M*'*" JEANNE GRANIER
M"* J. Granier est toute jeune, cela se voit. Le meilleur de son talent est fait de grâce et d'ingénuité. Elle a un cœur bon et prime-sautier. Le public sent cela d'instinct, ce qui fait qu'il s'atiache tout de suite à cette mignonne, pour le charme d'enfant qui se dégage de sa personne, non moins que pour ses mérites dans le chant et la comédie.
On n'ignore point que sa mère, M°** Irma Granier, a été une bonne actrice du Vaudeville. Ce qui est moins connu, c'est la prévision sage, et l'inflexibilité dans la ligne de conduite, avec lesquelles elle présida à l'éducation de sa .fille. Par conséquent, mère affectueuse et on ne peut plus dévouée.
Dès le principe, elle avait décidé que Jeanne serait musicienne et cantatrice, si l'organe s'y prêtait. Ce n'était point le goût de l'enfant. Aussi quelle répugnance à prendre les leçons de piano et de chant sous les yeux maternels ! Q.ue de punitions encourues pour négligences, inattentions, fautes et. . . mauvaise humeur !
L'éducation musicale, à la maison, fut interrompue, non sans un vif contentement de Jeanne, par son entrée dans un excellent pensionnat dont 1^ maîtresse s'attacha de jour en jour davantage à sonélève...