‹ Historie du peuple d'IsraëlChapitre 156 sur 337 · Ibid., xviii · texte numérisé non relu

Ibid., xviii

l. Inscription de LarnaKa, Corpus inscr. semit., V^ partie, n» 86, A, lignes 12, 15; B, ligne 10. 5. I Rois, XVIII, 20-28.

(>. Ibid.

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mécontentement quand ils passaient devant le temple de lahvé. Quel devait être leur sentiment en voyant, sur la terre iahvéiste par excellence, un édifice dédié à Baal !

Ce nom de Baal n'avait par lui-même rien de mèsséant pour la Divinité, puisqu'il signifie simplement (( le Seigneur », et que des familles israélites l'avaient admis dans leurs noms propres théophores; mais l'antithèse de Baal et de lahvé s'accentuait chaque jour davantage. Baal devint pour les iahvéistes une sorte de mot obscène. On s'habitua, dans les noms propres, à le remplacer par le mot boset^ « ignominie ». L'association du culte deBaal à celui de lahvé, qui avait été jusquelà très fréquente, devint, aux yeux des piétistes, le pire des crimes.

Ce crime, Achab le commettait évidemment tous les jours. Ce ne fut nullement un renégat du culte de lahvé. Gomme Gédéon, comme Saùl, comme plusieurs personnes de la maison de David, il honora simultanément les deux vocables divins, ou du moins il les laissa honorer autour de lui. Samarie fut, de son temps, une ville éclectique en religion. On y put dire plus d'une fois :

J'ai mon Dieu; je le sers; vous servirez le vôtre. Ce sont deux puissants dieux

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C'est ce qu'on appelait: (c boiter », ou plutôt (( danser^ sur les deux jambes », être tour à tour à lahvé et à Baal. Il y avait des prophètes par Baal et Astarté, comme il y avait des prophètes par lahvé; peut-être les mêmes prophètes prophétisaient-ils tour à tour par Baal et par lahvé ^. Une anecdote du temps, bien que dénuée de valeur historique, fait parfaitement comprendre ce singulier état religieux. Un certain Naaman ^, premier ministre du roi de Damas, est amené, par des raisons bonnes ou mauvaises, h cette conclusion qu'il n'y a de vrai dieu sur la terre qu'en Israël; ce qui le conduit à l'idée bizarre de prendre la charge de deux mulets de terre israélite pour la transporter à Damas, vu que désormais il ne veut plus faire ni sacrifice, ni holocauste à d'autre dieu que lahvé. Il se convertit donc au iahvéisme, avec une réserve cependant : c'est que lahvé lui pardonnera, si, pour accomplir les devoirs de sa fonction, il accompagne son maître au temple de Rimmon, et y fait avec lui les prostrations d'usage. Cette cote mal taillée est acceptée. On admettait dès lors une catégorie religieuse qui, plus tard, jouera un rôle

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