Les Mongols, à leur entrée dans le monde de l'Asie cité
458 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [760 av. J.-C]
simples, ne regardant que le dehors des choses, était que le roi se faisait adorer. Cette substitution de rhomme à Dieu, que l'on croyait déjà découvrir dans des mythes de la plus vieille histoire, tels que Nemrod, le Kesil\ paraissait la suprême folie. L'essence de l'esprit du Sémite patriarcal est le respect de l'individu. Cette suppression des créatures de Dieu au profit d'un immense orgueil, cette égalité dans l'esclavage universel, révoltaient de fières natures, étrangères à l'idée de l'État, auxquelles l'assujettissement à de petits roitelets tels que ceux de Judée et d'Israël paraissait déjà une déchéance.
Les prophètes auraient dû être, les plus indignés; mais, ne voyant le monstre que de loin, voyant, au contraire, de très près leurs adversaires de Jérusalem ou de Samarie, ils prirent l'Assyrie comme une sorte d'épouvantail à l'adresse de leurs compatriotes. Parfois même, ils semblèrent incliner singulièrement vers leurs pires ennemis et mériter le reproche d'amis des Assyriens. Le malentendu en ce genre est facile. Les
rieure, firent de même aux musulmans l'effet de peuples sans religion.
1. Le Géant ou Qrion, qui voulut se révolter contre Dieu et fut attaché à la voûte du ciel.
1700 :.v. J.-C] L ES DEUX R 0 Y A U MES; 45»
esprits étroits accusent toujours les clairvoyants de désirer les malheurs qu'ils prévoient et qu'ils annoncent. Le rôle de Cassandre est le plus triste de ceux qui peuvent échoir aux amis de la vérité. Chaque année, une expédition sortait de Ninive, et allait porter, dans les régions voisines du bassin du Tigre et de l'Euphrate, la terreur du roi d'Assyrie. L'Arménie, la partie orientale de l'Asie Mineure, la Cilicie, toute l'Aramée du Nord étaient domptées, presque assimilées. C'est vers l'an 765 que le fléau atteignit les pays voisins d'Israël. En présence d'une telle force, larésistance était impossible. La sagesse commandait l'union et les alliances avec les peuples voisins, surtout avec les villes de Phénicie. Mais les prophètes (les journalistes, comme nous dirions aujourd'hui) portaient toutes les questions à une sorte de paroxysme. Leur haine contre Tyr et Sidon les aveuglait ^ La jalousie des classes était extrême; la rivalité des deux royaumes, d'ailleurs, créait à une grande puissance étrangère une brèche assurée. Ceux que le sang aurait dû rapprocher luttaient d'obséquiosité à l'égard de l'ennemi commun, pour diriger sa colère au gré de leurs secrètes inimitiés^.