‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 51 sur 243 · LA SIBYLLE JUIVE · texte numérisé non relu

LA SIBYLLE JUIVE

Vingt ou vingt-cinq ans après Daniel, parut à Alexandrie un poème juif, où Tinfluence de l'Apocalypse palestinienne était sensible pour le fond des idées, mais où la forme présentait une véritable originalité. Au lieu de prendre pour garant un personnage célèbre de TAncien Testament, Tauteur avait recours cette fois à un tout autre ordre de fiction. Ce fut la Sibylle même, la prophétesse perpétuelle du monde païen qu'il fit parler '. On sait quelle autorité ces vierges fatidiques s'étaient créée dans le monde grec et

1. La sibylle dite juive, chnidéenne, persane, biihyloiiicnne, égyptionno, appelée Snhlia ou Siihhiit lin, {\\\e de Itérose et d'Erymaiillic (?) (l'ausanias, X, xii, !); Suidas, au mot iiîSuXXa; Cohort. ad gente», cti. 17; Moïse de Khorène) reste une énigme. Toutes ces données paraissent provenir do l'olyhistor. Pout-ôtre se

latin. Les sibylles devaient s'offrir d'elles-mêmes à l'esprit de faussaires en quête d'autorités incontestées sous le couvert desquelles ils pussent présenter aux Grecs les idées qui leur étaient chères. Il courait déjà dans le public des petits poèmes, prétendus cuméens,érythréens, pleins de menaces, annonçant aux différents pays des catastrophes. Ces dictons, dont l'effet était grand sur les imaginations, surtout lorsque des coïncidences fortuites semblaient les justifier, étaient conçus dans le vieil hexamètre épique, en une langue qui affectait de ressemblera celle d'Homère. Les faussaires juifs adoptèrentlemême rythme, et, pourmieuxfaire illusion à des gens crédules, semèrent dans leur texte quelques-unes de ces prédictions que l'on croyait venir des prophélesses de la haute antiquité *.

Cette forme de prophétie eut un succès extraordinaire. Une des règles du genre apocalyptique est l'attribution de l'ouvrage à quelque célébrité des siècles anciens. L'apocalyptisme palestinien eut son succès par les noms réels ou fictifs de Daniel, Hénoch, Moïse, Salomon,Baruch,Esdras. La forme de l'apocalyptisme alexandrin fut le sibyllisme.

rapportent-elles à un prologue aujourd'hui perdu. Voir Alexandre, Carm. sib., 2" édit.,p. 16, note.

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