes de corps et d'esprit que les sadducéens étaient des hommes de civilisation, des raffinés, des gens du high llfe^, peu sympathiques aux piélistes arriérés, et, comme les modes grecques gagnaient alors le monde, les sadducéens devaient h beaucoup d'égards paraître des

1. Se rappeler \i'. graii(l-|>n''ir(! ipii iiii'llail des g^ants pour les •acrilices. Via de Jésus.

philhellènes. Mais, au l'ond, c'étaient des Juifs de la plus ancienne école, s'occupant beaucoup du présent, peu de Tau delà et de l'avenir, niant la résurrection*, les anges \ Le judaïsme a cela de particulier que, dans cette religion, c'est l'orthodoxe qui a horreur des croyances consolantes, de la superstition; ce qui le fait parfois confiner en apparence à l'incrédulité.

En somme, le sadducéen n'était pas dans le progrès religieux; il niait les dogmes en voie de se faire; sa situation était analogue à celle des vieux catholiques vis-à-vis de l'ultramontanisme toujours renchérissant sur les dogmes du passé. Le sadducéisme représente l'opposition aux nouveaux dogmes que les temps macchabaïques, surtout le livre de Daniel, avaient introduits. Les sadducéens étaient presque des libres penseurs, en tout cas des hommes peu religieux, des mondains. Leur sagesse était toute profane. Les dogmes que leur prête Josèphe sur la liberté et la providence divine^ sont des interprétations, des arrangements à la grecque. Pour eux, il n'y avait sûrement là qu'une

1. Marc, XII, 18; Malth., xxii, 23; Luc, xx, 27; Act., iv, 1-2; xxiii, 8; Jos., B. /., II, viii, \i;Ant., XVIII, i, 4.

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