Voy. ci-dessus, p
08 IIISTOIHE DU PEUPLE D'ISHAËL. |9i)5 av. J.-C]
se consolait de la perle de la royauté ; mais il ne se consolait pas de la perte d'Abisag. Un jour, il vint trouver Betlisabée, qu'il supposait comme femme capable de le comprendre, et il lui dit : « Tu sais bien que le trône m'appartenait et que tout Israël avait les yeux sur moi pour la royauté future. La royauté m'a échappé et est allée à mon frère; c'est la volonté de lahvé. Et, maintenant, je te demande une seule chose; ne me la refuse pas. Dis, je te prie, au roi Salomon, qui ne saiit rien te refuser, qu'il me donne Abisag la Sunamite pour femme. y> Bethsabée promit d'en parler au roi; Salomon s'emporta : « Fais mieux, dit-il à sa mère; demande aussi la royauté pour Adoniah, puisqu'il est mon frère aîné; demande-moi aussi quelque grâce pour le prêtre Abiathar et pour Joab, le fds de Serouïa. y> Et, s'animant toujours davantage, il jura par lahvé, que, ce jour-là môme, Adoniah serait mis à mort. En effet, Salomon envoya surle-champ Benaïah, chef des Kréli-Pléti, pour le tuer. Peut-être aimait-il Abisag; peut-être aussi ne cherchait-il qu'un prétexte pour se débarrasser d'un rival.
Abiathar, qui avait été dans le parti d'Adoniah, était odieux à Salomon. Le roi, pourtant, n'osa pas le faire exécuter, à cause de sa qualité de prêtre,
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€ parce qu'il avait tenu Téphod d'Adonaï-Iahvé devant son père' », et qu'il avait été le compagnon de toutes ses mauvaises fortunes. Il le chassa de Jérusalem, le priva du sacerdoce et l'exila à Anatoth, au nord de Jérusalem, dans ses terres. De la sorte, le sacerdoce officiel, si l'on peut s'exprimer ainsi, appartint exclusivement à Sadok.
Joab, apprenant la mort d'Adoniah et la disgrâce d'Abiathar, comprit que son sort était écrit. Salomon, pour le faire exécuter, n'aurait pas eu besoin des recommandations de son père mourant. La part qu'il avait eue à la tentative d'Adoniah aurait suffi à le perdre. Joab alla se réfugier auprès de la tente sacrée et saisit les acrotères de Tautel. Salomon envoya Benaïah pour le tuer. Benaïah hésita. Violer l'hospitalité de lahvé paraissait un crime horrible. Salomon ordonna de passer outre, par ce raisonnement de casuiste, qu'en tuant Joab on ne commettait pas un assassinat, que c'était lahvé qui faisait tomber sur Joab le sang d'Abner et de Amasa, a deux hommes meilleurs que lui, qu'il avait tués, sans que David en sût rien ». Sa mort devait ainsi dégager la maison de David d'un
1. l Rois, II, 2ô. Le texte porte « l'arche ». La confusion de |nx et de niDN* se retrouve dans I Sam., xiv, 18, et est facile à expliquer paléographiquement.
sang qui aurait pesé sur elle. Benaïah, tranquillisé par cette manière de voir, tua Joab. On enterra le vieux guerrier dans sa propriété, près de Bethléliem. Benaïah lui succéda dans les fonctions de sérasquier.
Quant à Sémeï, Salomon l'interna dans Jérusalem, et lui promit la vie sauve. Puis il trouva moyen de se prouvera lui-même que ce serait une bonne action de le tuer, que lahvé l'ordonnait, que la maison de David en tirerait toutes sortes de bénédictions et que, par de si bonnes actions, son trône serait consolidé à jamais. Benaïah fut encore chargé de l'expédition de l'affaire, et ainsi disparut le dernier survivant de la race de Saul. Un effroyable mélange de raison d'État et de sophistique sacrée autorisait ces atrocités.
Salomon, tout à fait affermi sur le trône, organisa son -gouvernement. Les listes que nous avons de ses fonctionnaires montrent qu'il conserva dans un grand nombre de services les ministres de David ou qu'il donna la survivance de leurs fonctions à leurs fils. Benaïah fut, comme nous l'avons vu, son sar-saba; x\doniram continua de gérer les revenus de l'impôt; Josaphat-ben-Ahiloud était toujours mazkirK Elihoref et Ahiah, tils de Saraïah,
i. Ou peut soupçonner ici quelque erreur. Le rédacteur paraît
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le sofer de David, avaient le titre de sofer à leur tour. Ahisar était intendant de la maison royale. Sadok, ou plutôt, à ce qu'il semble, son fils Azariah, était cohen ^; Zaboud fils de Nathan, prêtre intime du roi; Éliab, fils de Safat, chef des gardes'; Azariah fils de Nathan, chef des nissabim ou préfets. Ces nissabim étaient avant tout des agents tiscaux, chargés de faire contribuer tout Israël aux lourdes charges de la maison royale. Pour cela, on divisa le pays en douze départements, ne répondant presque 'pas aux divisions des anciennes tribus. La liste de ces départements et de leurs préfets, vers la fin du règne de Salomon, nous a été
conservée ^
io Montagnes d'Éphraïm / Ben-Hour.
2'> Maqas, Saalbim, Bet-Sémès, 1 Élon, Belh-IIanan < Ben-Deqr.
3*" Arubbot, avec Soco et la / terre de Hefr l Ben-Hésed.
avoir prolongé indûment sous Salomon les fonctionnaires de David.
1. Le texte dit « Sadok et Abialhar », en contradiction avec ce qui précède. Les fautes et les incohérences sont nombreuses dans tout ce passage, 1 Rois, iv, 1-6.