‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 36 sur 243 · Jos., Ant., XVIII, I, 5; iB. /., II, viii · texte numérisé non relu

Jos., Ant., XVIII, I, 5; iB. /., II, viii

d'entrer ils se couvraient le haut du corps d'un surtout de toile blanche*. Ils y pénétraient comme dans un sanctuaire, se rangeaient le long des tables doucement et d'un air recueilli. Devant chacun, un pain et un vase plein du mets quotidien-. Le prêtre prie avant le repas, et personne ne peut avant la prière toucher à rien. Après le repas, il prie de nouveau. Au commencement et à la fin, les frères remercient Dieu, qui donne aux hommes la nourriture. Quand l'acte eucharistique est fini, ils déposent leur surtout de lin, et ils retournent à leur travail jusqu'au soir.

Ce rite était de beaucoup celui qui frappait le plus dans la secte essénienne. Les étrangers admis à y assister étaient remplis d'un respect mystérieux. La pièce semblait un vrai temple; on n'y entendait jamais une clameur, un bruit quelconque; les frères se contentaient d'échanger (fuelques mots, sobrement et à voix basse-.

1. Schiïrer, II, p. 177, note 04; Zeller, lil, 2* partie, p. idO (:{■' édit.).

2. I/upinioii ({uu lus esséiiicns s'ubstcnaient de chair et devin est une erreur. Klle n'a pour base qu'une assertion de saint .li-rùme {A(h\ Joriii., 11, lij, rapportant mal le texte de Josèphe et de l'orpliyre (/Je ahstin., IV, 11-13). IMiilon, II, ()3o, suppose qu'ils avaient des troupeaux (Apol., § IH).

'.), Tit; f;(iiOiv m; {/.uaniptiv Ti f ptxrcv ri tûv Iv^iv aitoirh xxTaf aîvCrxi,

.i<w.. H. j , II. VIII, r».

L'essénien était de tous les Juifs celui qui croyait le plus fortement à l'action immédiate de Dieu sur toutes choses, le plus pieux en d'autres termes*. Il poussait aussi loin que personne le culte de la Loi. Il paraît que ces hommes doux auraient puni de mort (c'est-à-dire d'expulsion) celui qui eut blasphème la Loi ou Moïse". Ils pensaient qu'il était impossible qu'une âme humaine eût inventé quelque chose d'aussi beau sans inspiration divine ^ Dans leur office divin, comme les autres Juifs, ils lisaient et commentaient la Bible. Leur goût pour les explications allégoriques* était une marque de respect ; de telles explications venaient de ce qu'on ne pouvait admettre que le texte sacré renfermât des choses ordinaires. Enfm ils observaient le sabbat avec une telle exactitude qu'ils se faisaient scrupule, en ce jour, de remuer une vaisselle, de vaquer aux nécessités les plus absolues\

C'étaient, on le voit, comme les premiers chrétiens, des piétistes de la plus belle eau. Mais la

1. Jos., ÀuL, XIII, V, •); XVIII, i, 5. ± Jos., B. J., Il, VIII, G, 9.

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