Ibid., XXI
[740 av. J.-G] LES DEUX ROYAUMES. 483
guetteurs d'Israël^ )>. Leurs maisons étaient des bureaux d'opinion, très bons à consulter et dont les gouvernants devaient tenir le plus grand compte.
Comment cet homme, que nous nous figurons sous les traits d'un Carrel ou d'un Girardin, très au courant des choses et sachant donner à ses idées un tour vif et piquant, comment ce même homme a-t-il pu — sans cesser d'être un saint, un héros — faire appel à des signes, c'est-à-dire à des miracles, par lesquels lahvé signalait son action particulière? On ne saurait rien comprendre aux grandes choses du passé si l'on n'admet pas que rOrient et l'antiquité eurent une manière particulière de concevoir la raison et l'honnêteté. Des rôles qui exigeraient de nos jours que l'on donnât préalablement sa démission de tout ce qui constitue l'homme sensé ont pu autrefois être tenus par des hommes dont les nerfs fonctionnaient comme les nôtres. Isaïe, Jérémie, Jésus, saint Paul, Mahomet ont existé. La plus mauvaise critique est celle qui s'oblige à leur enlever la tête ou le cœur, pour expliquer ce qu'ils furent.
L'inspiration individuelle, principe du judaïsme et du protestantisme, à côté d'une puissance créa-