Jos., B. J., II, VIII, 14; Ant., XIII, v, 9; XVIII, i
manière de réduire le surnaturel à son minimum, un procédé pour écarter Dieu.
Au fond, le sadducéen ressemblait beaucoup à l'Israélite riche et mondain de nos jours, demeurant il Paris, fréquentant peu la synagogue, vivant la plupart du temps avec des non-Juifs. Ce qu'il y a de plus difficile à observer pour les Israélites de -cette sorte, c'est la séquestration, l'espèce de clôture qui entoure la vie juive strictement pratiquée. Dans l'antiquité, la chose était encore plus sensible qu'à présent. On reconnaissait l'Israélite pieux, le hasid, à son séparatisme'. L'observation rigoureuse de la Loi l'obligeait à mener une vie absolument séparée des infidèles. La distinction des états purs et impurs amenait, même entre Israélites, des précautions extrêmement gênantes*. L'homme pieux, en Judée surtout, était essentiellement un «L homme séparé », un nibihil. Quand la langue araméenne fit des progrès considérables en Judée, au mot nibdaP se substitua le moi péris
1. À|AtÇ(«. 11 Maccli.,xiv, :{,:J8;Jos., Anl., XllI, yiii,3; Tacite, Hist. V, 5, separati epulis...
"2. Mischna, latlaïiii, iv, (» et 7 a. Comparer île nos jours les inétiialis de Syrie, excellentes popiilatioMS, absolument exclues «i«! l'Iiumaiiité par leur observance exa^'érée des servitudes Jégales.
•i. Ësdras, IX, 1 ; X, 11, 16.
oupheris, qui a le même sens. Le pharisien est le dévot juif, le Juifpratiquant; c'était tout le monde, excepté les tièdes (peu nombreux) et les hommes éclairés. Ce furent eux qui opposèrent une résistance acharnée à l'hellénisme, qui empêchèrent la domination syrienne; ils devinrent ainsi le parti national, comme le fut devenu le parti catholique, en 1870, s'il eût o: sauvé la France, au nom du Sacré Cœur ». Au fond, le pharisien, c'est le hasid du temps des Macchabées ; seulement, après la victoire, les hasidim prirent l'allure d'une bourgeoisie assise, peu riche*, mais pleine d'ordre, régulière en ses mœurs, obéissant aux préceptes religieux avec les scrupules les plus exagérés, gouvernant sa vie pratique avec la sagesse du lils de Sirach. Voulant observer la Loi tout entière, les pharisiens observaient en réalité plus que la Loi. Ils prétendaient que les prescriptions divines doivent être entendues d'après les traditions des anciens, et il en résultait de fortes additions aux obligations reçues ^ Le Talmud était en germe dans ces règles sans nombre, qui donnaient lieu à des discussions sans fin. Les sadducéens, trouvant, avec leur désin-