‹ Historiettes et souvenirs d'un homme de théâtreChapitre 25 sur 65 · MARIE DORVAL · texte numérisé non relu

MARIE DORVAL

Là gaieté était la compagne habituelle de la ^nde artiste dans ses excursions en province. Un jour, son itinéraire théâtral indique une sta- >n à Pézénas. — Pézénas ? demande M"*^ (Dorval

à son parent et ami dévoué, Luguet, Texcellent comédien du Palais-Royal ; connais-tu Pézénas? — Parfaitement; charmante société, fidèle au culte de Molière. Tu sais bien : le barbier, le fauteuil... — Q.uel fauteuil ? — Celui de Molière ! on le conserve religieusement. — Ahl et le barbier? — On en parle toujours. — Alors, voici la composition de notre premier spectacle : une comédie en prose de Molière, et ensuite Phèdre. — Bonne affiche pour un public lettré.

Le jour de la représentation , arrive à l'hôtel de M"*® Dorval un grand dadais vêtu d'une livrée beaucoup trop courte pour lui. Il se fait condui^^^ devant Tartiste ; il la regarde avec un certain ab^' rissement. Puis, quand il s'est remis : — C'est^^^ vous, dit-il, qui vous montrez ce soir à la comédî^' — Oui, mon garçon, c'est moi. — Bon, alors, a>^^^ la bonté de m'apprendre si c'est des verres que ver ^^ jouez ? — Comment ! des vers? — Mais, dame ! ou^^ Parce que, voyez-vous, mon maître, pour qui If viens, a dit comme ça que si c'était des verres, ^ ne se dérangerait pas. — Ah ! il ne se.dérange ^ pas si... — Non, madame, il me Ta répété. Alo ^-^ qu'est-ce qu'il faut que je lui dise? — Eh bier^' mon ami, dites-lui qu'il peut se déranger, parC^-^ que les vers..; — Oui, les verres? — Eh bien, C^ matin, à la répétition, on les a tous cassés. — Ca^^' sésl v'ià qui fera joliment son .affaire. Pour sûr^^

vous le verrez tantôt. Merci, madame, et bien le

bonjour.

Une autre fois, M*"® Dorval ayant traité avec le

directeur de Cette pour quelques représentations

à'Angelo, vint au théâtre, à TefFet de se rendre

compte de la troupe avec laquelle elle devait jouer.

Les artistes se tenaient au fond. Le directeur, empressé et gracieux, s'apprête à les appeler et à les présenter. D'un coup d'œil, en entrant, M™® Dorval ^vaitjugé qu'elle avait affaire à de pauvres diables ^^crutés à la hâte et au rabais.

Le directeur commence : — Le podestat? où est le podestat? — Présent! dit en s'avançant un gros ^onime, doué d'une rotondité phénoménale.

■^ Ah! c'est vous le podestat? demande M"** Dor- 3', en inclinant la tête comme pour saluer, mais ^ réalité pour cacher une forte envie de rire.

— Oui, madame.

^ Eh bien, cher monsieur, en vous voyant, les sectateurs doivent se dire que les podestats de ce nips-là se portaient joliment bien... Mes complientsi

— Ah! madame... je suis flatté !

*— A un autre, s'écrie le directeur. Voyons : la ^tarina ! où est la Catarina?

— A côté de toi, mon ami, répond une voix tïiide.

La Catarina se montre à M"*® Dorval... Que l'on

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imagine une petite femme avec un abdomen rapi:>^' lant celui du podestat I — Ah çà ! mais ils en o^^ la spécialité! dit M"® Dorval tout bas à Lugix^t. — Le directeur n'avait pas entendu, mais il av^^î^ deviné.

— Madame Dorval, je saisis votre pensée... c'^si à cause de certaine rotondité que... Mais madame ^ le droit... cela lui est permis, et le public tolèjre, bien plus il approuve, car madame est dans unét:^^ légitime... En un mot, c'est ma femme.

— Oh ! monsieur, mais certainement... Cep^i^' dant, la Catarina est une ingénue... ne pénsez-vo iJS pas que le rôle exigerait, pour l'œil, pour l'œil ss^' lement... car, en ce qui concerne le talent, je f^^ doute pas...

— Ne craignez rien, madame, je réponds de toxii^- Depuis quelques mois, le public est habitué à voif ma femme dans un état... progressif. Nous avons beaucoup de mères de famille. Elles font'la part d^s circonstances; elles se prêtent à l'illusion, et, d'aîl' leurs, ma femme joue très-bien Catarina ; vo^^ verrez!

M"* Dorval ne paraissait pas convaincue. Le directeur se rapprocha d'elle, et parlant à voi^ basse :

— Enfin, madame, si vous refusiez ma femnci^^ la représentation ne pourrait avoir lieu, et no^^ mourrions tous'de faim !

D'un Homme de Théâtre. i5i

"-Oh! monsieur, jouons, jouons bien vite, s'écrie M""» Dorval émue.

Le lendemain, la salle était pleine, on pouvait, sans remords, recomniencerà rire un peu.

La Tisbé eut de la peine à se contenir lors de l'entrée de Catarina, au second acte. Dans le troisieme, la directrice, bientôt maman, se met à dire avec l'ingénuité de son rôle : a ... Mon Dieu ! j*ai airae un homme, mais je suis pure !... »

A quoi Angelo répond : a Je ne vous crois pas, madame ! »

La Tisbé (à part) : « Je la crois, moi ! »

La situation était vraiment si comique eu égard ^ '^ grossesse avancée de la Catarina, que M"*® Dor- ^3' employa ce qui lui restait d'empire sur elle- ^eme à ne pas éclater en scène ; mais, rentrée dans ^ coulisse, elle fut obligée de s'asseoir sur le plan- ^^^r, afin de rire tout à son aise.

L'histoire de Chatterton avant la représentation ^^ cette pièce, en février i835, fut remplie d'incidents curieux et peu connus de la génération ac- ^^elle.

Au sortir de la lecture, l'administrateur de la

^^médre- Française s'empara de l'auteur resté calme

^^ milieu des émotions qu'il venait de susciter. Il

^nimena dans son bureau, le pria de se reposer un

Moment, et le regardant avec satisfaction : — Ah !

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monsieur de Vigny! quel beau succès!... En vérité, M"« Mars sera irès-bico dans Kitiy Bell!

M. de Vigny froidement : — Mais ce n'est pasà M"' Mars cjue je destine le rôle. — Comment ! ce n'est pas... mais à qui donc? — A M"« Dorvallett' y sera magnifique I — Cette réponse jeta dans la stu peur rinterlocuteur de M. de Vigny.

Pour bien comprendre la situation , il faut ' rappeler l'antagonisme extrême qui existait aie entre la Comédie- Française, représentant la sai tradition classique, et le théâtre de la Porte-Sait Martin , où les romantiques préludaient à let grandes tentatives littéraires, réputées alors révol tionnaires et corruptrices.

Coname comédiennes. M"' Mars et M""* Dor portaient, l'une le drapeau de Técole classique, Vè tre l'étendard du romantisme. M"« Mars régnait souveraine, habituée au cérémonial, à l'étiquette à la courtisanerie. M"® Dorval escaladait son trc populaire avec la crânerîe du talent et avec l'im] tuosité de l'inspiration.

Préférer hautement, dans l'intérieur de la Con die-Française, M"' Dorval à M"* Mars, c^étaitdc commettre un crime de lèse-majesté... Mais M. Vigny s'était prononcé, et il ne revenait pas vole tiers sur la décision qu'il avait prise.

L'incident fit du bruit... Heureuses^ — q qu'on dise, — les époques où les révolutions

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Itre sont les seules qui absorbent l'attention et

excitent les passions ! Celles-ci se déchaînèrent

suite du parti pris de M. de Vigny. La haute

'iété, le monde officiel, le roi lui-même, se décla-

frent en faveur de M"* Mars. Alfred de Vigny

înait pour M"* Dorval, et il s'en expliqua catégo-

nquement avec le ministre de l'intérieur, à qui res-

>nissaient alors les théâtres. Il le quitta un jour

[^n lui disant pour la troisième ou quatrième fois : ^

* M""» Dorval sera magnifique ! »

Quelque temps après, le préfet de la Seine don-

\ nait un grand bal à l'Hôtel de ville. La fête devait

^fre honorée de la présence du roi. On avait eu soin

^'adresser une invitation à M. de Vigny : il vint

sans redouter le moins du mondô les obsessions

dont la grande influence de M"* Mars pouvait le

tendre l'objet.

i)ans le cours de la soirée, le roi arrêta ses yeux ^^run groupe dont M. de Vigny faisait partie. Il ^^rprit ce regard, et l'interprétant ainsi qu'il y ^^ait lieu de le faire, il alla respectueusement au devant de S. M. Louis-Philippe.

Accueil charmant du roi. Après une courte con- • ^^rsation sur des sujets divers, il fallut en venir à *^ question à l'oxJre du jour.

■-* Eh bien ! monsieur de Vigny, la grosse affaire ^"2 Chatterton est-elle enfin arrangée ?

-^ Complètement, sire.

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— Ah! vraiment; vous ne pouvez vous douter du plaisir que vous me faites I Savez-vous que cela devenait une question de cabinet ?

— Ohlsirel

— Ainsi, c'est arrangé! Comment se fait-il cj.^^ le ministre l'ignore ? Ce matin il me disait c^'^^ M"' Mars était encore venue réclamer. En.défi:!^^' tive, je crois, mon cher comte, que vous avez p^ ^^^ le meilleur parti. M"* Mars est admirable.

— Sire, c'est mon avis.

— N'est-ce pas ?... Vous verrez, vous verrez ce ment elle jouera votre rôle de...

— Pardon, sire, je ne verrai pas cela, par la r son qu'elle ne le jouera pas... J'ai toujours desti^*^ ^ ce rôle à M"** Dorval, qui...

— Qui y sera magnifique, interrompit le roi -^^==^ souriant, c'est votre mot : le ministre me l'a ra porté. Eh bien, cher monsieur de Vigny, Tinte"*' ^ vention officielle n'a rieaà prétendre en ceci. Agi sez suivant votre, volonté. C'est le droit de l'aute et vous l'exercerez comme il vous plaira. Je vou souhaite sincèrement un grand succès,

— Sire, vos souhaits nous porteront bonheur^' dit M. de Vigny en s'inclinant sur la main qui lu était amicalement tendue.

Il courut chez M"*® Dorval. D'une voix moin calme que d'ordinaire : a Kitty Bell, s'écria-t-il venez répéter demain à la Comédie-Française I »

ur

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Ce soir-là on se félicita : l'on vit tout en beau ! Les tribulations n'étaient pas finies !...

Lorsque M™* Ddrval se présenta au théâtre, elle ftit accueillie par les sociétaires avec cette politesse froide qui est la pire des impertinences. La drama- *^^ge, comme on l'appelait dans la maison de ^*** Mars, avait fait provision de patience. Son ^3ri' M. Merle, l'un des rédacteurs les plus dis- ^gués de la Quotidienne, l'avait suppliée de se ^ntenir, quoi qu'il pût arriver.

Les répétitions furent menées avec lenteur. On Graissait croire, dans les coulisses, que la pièce ne ' jouerait jamais, au moins dans ses conditions •tuelles dé distribution. Ce qui contribuait à enstenir de telles idées, c'était l'hostilité de quelles Journaux contre M"*« Dorval, notamment celle i Courrier des Théâtres, dirigé par le fameux Parles Maurice.

Merle, donnant l'exemple de la modération, ré-* >ndait courtoisement aux attaques. Un jour, on procha à M"« Dorval « l'audace qu'elle avait de

comparer avec M"« Mars! » — Merle releva la Xrase agressive en disant malicieusement : « Que ^'' Mars se console ! on a aussi ï audace de comirer Napoléon à Alexandre et à César, et il a eu la 'andeur d'âme de ne pas s'en offenser. »

Malgré tout, on répétait. La pièce finit par 'endre tournure : seul le dénoûment n'était

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point réglé. On levait la répétition au momen t: <i^ la mort de Chatterton. « On arrangera cela, » dis^^^* on; et Ton n'arrangeait rien.

Un jour que l'on s'arrêtait précisément à ^^^ endroit. M"* Dorval, depuis un moment pensî"^^; s'approcha de son auteur :

— Monsieur de Vigny, voulez-vous me p^^' mettre de vous faire part d'une idée que j'ai ?

— Comment donc! parlez, ma chère Kitty B^^^

— Eh bien, pour terminer la pièce, je verrais grand escalier tournant, qui conduirait à la chami de Chatterton.

— Un escalier! ^'écria Joanny qui remplissait: rôle du quaker, et qui, tout dévoué à M"® Ma donnait à M"® Dorval des répliques d'un air pim un escalier tournant à la Comédie-Française ! Apar exemple !

— Pardon, pardon, interrompt M. de Vign; •laissez M"*^ Dorval achever sa pensée.

— Voyez-vous, continue l'actrice qui ne s'occu^^ pait que de l'effet dramatique... je monte lent^^ ment... et gravement; j'arrive à la porte de Char^ terton. J'aperçois son corps inerte... Je pousse un cri ! Comme frappée par la foudre, je me jette à la renverse sur la rampe de l'escalier ; je glisse, évanouie, jusqu'à la dernière marche, et là, je tombe sur le plancher.

— Très bien ! parfait! je vous comprends, ma-

Uiin Homme de Théâtre,, ib-j

<iame, dit Alfred de Vigny enchanté. Allons demander Tescalier!

Le poëte offre son bras à l'artiste et les voilà partis, laissant Joanny dans une stupéfaction profonde. Il s éloigne à son tour en murmurantavec indignation; * Un es-ca-lier, comme dans Robert-Macaire! »

n fut décidé qu'il y aurait, dans Chatterton^ un

^s^alier tel que M"* Dorval l'avait rêvé. Que de

^^olibets accueillirent cette innovation ! C'était le

*^iGt des plaisanteries courantes! a Quand verra-

^^n l'escalier? Est-il arrivé l'escalier? » En disant

^^*^j on riait beaucoup.

Quant à Joanny, il riait, mais en dedans. Il

^^^^it, avec M"*® Dorval, dans leur travail de répéti-

*^ns, d'une conscience et d'une complaisance par-

*^^^es, mais étudiées. Il voulait ce qu'elle deman-

^^it. « Oui, madame! Bien, madame! Vous

^^sirez que je sois à gauche,* me voilà à gauche. »

C'était irritant!

Au moment de la mort de Chatterton, comme ^'escalier manquait. M"* Dorval se bornait à remonter le théâtre pour figurer le temps qu'elle aurait employé, si elle avait eu des marches à monter; elle poussait un petit cri, pour simuler "la mise en scène réelle; ensuite elle redescendait.

Joanny regardait M"® Dorval avec une contrariété qu'il s'efforçait de retenir, puis, poussant une sorte de soupir, il achevait son rôle.

i58 .Historiettes et Souvenirs

Enfin, l'escalier fut mis en place, dans le décor du dernier acte. Chacun s'introduisit dans les coulisses, pour observer « Tobjet » et le critiquer. On attendait curieusement Tinstant oîi M""* Dorval gravirait les marches et les descendrait. Lorsq^^ vint la réplique, Kitty Bell enroula autour de ses jambes les volants de sa robe, monta tranquille" ment l'escalier, s'arrêta sur le palier du hai^^' poussa le petit, cri habituel, redescendit non moî^^ tranquillement, et vint se poser, ainsi qu'elle l'av^^ fait précédemment, devant Joanny dont le bino^^^ s'agitait dans sa main.

— Eh bien, madame, c'est tout?

— Mais oui, monsieur.

— Vous savez que nous jouons bientôt et vo ne voulez point montrer ce que vous ferez.

— Non, monsieur Joanny. Considérez, je vcT prie, que cela me regarde toute seule. Rapporte? -^^ voiis-en donc à moi.

Joanny fît un grand salut et partit en haussa^^ les épaules.

' Le jour de la représentation. M""® Dorval ne r^ absolument personne. — De bonne heure, elle ^^ rendit au théâtre et s^enferma dans sa loge. EU^ n'en sortit que pour entrer.en scène.

Elle y fut la femme que le poëte avait rêvée - « Mélancolique, gracieuse, élégante par nature, réservée, religieuse^ timide dans ses manières, trem-

D^un Homme de Théâtre. iSg

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'ant son mari^ — expansive et abandonement dans son amour maternel... Sa r Chatterton va devenir de l'amour ; elle end, elle en frémit... p Elle doit en mou-

Drval exprima ces nuances diverses deçàde sentiment avec tant d'âme, de chassobriété, et en même temps de passion je le public se sentit subjugué, vaincu, emières scènes. Bientôt il ne resta plus [its ; il n'y eut que des enthousiastes...

ns, sans transition, au dénoûment : à la le l'escalier. »

rton a déclaré à Kitt*y,Bell qu'il allait [1 n'a pas craint d'ajouter qu'il se savait le : il peut parler ainsi, car c'est un mort • . * .

ent il monte l'escalier qui conduit k sa ; il s'y enferme. Le quaker se présente ; il l'envoie à Chatterton. Elle-même, après , se décide à suivre le quaker. Elle gravit, elant, les marches de l'escalier. La voilà î en haut, devant la porte. Cette porte a ciée : Kitty Bell fait effort pouf la tirera porte s'ouvre... Chatterton est mourant!

jamais cri plus déchirant que celui de rval n'est sorti d'une poitrine humaine!

iGo Historiettes et Souvenirs

Kitty Bell tourne du côté du public son visage em- |^ pr'eint de terreur et de douleur... |^*

Elle recule, le dos à la rampe. Cet obstacle l'af" rête et semble lui imprimer un choc qui la plie ^^ deux ; la tête et une partie du corps se renversent dans le vide, les reins se maintiennent sur ^^ rampe, les jambes sont pendantes, du côté à^^ marches. Aucune contraction musculaire ne ret^' nant plus ce pauvre être inerte, il glisse rapî^^' ment; il parvient au bas de Tescalier, et là tooTi^^ •comme un oiseau blessé.

Je ne crois pas que l'on puisse citer un effet ^^ théâtre plus saisissant et mieux réussi que celui-1^* La salle resta suffoquée par l'émotion- un tonne :^^^ d'applaudissements succéda à ce triomphant silerm ^^ d*un instant.

Je laisse à penser si, au baisser du rideSi-"^' ^me Dorvalfut frénétiquement rappelée !

Pourtant, elle ne reparaissait pas. Pourqu^- ^^ cela ? Que se passait-il sur la scène ! Eh ! mon Di^ ^^ nulj parmi les artistes présents, ne pensait à oifj^^'' sa main à M'"^ Dorval pour présenter au pul>l^^ l'actrice acclamée...

Elle, trop enivrée pour se plaindre, pour récriminer, aperçoit dans les coulisses les deux petîf^ enfants de la pièce, craintifs et heureux à la fois, ^ cause du grand tapage qui avait lieu en l'honneur de leur maman. Elle court à eux, les embrasse ar-

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, les prend par les mains, et, ainsi escortée, en scène. Tous les trois, palpitants, saluent et Te remercient.

rant ces petits enfants et cette vaillante li, par une inspiration du cœur, assondresse maternelle à la gloire de l'artiste, ins la salle un véritable délire ! On trépi* nême Ton pleurait!...

t pas tout. Voici un épilogue que nous -nons heureux d'avoir à reproduire.

le telles ovations, qui ouvrent les joies du ut que la comédienne redevienne une Drtelle, et... qu'elle aille se déshabiller.

M"« Dorval gagnait -vivement sa loge, e intention prosaïque, elle trouve une îbreuse réunie devant la porte. Joanny te. Il s'avance au-devant de M"** Dorval.

nblement nerveux agitait tout son corps, s roulaient dans ses yeux, ame Dorval, dit-il d'une voix très-émue, vais méconnue. Je vous demande parut à l'heure, j'étais tellement troublé, que igé à rien si ce n'est à venir vous attendre , vous êtes une grande artiste I Encore i vous demande...

►rval ne le laissa pas achever. Elle lui mit ir la bouche, et se jeta dans ses bras...

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