EUPHROSYNE
Elcgi abjectus esse in donio Dci mei, ma^is quam tiabitarc in tabernaculis peccatorum. (Ps. i.xxxiii, 11. i
Uix-NEUF mars, quatre heures du soir, temps d'été, dimanche. Premier jour gai de l'année. Tous les gens hors des maisons, tous les bourgeons hors de l'écorce; splendeur des violettes, aurore des lilas.
Jour béni des pauvres. Le soleil a répandu sa chaleur dans les mansardes engourdies ; les cœurs tristes ont senti, comme une belle fleur qui venait aussi consoler leur aridité, s'épanouir l'espérance.
Quand les enfants étaient joyeux, quand les jeunes filles goûtaient innocemment le plaisir des parures nouvelles, quand tout riait avec le soleil et chantait avec les oiseaux,
Euphrosyne, les yeux baignés de larmes et pourtant
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heureuse ; Euphrosyne, aimable, charmante, vingt ans, enfant et femme... Euphrosyne a serré la main de sa mère et de ses sœurs, qui pleuraient.
La tète couverte du voile blanc, elle est venue d'un pas paisible s'agenouiller devant l'autel, demandant à Dieu de bénir l'hymen qu'elle contracte avec le Fils éternel de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Le prêtre commença le Veni Creator. On devina qu'il pleurait. Des voix émues continuèrent. Euphrosyne, l'autel, tout ce qui m'entourait, s'effaça sous mes larmes.
Euphrosyne avait désiré les triomphes du monde ; et, parce qu'elle les a désirés, elle lésa fuis. Elle s'est dit : « Je ne sortirai point de la maison de prière.
« 0 murs bénis qui m'avez protégée contre mes rêves, élevez-vous entre le monde et moi ; ne me laissez voir que le ciel I
« Elevez-vous, épaississez-vous : que nul bruit, que nul souffle ne vous traverse! Vous fûtes mon berceau, devenez ma tombe. Gardez-moi toujours telle que vous m'avez reçue.
« Mes sœurs, ce voile blanc sera mon linceul. Vous