‹ Historiettes et souvenirs d'un homme de théâtreChapitre 40 sur 65 · LKS PHASES DE LA CENSURE · texte numérisé non relu

LKS PHASES DE LA CENSURE

N 1 537, les clercs de la basoche, excités par les premiers succès des mystères, demandèrent aussi la permission de donner des jeux scéniqnes, dont ils avaient composé les poèmes.

Une farce un peu trop libre, qui, vraisemblablement, a donné lieu au conte du Coupeur d'oreilles, de La Fontaine, et quelques autres farces qui n'étaient que des satires, furent cause qu'on les soumit à une censure :

« Arrêt du Parlement, du 23 janvier i538, qui accorde aux basochiens de faire jouer leurs pièces.

à la table de marbre (au Palais de justice), ainsi qu'il est accoutumé, en observant d'en retrancher les choses rayées. »

Cet arrêt de i538 fut, évidemment, Toriginede la censure.

Sous Louis XII, iQpère du peuple, les clercs de la basoche obtinrent latitude complète.

Plus de censure. — « Attendu que de tout temps personne ne voulait lui (Louis XII) dire

la vérité, ce qui était cause qu'il ne pouvait savoir comment son royaume était gouverné; et, pour que la vérité pût arriver jusqu'à lui, il permit les théâtres libres, et voulut que sur iceux on jouât librement les abus qui se commettaient, tant en sa cour comme en son royaume, pensant par là apprendre et savoir beaucoup de choses, lesquelles autrement il lui était impossible d'entendre. »

La personne du roi ne fut point épargnée, mais il fut le premier à en rire.

En 1702, le roi Louis XIV ayant trouvé le Bal d'Auteuil^ comédie de Boindin, beaucoup trop libre, un censeur fut chargé dès lors d'examiner tous les ouvrages destinés au théâtre.

Inutile de dire que la république de 1792 supprima toute espèce de censure.

Mais, en i8o3, la censure est jugée nécessaire. La question s'agite au conseil, qui désire qu'elle incombe au ministre de la police. Bonaparte dé-

D'un Homme de Théâtre. 233

îde que Tautoriié supérieure de la censure sera déërée au ministre de l'intérieur.

Censure sous Louis XVIII.

Censure sous Charles X.

En i83o, la censure dramatique est supprimée.

En i835, après l'attentat de Fieschi, et comme 'onséquence des lois de septembre, la censure est :*établie après un discours de M. Thiers.

En février 1 848, abolition de la censure.

Du 1 1 septembre i835 au 23 février 1848, 8,33o :>uvrages avaient été soumis à l'examen de la commission de censure; la moitié avait obtenu une autorisation pure et simple; i23 furent frappés l'interdiction, et les autres, environ 4,000; obligés de subir des changements.

Le 5 mars, les auteurs dramatiques, ayant Bayard à leur tête, se rendent en corps à Thôtel de i^ille, où ils sont reçus par le citoyen Crémieux, membre du gouvernement provisoire, qui, répondant à Bayard, lui dit ; // «y aura plus de cen^ ïure que pour nos actes .

En i85o, rétablissement delà censure.'

En 1870, le 25 septembre, la censure est abolie.

En 1871, la censure est rétablie, et vu l'état de siège, on la pratique pendant quelque temps au nom du gouverneur de Paris. On la place au Louvre, ensuite elle est transférée au Palais-Roval.

L4 LÉGENDE DES INCIDENTS COMIQUES DE l'OPÉRA

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