‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 53 sur 243 · Voir ci-dessus, t. IV, p. 252-2G · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, t. IV, p. 252-2G

avoir été formée et close du temps de Justinien.

Le caractère de cette littérature est celui de la littérature alexandrine en général. La forme est artificielle, tout imitée de l'anliquité classique. Le vers est fait avec une désolante facilité. C'est de la rhétorique, mais de la rhétorique sincère, n'excluant pas, à certains moments, une véritable éloquence. La façon hachée et sans suite dont les laisses de vers se succèdent a quelque chose qui surprend et fait d'abord songer à une compilation. Mais c'est un artifice de l'auteur pour donner delà vraisemblance à sa fraude. Cette apparence saccadée était celle de tous les recueils érythréens. Les oracles étaient juxtaposés sans ordre; il faut avouer qu'un tel style favorisait beaucoup le désir qu'on pouvait avoir de mêler les recueils, de faire des additions, des interpolations.

C'est vers l'an 140 avant Jésus-Christ* que fut composé le plus ancien et le plus important de

i, La date du poème susdit résulte des faits suivants : i" il est postérieur au livre de Daniel (cf. v. 388-400), à la ruine de Cartilage et de Corinthe (1 i6 av. J.-C.) ; S'en trois endroits (v.l9i- 193, 316-318, G08-610) le poème se donne comme écrit sous le règne du 7* Ptolémée, c'est-à-dire Ptolémée Physcon (145-117). Les particularités du passage 388-400, selon l'explication de M. Hilgenfeld, iraient à une précision plus grande encore. Polyhistorconnutlepoèmederanl40(Eusèbe,C/troM.,ed. Schœne,I,23),

ces poèmes singuliers \ où le génie prophétique d'Israël trouvait sa dernière forme. La sibylle Erythrée fut celle que l'auteur choisit* pour adresser au vieux monde ses reproches et ses menaces. Le fond du livre était, comme dans Daniel, comme dans Hénoch, une histoire universelle, dont le peuple juif était le centre. L'histoire sainte de notre auteur était une sorte de pendant en vers d'Eupolème ou d'Artapan, composée, selon le goût du temps % d'un mélange bizarre de la Bible et des fables grecques \ Les Titans et les Cronides s'y

1. Le poème sibyllin de l'an 140 à peu près se compose essentiellement du livre III, moins les quatre-vingt-seize premiers vers el les onze derniers. Dans le détail, beaucoup d'intercalations plus modernes ont pu être pratiquées. Plusieurs critiques attribuent aux vers 'âOS-'lSH une origine chrétienne; cette opinion est erronée ; les mêmes particularités se remarquent dans toutes les parties du livre III, sauf les vers 1-9G et 818-828. On considère souvent le proœmium conservé par Théophile d'Antioche comme la préface de l'ouvrage. L'eschatologie du livre, bien plus avancée que celle du poème de 140, ne permet pas d'admettre cette opinion. Voir ci-après, p. lUO, note 1. Si le prod'mium eiU été la préface du 111* livre, on ne comprend pas pourquoi il ne serait pas dans la collection. Ce proo-miion est bien un commencement; mais ce n'est pas le commencement du poème de l'an I iO.

2. Lactance, Inst. div., IV, vi, 5, \'.\; vil, 19. Cf. Schiirer, 11, p. 800, note 71. Voir ci après, p. 01 et suiv.

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