‹ Historie du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 63 sur 243 · Virg., Ed. IV · texte numérisé non relu

Virg., Ed. IV

poème ou, si l'on veut, quelque autre publication du même genre*. Il y puisa l'esprit sibyllique, le sentiment profond de Tavenir qui font de lui le prophète du monde païen, presque un chrétien". Son âme tendre, religieuse à notre manière, son besoin d'espérer s'attachèrent à ces rêves. Le bel état d'équilibre religieux où se tenait Virgile, cette façon de tout aimer sans rien croire, qui lui donne parfois des notes d'une profondeur inexprimable, venait en partie d'un paquet de mauvais vers qu'il reçut un jour d'Alexandrie et qu'il lut comme il lisait tout. On se demande si en écrivant les prodiges de la mort de César^ il ne se rappela pas également le passage du poème sibyllin que nous avons cité*.

Rien de plus faux que les catégories trop absolues dans l'ordre intellectuel et moral. Ces hexamètres alexandrins de l'an 140 avant Jésus-Christ sont l'analogue de nos vers latins du collège, pleins de chevilles. Ils ont eu plus d'influence que le plus

i. Cela est bien plus vraisemblable que de supposer Virjrile lisant Isaïo. La vt^rsion grecque des livres hébreux circula peu, et, si elle fût tombée entre les mains de Virgile, elle l'eût rebuté par ses passages inintelligibles.

Page 1