‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 52 sur 243 · Par exemple · texte numérisé non relu

Par exemple

Quand un Juif ami du bien et du vrai, dans celte école tolérante et sympathique qui concevait un judaïsme sans circoncision ni sabbat, voulait adresser aux païens des avertissements, des conseils, il faisait parler une des prophétesses du monde païen, pour donner à ses prédications une force qu'elles n'auraient pas eue sans cela. Il prenait le ton des oracles érythréens, s'efforçait d'imiter le style traditionnel de la poésie prophétique des Grecs, s'emparait de quelques-unes de ces menaces qui faisaient beaucoup d'impression sur le peuple, et encadrait le tout dans des prédications pieuses. Répétons-le, de telles fraudes à bonne intention n'arrêtaient alors personne. On avait vu, dans l'intérêt des idées pieuses, s'établir une fabrique de faux classiques, où l'on mettait dans la bouche des auteurs grecs les maximes qu'on désirait inculquer * ; la sibylle couvrit la même propagande. Ce genre de littérature répondait si bien aux besoins du temps que les chrétiens le continuèrent par dosécrits formant une chaînesansinterruption jusqu'au vi" siècle. Une partie des j)roduits de cette littérature bizarre nous est parvenue dans la collection en quatorze livres qu'on suppose

Page 1