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COMÉDIENNES

PÈLtIRINAGES DE m"° MARS, DURANT LA SEMAINE SAINTE

^^L n'y a pas bien longtemps encore que ril^ '^^ théâtres subventionnés faisaient "" ~ relâche depuis le lundi de la semaine sainte jusqu'au dimanche de Pâques.

Ce chômage était généralement employé par les artistes à des excursions hors de Paris. A la Comédie- Française, la mode, parmi les sociétaires, consistait â se rendre à la mer. Monrose, par exemple, manquait rarement son petit voyage au Havre.

M"' Mars poussait. volontiers jusqu'à Rome.

Comme on n'en était qu'à la chaise de poste pour les trajets rapides, et que le court délai d'une se-

maine n'eût pas permis d'accomplir le voyage d'aller et de retour, et d'assister aux grandes cérémonies religieuses de Saint-Pierre et du Vatican, M"' Mars trouvait moyen d'ajouter au congé réglementaire quelques jours d'extra, tant avant les Rameau^ qu'après Pâques.

La chronique de Pépoque nous a gardé le sou^^' nir de ces pieuses pérégrinations de l'incomparat»^^ Célimène. Elle voyageait en compagnie de perses ''^^ nages d'un monde où elle puisait des amitiés ill«-^^' très, entre autres celle du com'te de Mornay, qui fi^^ ' au temps de la Restauration, un des hommes W-^

plus distingués et les plus brillants de la hautes ciété parisienne.

C'est lui qui avait fait cadeau à M"^ Mars de i^ couronne d'or placée dans l'endroit le plus app rent du salon de la comédienne; sur chaque feuil de cette couronne se trouvait inscrit le nom d'ui des rôles ayant le plus contribué à sa gloire.

C'est M . de Mornay qui épousa M"* la comtesse d Samoïlof, si célèbre par sa passion pour la musiqu et par les traits d'originalité que provoqua son dilettantisme. Elle donnait des fêtes splendides aux artistes, dans tous les pays où son caprice la conduisait. A Rome, le ténor David s'apprêtantà jouer pour la première fois le rôle d'Othello, reçut de la comtesse un magnifique poignard dont le manche était incrusté de pierreries; à ce présent étaient

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joints deux superbes cachemires, l'un pour le turban, l'autre pour la ceinture du costume du meurtrier de Desdémone.

A Paris, où la maison de la comtesse était extrêmement recherchée, il fut donné, entre autres fêtes, "^ bal dont on parla longtemps. C'était un ce bal de chiens. »

M"« de Samoïlof avait introduit la mode des ^ing's Charles. Elle en possédait de ravissants. Le *^^1 en question eut lieu pour eux et en leur nom. ^n adressa des lettres' à toutes les notabilités cabines du monde aristocratique. Chaque invité ou ^^vitée amenait avec soi son maître ou sa maîtresse î^î ne figuraient qu'en seconde ligne. Les hon- ^^urs étaient réservés aux quadrupèdes. On leur se r ^^t une collation à leur goût, suivie d'un spectacle ^^^cuté par des.., chiens savants.

Malgré le mérite de l'intermède, on eut à signa- ^ï* de nombreuses distractions parmi les spectateurs. De fréquents aboiements purent être inter- Pï^étés soit comme des procédés d'interrupteurs ^*^9grins ou facétieux, soit comme des témoignages ^e satisfaction, soit enfin comme l'indice de néces- ^*tés diverses. A la fin de l'intermède, on imita ce ^Ui se pratique dans les théâtres : on redemanda les ^^teurs ; seulement, pour les rappeler, on les siffla. Pendant Tun de ses voyages à Rome, M"® Mars ^Vit l'occasion d'entendre parler du succès pyrami-

dal que Fanny Essler venait d'obtenir au Théâtre- Argentine. Mais cet incident trouvera sa place ^^ chapitre suivant.

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