IbifL, vil, 45, selon le grec
ir,S HISTOIRE DU PEUPLE D'ISU A EL. [970 av. j.-(..!
Outre les chandeliers d'or, il y avait des lécythes, des couteaux, des jattes, des plateaux, des éteignoirs en or fin. Les gonds des portes, dit-on, étaient d'or. De plus, le trésor du temple contenait les objets précieux que David avait rapportés de ses expéditions dans TAram et le Nord, et qu'il avait consacrés à lahvé K
Déjà, on le voit, l'art d'Israël répugnait aux représentations de la figure vivante, aux scènes de la vie humaine, aux images d'objets réels, bornant volontairement ses ressources aux fleurs conventionnelles -, aux animaux conventionnels aussi, aux êtres fantastiques. C'est là un fait capital; car il est bien difficile d'admettre que, sur ce point, le piétisme du temps d'Ézéchias ait eu un effet rétroactif, et que toutes les œuvres salomoniennes aient été retouchées d'après les nouvelles idées. On a ainsi la preuve que le iahvéisme puritain, prêché par les prophètes, avait ses racines dès l'époque de David et de Salomon. C'est l'anthropomorphisme, surtout, qui était redouté. La plastique était admise, pourvu qu'elle ne s'appliquât à rien d'existant dans la nature. Les keroubs étaient un emblème tout païen:
1. I Rois, vil, 51. Cf. 1 Chroii., ch.xxix. :2. Comparer les ivoires phéniciens ; par exemple, Miss, de Phén.. p. 500.
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à l'époque de Saloinon, c'étaient des sphinx; plus tard, ce furent des monstres assyriens. Les palmes, les grenades, les coloquintes, qui formaient lès motifs principaux des décorations murales, avaient des liens avec le culte du soleil. En admettant que les piétistes aient pu marteler d'anciens reliefs plus vivants, il est douteux qu'ils y eussent substitué une décoration qui elle-même était de nature à soulever dans leur esprit des scrupules fondés.
Quand le temple fut achevé, l'installation de l'arche s'y fit avec pompe, au mois d'étanim, h la date du hag qui se faisait en ce mois. Salomon y présida ; des bêtes innombrables furent tuées en sacrifice . L'arche fut posée sous les grands keroubs; on conserva dans leurs anneaux les longues barres qui avaient servi autrefois à la porter.
Quels objets contenait l'arche à cette époque? Voilà ce qu'il est fort difficile de dire. Le neh uston ou serpent d'airain qu'on rapportait à Moïse s'y trouvait probablement ^ Il en était de même de l'éphod et de quelques téraphim. Si jamais l'arche renferma des écritures ^, il faut supposer
1. Il Rois, XVIII, 4. Le passage I Rois, viii, 9, est bien plus récent et sans valeur.
-2. Voir 1. 1, p. 384.
JOO HISTOIKE Di: PEUPLE D'ISRAËL. [970 av. J.-C]
qu'on les en retira, au moment où le coffre sacré fut mis dans le dehir.
A partir du moment de l'installation de l'arche, lahvé fut censé demeurer dans le debir, assis entre les ailes des anciens keroubs de l'arche et à l'ombre des nouveaux keroubs. Là éfait, dans une ombre mystérieuse, la gloire de lahvé ; une nuée permanente était censée remplir le sanctuaire *. Le dieu résidait au sein de la terreur. Aucun œil humain ne le voyait. Plus tard, il ne fut permis qu'au chef des prêtres d'entrer dans le debir, et cela seulement une fois l'an.
Le service religieux que Salomon établit paraît avoir été des plus simples. Trois fois par an, aux fêtes qui répondaient alors à Pàque, à la Pentecôte et à la fête des Tentes, il montait avec ses officiers^, et offrait des oloth et des selamim sur l'autel d'airain qui était devant le temple. Il entrait dans le hékal, s'y prosternait^, et brûlait de l'encens sur l'autel doré qui était devant la porte du debir *. Outre ces trois occasions solennelles, il est pro-
l.I Rois, VIII, IJ, [±.
±. Circonstance conclue de 11 Hois, v, IX. :î. Ibidem,
*i. I Rois, IX, 25, passage 1res ancien, qui, plus tard, parut e»nbarrassanl et fut altéré, au moins quant à la ponctuation.
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bable que le roi offrait souvent des oloth, peutêtre même en offrait-il tous les jours \ ou du moins aux néoménies et le jour du sabbat^. Roboam, le fils de Salomon, se rendait au temple avec ses gardes, armés de leurs boucliers de parade. Le tour de la phrase semble supposer que cela arrivait assez fréquemment^. Le sacrifice journalier du matin et du soir ne fut établi que bien postérieurement*.
Salomon et ses successeurs immédiats paraissent avoir présidé directement aux actes de culte qui se pratiquaient dans le temple. Le temple, on ne peut trop le rappeler, n'est guère, à cette époque, que le sanctuaire domestique de la royauté. Pour les sacrifices, cependant, on avait besoin d'hommes spéciaux, et, d'ailleurs, quand le roi était absent, il fallait le remplacer. La classe des cohanini" gagnait ainsi chaque jour en importance. Logés autour du temple, ils vivaient dans l'oisiveté d'une bombance perpétuelle, entretenue par les offrandes. Le gros